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NÎMES : Le coup de gueule des agents immobiliers

L'association A.N.D.M.I (Association Nationale de Défense des Métiers de l'immobilier)

 

Ce week-end, le salon de l’immobilier a été marqué par une « guéguerre » opposant des agents immobiliers, réunis sous l’association A.N.D.M.I, aux nouveaux commerciaux des sociétés de type « Coach proprio ». Pour les professionnels du secteur, ces « coachs nivèlent notre profession vers le bas« . De « la jalousie« , ni plus ni moins, pour Mikel de Rooij, directeur de Coach Proprio à Nîmes. Décryptage.

Dans l’allée centrale du salon de l’immobilier, quelques agents de l’association  A.N.D.M.I (Association Nationale de Défense des Métiers de l’immobilier) s’activent, tracts à la main, « pour informer les visiteurs » des « dérives de notre profession« , explique Jérome Exbrayat, secrétaire de l’association. Dans leur viseur : la société Coach Proprio, située à proximité de leur stand, et dont leurs membres « jouent aux agents immobilier« .

Agent immobilier, une profession réglementée

Tels des syndicalistes, ces professionnels s’insurgent : « notre profession est très réglementée. Pour devenir agent immobilier, effectuer des transactions et des estimations, il faut avoir une carte professionnelle, délivrée par le préfet. Pour cela, nous devons avoir une formation et un casier judiciaire vierge. C’est la loi Hoguet  de 1970 qui encadre notre profession« .

Mikel de Rooij, propriétaire de Coach Proprio

Aujourd’hui, seul un agent titulaire de la carte professionnelle peut ouvrir une agence. Il peut mandater des agents commerciaux, qui travailleront avec lui. « Avec Internet, on se retrouve une flopée de mandataires immobiliers, formés sur le tas, à 900 km de leur mandant« , explique Jérome Exbrayat, qui tient à préciser qu’il « ne fait pas ça pour l’argent« . « Ces mandataires ne sont pas clairs. ils se disent tantôt agents immobiliers, alors qu’ils ne sont pas habilités à faire des estimations de biens, tantôt simples commerciaux« .

Au stand de Coach proprio, le propriétaire Mikel de Rooij ne s’est pas présenté comme un agent immobilier. Pour lui, ces attaques sont la simple expression « de la jalousie » des agents que « nous bousculons avec notre activité« .  Sur leur plaquette de présentation, Coach proprio, a bâti sa communication sur les différences de son activité avec celle des professionnels. Au coeur de l’argumentaire, le coût. « Un agent immobilier vous prendra environ 6% d’un bien estimé à 315.000 euros,  soit 19.000 euros« . Tandis que « Coach Proprio vous réclame 3000 euros« .

Des services à la fois distincts et semblables

L’écart est important, mais le service est-il le mêmes ? Avec les 3000 euros, les entreprises de coaching, « réalisent surtout de la publicité« . « Lorsqu’une personne est sûre de vendre, nous venons chez elle, prenons des photos, nous faisons du conseil à l’estimation et nous lui expliquons comment elle devra faire la visite » . Du « conseil à l’estimation », un terme peu clair pour ses détracteurs qui rappellent que les estimations ne peuvent être effectuées que par un agent immobilier, spécialiste du marché.

Pour caricaturer, coach proprio, forme les vendeurs, leurs clients, au métier d’agent immobilier… Une sorte de service discount ! Mais attention tout de même : « si une personne ne veut plus vendre, elle devra tout de même s’acquitter des 3000 euros« , précise Mikel de Rooij.

« Il faut savoir que les agents immobiliers ne détiennent que 50% des transactions immobilières. En France, on aime pas payer pour le service », déplore Frédéric Garnier, directeur de l’observatoire de l’immobilier du Gard. Coach Proprio s’est dit prêt à « ouvrir le débat avec les agents immobiliers ». Du côté des agents, toute discussion est inconcevable. Ils ont récemment contacté leur conseiller juridique… Affaire à suivre !

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com


Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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9 commentaires

  1. On pourrait aussi se poser la question du rôle réel de l’agent immobilier .. quel est il aujourd’hui ?

    Pour la vente:

    – Estimer un bien, et pour cela il ne faut pas une carte, il suffit de travailler sous le mandat d’une personne la possédant. Pas d’histoire d’habilitation.

    – Faire les photographies et l’annonce …

    – Faire faire des visites: « là une cuisine, là une chambre, ici ma commission »

    Bref pas de quoi justifier plusieurs miliers d’euros.

    Aujourd’hui l’acheteur va sur internet, il faut des agences web, et des frais réduits

    Je ne parle même pas de l’agent immobilier location et de ses « services » qui consistent à faire passer le premier dossier reçu, sans scrupule

  2. Constructeur présent au salon, c’était vraiment navrant de voir cette association d’agents immobiliers distribuait des tracts à tous les stands et à tous les visiteurs pour insulter un concurrent. Je suis peut-être vieux jeu mais ces choses là ne se font pas.
    Ils devraient mettre en avant leurs qualités plutôt que de vouloir la mort d’une société qui propose juste un autre service plus adapté au développement d’internet et aux besoins des clients. Pour ma part, je trouve leur concept innovant et économique pour ceux qui peuvent faire les visites eux-mêmes.

  3. C’est une question de législation et de concurrence perçue comme déloyale. Un agent immobilier ne peut percevoir des honoraires que s’il réalise la transaction, c’est une loi protégeant le consommateur. Ces sociétés de « coatching » ont le droit de se faire payer quoi qu’il arrive, que la vente se fasse ou pas. De plus pas besoin de la moindre qualification, alors que pour être agent immobilier il faut une licence.

  4. Aujourd’hui il existe de nouvelles formes d’entremise : de la plus aboutie et sécurisée avec les agents immobiliers professionnels à la forme la plus épurée comme celle du coach ou des conciergeries … Entre les 2, se développent également les réseaux de mandataires.
    Le client, de plus en plus et de mieux en mieux informé, fera son choix en fonction du service attendu et du prix qu’il souhaitera payer…
    A chacun de valoriser et promouvoir la qualité et utilité de son service.

  5. En général, le low cost est synonyme de low service.
    Ce type de vendeur de service ne font pas le même métier.
    Les vrais agents immobiliers,avec leur connaissance d’un
    marché n’ont rien à craindre.

  6. J’ai déjà vendu trois fois dans ma vie. J’ai laissé plus de 50000€ aux agents immobiliers.
    Est ce qu ils ont mérité ce salaire pour leur travail?
    Ce qui est sûr, c’est qu’à présent à la retraite, je ne pourrais plus jamais avoir cet argent.
    Alors à bien y réfléchir je déconseille à tous de se faire saigner comme moi par des gens en costumes cravates  » qui tiennent à préciser qu’ils ne font pas ça pour l’argent »…

  7. Les agences se trompent de cible !

    Nous ne faisons pas le même métier !
    Ancienne professionnelle de l’immobilier, j’ai fini moi aussi par créer une société de prestations de services aux particuliers pour les aider à vendre leur bien sans agence immobilière.

    Pourquoi? Tout simplement parce-qu’il existe un fort mécontentement vis à vis des agences et par conséquence une réelle demande de la part des vendeurs et des acheteurs pour une information précise, une différenciation de leur bien, une écoute de leurs besoins, un vrai conseil indépendant et non conditionné à une rémunération au pourcentage, un suivi personnalisé de leur démarche…

    Que les agents commencent par faire le ménage dans leur profession! Et peut être bien que les clients ne déserteraient plus les agences !

    Ils pourraient par exemple :
    – ne pas recruter d’agents commerciaux indépendants et non qualifiés (cf offres d’emploi sur pôle-emploi) et préférer de vrais salariés qu’ils pourront former et fidéliser,
    – se battre contre les réseaux soi-disant low-cost qui pratiquent les mêmes honoraires qu’eux et effectivement tirent la profession vers le bas par manque de connaissances et de compétences (un jour on est vendeur de chaussure, une formation de 3 jours au sein du réseau et hop ! les voilà agents mandataires en immobilier !
    – être plus à l’écoute de leurs clients au lieu de chercher à leur vendre n’importe quoi à n’importe quel prix,
    – ou encore éviter de surestimer un bien pour être certain d’obtenir un mandat voire une exclusivité !

    Une chose est sure, acheteurs comme vendeurs veulent garder le droit de vendre leur maison eux-même et de choisir le prestataire qui les aidera dans cette démarche.

    Dans la mesure ou il n’y a intervention du prestataire ni dans la négociation, ni dans la transaction à proprement parler ( établissement du compromis de vente), il ne s’agit pas du même métier.

  8. J ai bien lu l’ensemble des commentaires et je souhaite rétablir quelques vérités

    -il ne faut pas de carte professionnelle pour faire des estimations, une certification d’expert immobilier suffit. L’histoire commence donc par un énorme mensonge, pardon, je voulais dire confusion;
    -Coach Proprio, bien que leur concept soit proche de l’agence, n’en est pas une, mais ils ont une carte professionnelle, comme une agence, et ont donc la même capacité a faire des estimations, donc nouveau mensonge, pardon, erreur;
    – ce genre de société tirerait la profession vers le bas? Quand je vois les agences annoncer des surfaces sorties d’on ne sait ou ( 370 m² au lieu de 260 m², oui oui vous ne rêvez pas), mentir sur la qualité du bien, pardon, oublier de dire que l’on est en zone inondable et donc inconstructible, photos prises le seul jour de neige de l’année, prix affiché net vendeur… et j’ai quantité d’exemples de ce type;
    -certains agents ne font pas ça pour l’argent? Pourquoi affichent-ils donc des commissions exorbitantes ( j’ai vu du 17%, je répète 17% sur un bien dont les propriétaires avaient un prêt relais-bonjour l’humanité) quand ils sont les seuls a avoir le mandant puis la diviser par 2 dès qu’il y a eu concurrence.

    Bref, j’ai des milliers d’exemples d’abus, d’incompétence, d’actions illégales, de preuves de laxisme ( ou de stratégie que je ne m’explique toujours pas ), et biens d’autres attitudes étranges de la part des agences.
    Je crois donc que les agents devraient balayer devant leur porte et il y a du boulot avant de s’en prendre à une concurrence légale et surtout JUSTIFIEE PAR LA VOLONTE DES ACHETEURS ET DES PROPRIETAIRES.

    1. Bonjour, je suis agent immobilier et installée depuis bientôt 10 ans sur Nîmes. J’aime mon métier et je le fais du mieux que je peux. En effet, il ne suffit pas d’ouvrir des portes mais d’être le meilleur conseiller. Pour cela, il faut être sûr de savoir de quoi on parle et être le mieux informé sur le produit, et c’est ce que je fais. Quant aux honoraires d’agence, j’ai un budget pub assez important, un local très bien placé donc loyer élevé, des charges de fonctionnement bien sûr tout cela comme tout le monde, j’estime gagner à hauteur de mes compétences. Attention , je ne fais pas payer tout cela à mes clients. Je ne prends pas des honoraires de « fous » et suis consciente qu’il ne faut pas exagérer. C’est pour cela, que bien d’anciens clients reviennent me voir, me conseillent à leurs relations et me redonnent le bien que je leur ai vendu à la vente. Le bouche à oreille est aussi une bonne pub. ET je m’en sors . Alors ce métier est un métier sérieux, il faut aimer vendre, faire plaisir aux gens, aimer les gens tout simplement et être toujours positif.

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