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CONSEIL GENERAL Les seuls élus de l’UMP rejoints par un centriste ont retoqué le budget primitif 2013

Comme annoncé à l'occasion de deux conférences de presse et réaffirmé lors de la première journée de la session budgétaire 2013 (lire nos articles d'hier), le groupe UMP rejoint par Thierry Procida qui a paru dans majorité de ses interventions s'éloigner chaque fois davantage du centre droit, a voté sans surprise contre le budget primitif du conseil général du Gard, s'établissant à la somme de 953 M€ répartis pour 773,8 M€ en section de fonctionnement et pour 179,1 M€ en section investissement. Derrière ces chiffres qu'il faut lire en s'y reprenant à deux fois, un seul intéressera sans doute le contribuable gardois : la pression fiscale 2013 ne variera pas d'un euro sur celle de l'année précédente. Par la voix de son porte-parole, William Portal (Marguerittes), le groupe Centre et Indépendants, lui, s'est seulement abstenu de voter "ce mille-feuilles, catalogue de bonnes intentions". Tout en reconnaissant "une santé relative des finances du département", les centristes ont pointé nombre de faiblesses : insuffisance des aides à la création d'entreprises et des emplois durables "alors que se développe la grogne sociale sinon le désespoir"; manque de propositions novatrices en matière de politique énergétique; hausse des dépenses de fonctionnement, éloignement des conseillers généraux du groupe Centre et Indépendants des instances décisionnaires... Sans oublier - mais c'est là un constat qui s'est inscrit en filigrane de toutes les interventions - le désengagement des gouvernement successifs qui, après avoir laissé de grosses ardoises aux collectivités territoriales (400 M€ pour le gouvernement Fillon, 85 M€ pour celui d'Ayrault, au seul niveau du département du Gard), menacent désormais de leur serrer  d'un cran la ceinture, en supprimant 3 milliards d'euros de dotations sur les deux exercices à venir.

L'auditorium du conseil général pendant les travaux, retransmis en direct sur le site du Département du Gard (photo J-M. C).

Leader d'un groupe UMP qui spécule à tout va sur le renouvellement du conseil général en mars 2015, Laurent Burgoa, lui, a été plus incisif, estimant "qu'un tel budget fait de rustines, conduisait le département tout droit dans le mur". Il n'a vu dans ce budget "qu'opacité, manque de transparence et fourvoiement" avec, parmi les griefs le plus fréquemment commentés, le désir du conseil général "de ne pas se recentrer" sur ses seules compétences régaliennes (action sociale, aménagement et environnement, personnes âgées, collèges, routes, famille et enfance, transports...). "C'est la première fois que le groupe UMP ne vote pas le budget économique (NDLR : à contrario, les élus centristes le trouvent notablement insuffisant). C'est un geste fort dont vous devriez tirer les enseignements", a commenté Laurent Burgoa à l'adresse de la majorité, avant de réaffirmer une position inflexible : "Nous aurions préféré voir augmentés les budgets alloués aux collèges et aux routes, ils auraient au moins permis aux entreprises de créer des emplois durables et non des emplois subventionnés". L'UMP a également considéré que la sur-fiscalité du Département n'autorisait plus la moindre marge de manoeuvre.

C'est un doux euphémisme de prétendre que les "leçons" de gestion du conseiller général de Nîmes II, mais également adjoint au maire de Jean-Paul Fournier, n'ont pas été du goût du président Alary. Il a trouvé la parade via le dernier numéro de Marianne (9-14 mars) dressant l'inventaire des villes de France les plus imposées : Nîmes s'y classe 1 ère pour le montant de sa taxe d'habitation, 3 ème pour celui de sa taxe foncière et 10 ème pour la dette par habitant (1 488 € contre 368 € pour la dette relevant du Département). "Parler finances avec vous qui êtes co-responsable d'un tel bilan, c'est comme parler de cinéma avec une caméra de surveillance", lui a rétorqué le président de l'exécutif. Tout aussi prompt à rappeler au groupe UMP qu'il avait voté 90,25 % des crédits proposés dans le budget 2013, avant de le retoquer en bloc : "Vous voulez faire croire que vous êtes contre mais vous avez tout voté. Comment pouvez-vous ensuite prétendre que notre politique est mauvaise !  Rien n'est étayé, c'est de la politique politicienne".

 Concernant la progression somme toute contenue (+ 2,5 %) du budget de fonctionnement, Damien Alary a rappelé qu'il n'était décisionnaire que sur 20 % des ressources et qu'on ne pouvait, hélas, lui imputer ni le vieillissement de la population (120 M€ d'aides aux personnes âgées), ni l'augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA (2 ème taux de France avec près de 156 M€ de dépense pour 2013).

Du côté des trois groupes de la majorité, nul n'a trouvé à redire au budget 2013, sinon la nécessité de poursuivre le forcing auprès du chef de l'Etat et du gouvernement, "afin qu'ils engagent sans délai une profonde réforme fiscale et qu'ils octroient des moyens supplémentaires aux collectivités territoriales". Au risque de les mettre en péril. Pour le groupe du Parti socialiste, Jean Denat a vu dans les inscriptions financières 2013 "un budget de résistance, rigoureux, sincère, responsable et solidaire" préservant les équilibres sociaux. Pour Europe-Ecologie/Les Verts, Christophe Cavard a salué "un bon budget rigoureux et ambitieux", alors que le chef de file des élus communistes et Front de gauche, Patrick Malavieille, a estimé "que ce budget donnait, malgré la rigueur et les contraintes, du sens à  l'action politique et du souffle au département". Avec, à valeur d'explication de vote : "Nous sommes inquiets et souhaitons que l'Etat revienne à de meilleurs sentiments vis à vis des collectivités territoriales. Nous ne sommes toutefois pas décidés à quitter le majorité, ce serait un mauvais coup fait aux Gardois. Nous préférons essayer de faire bouger les lignes de l'intérieur".

Les grévistes de la CGT volontairement réduits au silence.

Cette séance budgétaire a été suivie par une trentaine d'employés grévistes de la CGT. En signe de protestation, tous et chacun portaient un bâillon sur la bouche avec cette inscription "Respect de nos revendications". Compte-tenu de la conjoncture, toutes sont restées lettre morte, sauf le versement de 360 € par an (soit 30 € par mois) aux 1 800 agents de catégorie C du conseil général, à titre d'aide à la souscription d'une complémentaire santé. "Si l'an prochain les résultats sont meilleurs, nous étendrons cette disposition à tous les agents du Département avec des seuils de manière à ce que nous versions moins à ceux qui gagnent le plus", a ajouté le président Alary.

(Photo de Une: Jean-Mathieu CAZENOVE)

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3 réactions sur “CONSEIL GENERAL Les seuls élus de l’UMP rejoints par un centriste ont retoqué le budget primitif 2013”

  1. Le groupe UMP, Laurent Burgoa et Thierry Procida en tête, favorable à moins de dépenses ? Je rêve. Quand on connait la gabegie du Maire de Nîmes et de ses adjoints pour des projets dispendieux, et les gaspillages qui vont avec, on fini par se dire que ce n’est qu’une réaction politicienne de quelques alimentaires de la politique.

  2. C’est très facile d’employer de grands mots qui claquent, suffit de trouver un bon dictionnaire en ligne. Par contre lorsqu’on se permet de parler chiffres la moindre des choses est de démontrer et de prouver… sinon on est juste dans l’esbroufe et l’à peu près.

    Pour être tout à fait précis, concis, et donner des chiffres vérifiables par tout un chacun (suffit de ressortir ses dernières feuilles d’imposition locale et de chausser ses lunettes, ), on peut noter que le taux d’imposition que fait peser la soit disant « gabégie » de la mairie a augmenté de… 0% depuis quelques années, et que la dette, qui n’a pas été initiée sous la mandature en cours, est en décroissance !

    Je vous laisse découvrir avec ravissement l’évolution des taux d’imposition du Conseil Général et tant qu’on y est du Conseil Régional….

    Sachant que lorsque une collectivité territoriale se complait dans la gabégie ça a forcément une répercution sonnante et trébuchante sur les taux d’imposition de ladite collectivité, je vous laisse découvrir (sans doute toujours avec le même ravissement) qui « gabège » (mot inventé pour l’occasion) le plus.

  3. Eh oui, lorsque l’on est une jeune militante UMP comme Frédérique, on a le devoir d’aller au secours de son mentor, surtout s’il dérape.

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