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EDITION Si la bonté a un visage c’est celui du pasteur Poujol, qui publie « Mille Mercis », un livre de souvenirs

La plume le démangeait depuis quelque temps, il a franchi le pas et nul, parmi ses amis, ne s'en plaindra. Le pasteur Jean-Louis Poujol (notre photo Stéphanie Marin), connu à Nîmes comme le loup blanc, vient de rédiger un livre de souvenirs dans lequel il raconte son parcours exemplaire et rend hommage à tous ceux et celles qui l'ont accompagné dans son itinéraire tout empreint d'humanité, de générosité et bonté. Intitulé Mille mercis, le livre du pasteur Poujol sera présenté ce jeudi 25 avril prochain à 19 h au Centre Martin Luther-King. Tiré à un millier d'exemplaires, il sera vendu 10 € et tous les bénéfices seront affectés à la Maison des parents. L'ouvrage est d'ores et déjà disponible aux adresses suivantes à Nîmes : Siloé Biblia, 23, boulevard Amiral Courbet; CLC Certitude, 9 bis, rue de la République; Moda, 8, boulevard Alphonse Daudet.       

 « La bonté, c’est bien le moyen le plus facile de ressembler à Dieu ». Si le cardinal Julien-Géraud Saliège auquel on doit une multitude d’écrits spirituels avait été le contemporain du pasteur Jean-Louis Poujol, sans doute lui aurait-il volontiers dédié cette pensée, tant cet homme, aujourd’hui âgé de 65 ans, est l’incarnation même de l’homme de bien, tel que la littérature du Siècle des Lumières le louait : un commun des mortels, affable et humble, modeste et bienveillant, pétri de tant d’humanisme et de générosité qu’il attire vers lui l’amour des autres. Comme le néon captive le papillon de nuit.

Touché sur le tard par la grâce divine, alors qu’une maladie osseuse prétendue invalidante (il n’en fut rien !) l’obligea à abandonner son emploi de conducteur de train à la SNCF, ce cévenol qui jamais ne se résigna à rester sur le quai d’une existence toute vouée à son prochain, s’est vu confier le ministère de l’église protestante de Nîmes en 1990. Avec le label immédiat de la Fédération protestante de France, gage de confiance et d’espérance s’il en est ! Depuis, avec la rigueur, la discrétion et la soif de Résistance que lui léguèrent à bon escient les générations de Camisards et de Maquisards cévenols dont il est l’héritier, Jean-Louis Poujol, père de 3 enfants (2 garçons et 1 fille) et grand-père de huit petits-enfants, n’a cessé de faire le bien. De faire plutôt que laisser faire. Et ce n’est certainement pas un hasard si, il y a quelques mois de cela, Hugues Bouziges, le préfet du Gard en personne, lui décerna l’ordre national du Mérite, en présence d’une foule impressionnante d’invités de tous âges et statuts sociaux, de toutes chapelles politiques ou confessionnelles. Dans une bien belle unanimité, tous et chacun rendirent un hommage appuyé à l’immense charisme de cet homme hors du commun, rassurant et apaisant, doté d’une exceptionnelle capacité d’écoute, attentif deux fois plutôt qu’une, au sort de tous les cabossés de la vie. Au devenir de tous les « sans » : sans famille, sans amis, sans papiers, sans logis…

« Dieu aime tous les hommes. Mon prochain est mon frère ». Autour de ce viatique qu’il aime répéter et qu’il traduit dans tous les actes de sa vie - jusque derrière les murs de la maison d’arrêt de Nîmes dont il est l’aumônier - Jean-Louis Poujol a fait sa grande œuvre en 2005, en créant, de toutes pièces, la Maison des Parents. « L’idée m’est venue en me souvenant du désarroi dans lequel j’étais lorsque mon fils, alors âgé de sept ans, était hospitalisé pour une tumeur au cerveau, désormais guérie. Lorsque je quittais l’hôpital, je me retrouvais seul, avec ma douleur et mes angoisses, sans nul endroit où me réfugier, sans nul être auprès duquel m’épancher. Une souffrance terrible », commente le pasteur Poujol.

Il ne lui en fallut pas plus pour lancer illico le chantier de cette structure d’accueil pour familles d’enfants et adolescents hospitalisés. Situé sur un terrain boisé de 1,2 hectare, propriété de la communauté protestante de Nîmes, la Maison des Parents compte sur quelque 500 mètres-carrés habitables, neuf chambres vastes et confortables, dotées de tous les services et commodités : climatisation, télévision, coin-cuisine, insonorisation, terrasse, bibliothèque, blanchisserie, cuisine et salle de repas collectives… Et comme le pasteur Poujol n’est pas du genre à faire les choses à moitié lorsqu’il s’agit d’adoucir l’existence de son prochain, il est même prévu une navette permanente entre la Maison des parents, édifiée chemin du Saut du lièvre sur les hauts de Nîmes et l’hôpital universitaire Carémeau, situé à environ 500 mètres de là. La structure dispose d’un employé à plein temps qui assiste les usagers.

L’investissement a exigé une dépense de l’ordre de 350 000 €, diminuée des 70 000 € de subventions attribués par les collectivités territoriales (conseil régional Languedoc-Roussillon et conseil général du Gard) venus sans sourciller au secours de l’homme de foi lorsqu’il s’est agi de renforcer, en toute hâte, le réseau d’évacuation des eaux usées et d’assainissement, qui avait été sous-dimensionné. La Maison des parents a été intégralement financée par un emprunt d’une durée de quatorze ans, assorti de mensualités somme toute élevées : environ 3 500 € mensuels.

Pour l’heure, la Maison des Parents affiche un taux d’occupation de 75 % à 80 %, essentiellement des familles d’enfants hospitalisés, résidant généralement à plusieurs heures de route. La participation des usagers est fixée à 32 € la nuitée, dès lors qu’ils disposent d’une mutuelle prenant en charge les frais, sachant que le régime général (Sécurité sociale, Mutualité sociale agricole…) n’intervient pas dans le remboursement des dépenses hôtelières dites de confort. Dans le cas contraire, les familles s’acquittent de la facture hôtelière au prorata de leurs ressources, la communauté protestante garantissant tant que faire se peut le complément. « Cette adaptation aux revenus des familles utilisatrices de la Maison des parents rend la structure très précaire. Malgré la bienveillance de mon banquier, nous sommes le plus souvent sur le fil du rasoir. La situation peut nous échapper d’un jour à l’autre », affirme Jean-Louis Poujol.

Enfin, afin que ce tour du propriétaire soit complet, est-il bon de souligner que la Maison des parents dispose depuis mars 2012, de l’agrément de la Fédération nationale des établissements d’accueil pour familles d’hospitalisés. Un label confirmant, s’il en était besoin, la qualité de l’équipement et l’exemplarité de sa gestion. La Maison des parents, véritable havre de paix et de réconfort où les souffrances partagées paraissent moins lourdes à porter, est située à portée de voix du centre Martin-Luther : un lieu œcuménique d’échanges, de débats et de rencontres qui est également l’œuvre de Jean-Louis Poujol, qui l’a créé en 1990, sitôt actée sa nomination comme pasteur à Nîmes.

La ville est également admirative et reconnaissante au pasteur Poujol pour l’organisation - depuis maintenant 20 ans – du réveillon de Noël (budget 8 000 €) qu’il offre à tous ceux et celles qui sont démunis affectivement, financièrement, socialement… Pour la première édition en 1992, 120 personnes avaient répondu à l’invitation. Pour la soirée du 25 décembre dernier, ils étaient près d'un millier réunis autour d’un repas et d’une animation. A ses côtés (et n’est-ce-pas là déjà la preuve de sa vocation à diffuser sa grandeur d’âme et sa richesse de cœur ?), il sait pouvoir compter sur 200 bénévoles, aux petits soins de chaque convive. Pour le Noël 2012 qui  a consacré le XX ème anniversaire de la création de ce réveillon, le pasteur Poujol avait dressé un buffet géant  réunissant les spécialités culinaires de chacune des communautés religieuses (catholiques, protestants, musulmans, juifs, orthodoxes…) représentées à ces fraternelles agapes. Un défi au communautarisme que Jean-Louis Poujol résume en une formule dont il est l’admirable dépositaire : « La religion, parfois, fait du mal. La foi, elle ne fait que du bien ».

 

      

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