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POLEMIQUE Une brêche s’est ouverte sur le « terrain miné » de St Félix de Pallières

L'accident survenu vendredi découvert l'entrée du puit. Photo DR/RM
L'accident survenu vendredi découvert l'entrée du puit. Photo DR/RM

Un effondrement survenu ce week-end sur l'ancien site minier de St Félix de Pallières relance la polémique en cours sur l'occupation des lieux par les nouveaux propriétaires.

Nous avions déjà fait état de la situation complexe dans laquelle barbotent à la fois plusieurs associations d'habitants mais aussi les administrations sur l'ancien site minier abandonné par la société UMICORE (voir ici l'article  "Attention terrain miné") . Alors que les résultats des analyses prévues avant l'été n'ont toujours pas été rendues publiques et que la préfecture et l'avocat du groupement de propriétaires et de l'association "La Mine" se sont échangés courant août d'une part un arrêté préfectoral contraignant les propriétaires à la mise en sécurité d'une partie du site et d'autre part un référé en annulation (voir ci dessous), c'est finalement les grosses pluies qui ont fait remonter un nouveau élément à la surface.

Un effondrement du au fortes pluies ?

En effet vendredi soir une partie de la dalle en béton qui recouvrait l'accès au puits numéro un s'est effondrée laissant apparaitre un puits de 3m de large et d'une cinquantaine de mètres de profondeur. Si la municipalité alertée a rapidement déposé quelques troncs d'arbres sur le trou et que les résidents de "La Mine" ont sécurisé l'espace, cet incident soulève de nouvelles questions. La première concerne la sécurité. En effet cette dalle qui se situe au lieu dit la "La vieille Montagne" à 299 m est utilisée régulièrement comme parking par les chasseurs et  les promeneurs du GR qui passe à quelques mètres de là. Les conséquences de l'accident auraient pu être beaucoup plus graves.

Au delà de ce premier aspect, le trou béant à permis au résidents de constater que les travaux réalisés à l'époque par la société des Mines pour sécuriser cette entrée de puits ne correspondaient vraisemblablement pas au cahier des charges qui évoque une double dalle de béton et des rails de 12kg. "Pour nous c'est important car s'il s'avère que les travaux de mise en sécurité du site n'ont pas été réalisés selon le protocole qui a permis de décharger la société Minière de ses responsabilités, celle ci peut être remise en cause. D'autant que celle-ci s'abrite derrière un prescription trentenaire qui repose sur la fin de l'exploitation, mais il semble que l'on soit en fait sur un dossier qui n'a été bouclé qu'en 1998" explique Wilhem Sunt en compagnie du président de l'association.

Le président de l'association en compagnie de W. Sunt représentant le propriétaire. Ph DR/RM
Le président de l'association en compagnie de W. Sunt représentant le propriétaire après la découverte de ce nouveau fait. Ph DR/RM

Un arrêté préfectoral fin août

Dans la partie de bras de fer qui oppose l'administration et les résidents (et les organisateurs de fêtes) installés sur les lieux, courant août la préfecture a fait parvenir au propriétaire "GFA La Gravouillère" un projet d'arrêté exigeant entre autre la mise en sécurité d'une parcelle sur laquelle sont organisées les fêtes et l'évacuation d'une autre parcelle sur laquelle est situé l'accueil des "camions" des travellers. Me Jean Marc Maillot a aussitôt réagi pour s'étonner de ces mesures qui d'une part devraient pas être à la charge de son client si elles s'avéraient nécessaires (mais les résultats des analyses de la DREAL ne sont toujours pas connues) et qui d'autre part semblent contestables dans les cibles (qui visent uniquement le cœur l'activité de l'association). L'arrêté à été confirmé le 29 août. On s'oriente donc vers une nouvelle action au tribunal. L'association ayant déjà gagné par deux fois des procès contre les administrations (mairies) par le passé.

"Je m'étonne pour ma part de cet arrêté qui ressemble à une expulsion déguisée qui intervient alors que nous ne sommes pas en connaissance des résultats des analyses que nous avons nous même souhaitées. A ce stade je ne peux que supposer" explique Wilhem Sunt. "Soit les résultats sont très préocupants pour nous comme pour les habitants de la zone et nous devrions être relogés ailleurs... soit les résultats ne sont pas dramatiques et ne justifient dans ce cas pas de mesures spécifiques. En tous les cas cela mériterait une explication..."

On le voit, le nouvel élément mis à jour par l'accident de ce week-end ne fait que compliquer un dossier dans lequel les intérêts et les motivations de chacun sont complexes. En effet que ce soit le voisin qui a porté l'affaire devant la presse, l'association de propriétaires qui s'est constituée depuis, les maires des deux communes concernées (Thoiras et St Félix),  les nouveaux  propriétaires de la Mine depuis 2001 (avec  l'association qui y reçoit les résidents depuis 2003 et  le collectif qui y organise les rassemblements festifs depuis 2008) mais également l'ancien exploitant de la mine, et au final les services de l'Etat qui seraient en charge de ce dossier de pollution, à minima de santé publique... chacun se trouve pour des raisons parfois opposées, (mais pas toujours !), dans une situation inconfortable sans qu'une solution simple n'ait pu être encore formulée.

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard. fr

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