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PORTRAIT DU DIMANCHE Cyrille Le Faou, ou comment « coincer la bulle » en Cévennes

Cyrille Le Faou, l'art de la reconstitution sur une planche. Photo DR/RM
Cyrille Le Faou, l'art de la reconstitution sur une planche. Photo DR/RM

Cyrille Le Faou voulait vivre dans le pays ou il a passé son enfance, entre St Sauveur de Cruzières et Vialas. Aujourd'hui ce sont ces paysages qu'il recompose à travers ses albums de bande dessinée qui nourrissent son quotidien quelque part du coté de Gagnières.

Né en 69, Cyrille le Faou va se découvrir une passion pour la BD (mais surtout pour les super-héros de l'époque !) sur les bancs de l'école. Pourtant ses parents, son père est officier de Marine et sa mère agricultrice, le voyaient plutôt dans la musique. Qu'importe le petit cévenol sera contraint de "s'exiler" à Toulon pour y terminer sa scolarité avant d'entrer aux Beaux Arts de Marseille, une visite au Louvre l'ayant persuadé qu'il deviendrait peintre classique figuratif. Suivent des années de galère ou il vend ses tableaux sans trouver son équilibre, avant de se retrouver enfin dans le dessin et la bande dessinée.

Les premiers albums

En 2003, il sort sa première et véritable bande dessinée : «Les feux de la Saint-Laurent», aux éditions Alain Piazzola. Par la suite, il réalise deux autres bandes dessinées historique aux éditions Alain Piazzola : «Voyage avec un âne dans les Cévennes», de Robert Louis Stevenson «Le secret de Portefaix», adaptation du livre « Sept contre la bête » de Roger Lagrave, une occasion de faire découvrir le pays du Gévaudan en images. Il crée ensuite «l'Oiseau de feu», premier volet d'une série fantastique en auto-édition : Les éditions de la rue sombre, à Gagnières. Devenu éditeur par défaut "c'était en fait  le seul moyen pour moi de vivre de mes livres, les droits d'auteurs (autour de 10%) ne représentant en aucun cas un revenu", Cyrille Le Faou va donc concentrer son énergie autour d'un réseau de diffusion de proximité, foire, marchés nocturnes où il rencontre directement ses clients et ses lecteurs. Cela l'amène naturellement à recentrer ses sujets autour des la région où il a choisi de vivre. C'est ainsi qu'il va publier ensuite  «La Légende de Volo Biou», une bande dessinée sur la légende de Caiet, le bœuf qui vole de Saint-Ambroix, une adaptation du livre d’Albert Arnavielle, «Volo-Biou, pouèmo cevenou» avec le concours de Pierre Mazodier.

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Archéologue du dessin

Dès le départ Cyrille Le Faou s'investit dans le souci du détail, ce qui va l'amener au travers des époques de ses récits à engager de véritables recherches pour retrouver des architectures et des paysages disparus. Il met au point une technique de documents photographiques qui lui permet d'opérer une véritable reconstitution historique des lieux qu'il met en scène (voir l'illustration). Une fois encore, ce travail de recherche qu'il souhaite faire en proximité le ramène sur le pays dans lequel il vit. Ainsi l'auteur s'ancre (ou s'encre !) petit à petit dans le paysage local. "J'ai interrogé pas mal d'auteurs et il est évident que vivre de la BD constitue un rêve impossible". C'est pour cela que j'ai choisi de m'éditer et de vendre moi-même mes livres. Je complète cette activité avec des cours de dessins (à Meyrannes, pour l'instant) et je profite du cadre dans lequel je vis et je travaille. Au fil des ans, le peintre, puis le dessinateur est aussi devenu philosophe !...

Cyrille Le Faou. 04 66 86 42 90 . www.cyrille-le-faou.fr, www.editionsdelaruesombre.fr

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