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SALINDRES Un plan pour prévenir une catastrophe toxique sur le site industriel

 

Le maire de Salindres accueille le sous-préfet et les services de l'état pour la présentation de plan de prévention. Ph DR/RM
Le maire de Salindres accueille le sous-préfet et les services de l'état pour la présentation de plan de prévention. Ph DR/RM

Le sous-préfet Christophe Marx est venu présenter mardi 15 octobre au habitants de Salindres le Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) avant qu'il ne soit soumis à l'enquête publique. Seules cinq habitations et les commerces (notamment de la rue Henri Merle) seront soumis à des aménagement obligatoires. Plus largement il est conseillé aux habitants de prévoir des "espaces de confinement" à l'intérieur des habitations

Ces plans qui ont été demandés dans toute la France après l'accident d'AZF  à Toulouse en 2001 servent à protéger les personnes par la maîtrise de l'urbanisation autour des sites industriels à risques (type SEVESO) existants. A Salindres, Rhodia, Axens et le GIE de  la Plateforme sont concernés, notamment pour un risque toxique lié à l'activité de Rhodia (Solvay). "Le projet de plan présenté hier est l'aboutissement d'un long travail de concertation entre les industriel les partenaires locaux et la services de l'état" explique le sous préfet qui souligne "que ce dernier a déjà fait l'objet d'une réunion préliminaire avec les commerçants concernés durant l'été". Mis en place par services de l'état, DREAL et DDTM avec dans ce cas précis une étude complémentaire du CETE (Centre d'Etude Technique de l'Equipement Méditerranée), ce projet de plan détermine à la fois les mesures à prendre sur les bâtiments existants et les contraintes à intégrer dans les différents plans d'urbanisme pour les constructions futures. Afin d'y parvenir, on superpose une cartes des aléas (basée sur la probabilité et la nature des risques industriels) et une carte des enjeux du territoire qui recense la réalité de l'habitat et des lieux fréquentés par la population. Cela permet de déterminer une carte de zonage avec une échelle de risques (de Trés Fort +, à Faible) qui permet d'élaborer une stratégie de prévention adaptée à la situation locale.

Un risque toxique à Salindres

A Salindres, seul le risque toxique sous forme de nuage est réel, la Plateforme n'est pas concernée par le risque d'explosion. Dans ce cas donc, l'essentiel des mesures concernant la protection des bâtiments consiste à mettre en place des locaux de confinement, c'est à dire des pièce non ventilées permettant d'assurer la sécurité des personnes pendant dune durée de deux heures (temps estimé pour la résorption de l'incident ou la prise en charge par les secours). Selon les services de l'état, on estime à 700 le nombres d'habitants situés dans les zones d'aléas de fort à faible, à 4500 le nombre de personnes qui pourraient se trouver sur la zone (dont plus de la moitié en considérant que le stade serait rempli !)  et à 54 établissements publics pouvant accueillir 500 personnes. Dans les faits,   la zone de très fort risque (rouge) est concentrée sur  le site industriel lui même. La zone suivante concerne 5 habitations face à l'entrée du complexe. Celles-ci seront inscrites en zone de délaissement, c'est à dire que leurs occupants auront six ans pour choisir de vendre leur maison à la collectivité ou de procéder à des travaux de confinement. En zones de risques moyens (bleu), les travaux de confinement sont imposé aux seuls établissement accueillant du public, (en l’occurrence essentiellement les commerces de la rue Henri Merle) et recommandés pour le résidentiel. En zones de risques moindres, les travaux sont seulement recommandés et ils seront obligatoires dans le cas de nouveaux bâtiments.

Tenir deux heures !

Dans bien des cas, les travaux sont mineurs, comme l'explique M. Bacou du CETE. "Il s'agit de tenir deux heures dans une pièce isolée de 1,5m2 par personne et 3,6m3 en moyenne".  Dans le cas d'établissement accueillant du public il faut prévoir en plus un sas d'entrée et un sanitaire. "Pour les commerces il s'agit bien souvent de construire une simple porte entre la boutique et l'arrière boutique" explique M. Bacou. Les études préalables et les tests de vérification coutant bien souvent plus chers que les travaux eux-même, l'état à décidé de prendre en charge les premiers, et Solvay de participer aux seconds pour les  commerçants. Pour les 5 habitations en zone à risque, les éventuels travaux sont pris en charge  à 90% par l'état. Lors de la réunion publique des habitants se sont interrogés sur l'attitude à tenir pour le public dans la rue, puisqu'il n'est pas prévu de local de confinement public. "Ceux qui sont en voiture quittent la zone" explique le sous préfet, "les autres seront accueillis dans les commerces". Pour les commerçants cette situation n'est pas encore très claire, à savoir jusqu'à quand il faut "laisser porte ouverte" et les incidences que cette responsabilité pourrait avoir sur leurs  assurances  par exemple... le plan va maintenant être soumis à l'enquête publique à l'automne.

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

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