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SCOT PAYS CEVENNES « Un schéma de cohérence bourré d’incohérences et d’insuffisances »

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Quatre associations mobilisées contre le schéma de cohérence territoriale. Photo DR/RM

Dans les dernier jours de la concertation de l'enquête publique qui se termine ce mardi 12 novembre quatre associations veulent porter à la connaissance des enquêteurs et de la population  "les incohérences et insuffisances" du Schéma de Cohérence du Pays Cévennes (SCOT). 

AGIR (Association Gardoise des Intérêts de la Ruralité), Le Comité de vigilance Alès Agglo et Pays des Cévennes. Front de gauche, Le Mouvement pour un Urbanisme Raisonné Alès/Cadre de Vie Durable et l'association St Hilaire Durable ont voulu témoigner ensemble, au delà de leurs couleurs politiques sur les risques que représente le Scot dans sa rédaction actuelle.

"Notre association s'intéresse au Scot parce que nous nous sommes rendu compte que le projet de ZAD golfique auquel nous nous opposons (voir nos articles) était dépendant de ce Scot où elle est d'ailleurs représentée sous la forme de l'icône d'un petit golfeur. Or la rédaction du Scot démontre qu'il y a une volonté en amont d'urbaniser plusieurs milliers d'hectares dans l'espace péri-urbain d'Alès" explique Remy Coulet de St Hilaire Durable "et ceci alors même que le Scot doit précisément prendre des mesures pour prescrire la réduction de la consommation des espaces agricoles. Les directives préfectorales à ce titre sont claires : les besoins  en urbanisation pour les 20 ans à venir sont couverts par les disponibilités urbaines existantes. Il s'agit de densifier l'habitat notamment en construisant dans ce que l'on appelle les dents creuses". Pour l'association il est donc clair que l'on arrive à une contradiction flagrante : "le Scot est en train de programmer ce qu'on lui interdit de faire."

Pour le Comité  Vigilance du Front de Gauche, représenté par Ghislaine Soulet, "le problème de ce document est qu'il ne comporte pas de réelles prescriptions, laissant dans un premiers temps les maires libres des politiques à mettre en place..., ce qui permettra dans les faits de faire n'importe quoi par la suite. L'autre incohérence c'est le déni de concertation publique puisque le document annonce la tenue de 120 réunions depuis 2006 alors qu'à peine dix d'entre elles ont été publiques".

Marcel Delannoy, secrétaire d'AGIR rappelle en préalable que le travail l'association loi 1901 créée en 2005 dépasse le cadre du Scot et qu'il ne s'agit pas "d'une association d'opportunité créée pour contester le Scot". "Je suis ici avec M. Coulet et Mme Soulet que je ne connaissais pas avant les travaux sur le Scot parce que la menace est réelle. Le Scot est un vrai casse-tête, c'est un système de systèmes imbriqués... certes le cabinet d'étude mandaté a fait ce qu'il a pu mais à l'arrivée on a un document qui a été construit sans concertation des citoyens et qui a détourné le vocabulaire des objectifs (qui doivent comprendre au moins un but, un délai et des critères d'évaluation) pour ne donner que des orientations. De même le Scot ne définit pas de prescriptions précises ce qui au final en fait un schéma d'incohérence territoriale.

"Le problème est que tout cela repose sur l'hypothèse de travail posée au départ par le politique qu'Alès allait passer de 40.000 habitants à 60.000 habitants dans les vingt prochaines années. Or cette hypothèse s'appuie sur une projection les taux de croissance enregistré par l'INSEE  pour la région Languedoc Roussillon dans la période 1999 à 2008 cinq fois supérieurs aux moyennes nationale. Dans le détail cette explosion est due au littoral et non à l'arrière pays et la ville d'Alès ne progressait que de 100 habitants dans cette même période et le bassin guère plus vite que la moyenne nationale" explique Joseph Varéa de St Hilaire Durable. "Multiplier la  progression par dix pour atteindre 1000 habitants de plus par an ne peut pas être une erreur, c'est une ambition politique que l'on retrouve dans le Scot à travers la volonté d'urbanisation de la périphérie alésienne".

Une ambition qui ne correspond d'ailleurs pas à la réalité actuelle sur le terrain puisque le Préfet vient de classer le bassin en amont de Ners en zone de répartition des eaux signifiant par cela que le bassin ne dispose même pas des ressources en eau nécessaires pour accueillir de tels niveaux de population. "A moins de prévoir un autre projet pharaonique..." concluaient les orateurs qui prévoient de faire passer un courrier synthétique rassemblant l'essentiel de leurs contributions aux commissaires enquêteurs et d'y sensibiliser les populations concernées pour les quinze années à venir.

 

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