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MARDI ÉCO Export, restauration, AOC : la recette gagnante du domaine Chabrier Fils

Patrick Chabrier, à la tête avec son frère Christophe du domaine Chabrier Fils, à Bourdic (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Patrick Chabrier, à la tête avec son frère Christophe du domaine Chabrier Fils, à Bourdic (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Chez les Chabrier, le vin, c’est une affaire de famille.

« C’est mon grand père qui a commencé en 1925 », explique Patrick Chabrier, à la tête du domaine avec son frère Christophe.

L’effet AOC

Parmi les fondateurs de la cave coopérative de Bourdic, le grand-père finit par passer la main à ses deux fils. « Mon oncle et mon père ont acheté le domaine petit à petit, et je l’ai repris en 1986, et mon frère en 1989 », poursuit Patrick Chabrier. Au début, les deux frères sont toujours à la cave coopérative. Ils décideront de bâtir leur propre site de vinification, à un jet de pierre de la cave coopérative, en 1998.

La première année, ils produisent 15 000 bouteilles des trois couleurs. « Aujourd’hui nous avons 135 hectares de vignes, nous produisons 250 000 bouteilles et on fait du vrac avec des négociants », revendique Patrick Chabrier.

Une production qui intègre il y a deux ans la toute nouvelle AOC Duché d’Uzès, issue de vingt années de combat des vignerons locaux. La reconnaissance du travail et de la qualité des vins, mais aussi un sérieux atout commercial : « la clientèle est plus demandeuse, note le vigneron, qui est par ailleurs secrétaire du syndicat des vignerons du Duché d’Uzès. D’ailleurs, notre blanc Duché d’Uzès est en rupture de stock ! » L’effet AOC certes, mais pas que : « le nom Uzès est porteur », glisse Patrick Chabrier.

Le rôle primordial de la restauration

Porteur, notamment à l’export. Le domaine exporte 4 000 hectolitres en vrac par an via des négociants, sur les 10 000 hectolitres produits. « On exporte moins en bouteilles, entre 10 et 15 %, note le vigneron. Mais on exporte beaucoup en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en Hollande, par le bouche-à-oreille. »

Un bouche-à-oreille qui débute souvent au restaurant : les 17 cuvées du domaine se sont fait une place sur les cartes des vins de nombreux restaurants du Gard et d’ailleurs, et des bons. Ainsi, « Jérôme Nutile est un très bon client », affirme Patrick Chabrier. Une présence dans la restauration qui joue un rôle primordial : « c’est important, ce sont eux qui nous amènent des clients. » Une clientèle séduite par la qualité du breuvage certes, mais aussi par son prix : de 3,55 euros pour l’entrée de gamme à 18 pour les cuvées exceptionnelles.

Un cocktail qui permet aujourd’hui au domaine, mais aussi à la viticulture locale, de se porter plutôt bien, après une crise très profonde il y a une dizaine d’années. Pour autant, Patrick Chabrier n’est pas si optimiste que ça pour les années à venir : « on est sortis de la dernière crise, mais la prochaine est devant car la consommation en France continue de diminuer, et le conjoncture actuelle fait que les clients restaurateurs commandent moins. » Pour autant, avec le recul des 90 années familiales dans le monde viticole, Patrick Chabrier ne dramatise pas : « la viticulture, c’est des cycles. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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