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NÎMES MÉTROPOLE Le logement social secoue l’assemblée

Quatre-vingt-huit des cent quatre conseillers ont assisté au Conseil (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Le conseil communautaire de Nîmes Métropole s'est réuni lundi soir au Colisée (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Cinq communes (Saint-Gilles, Redessan, Garons, Poulx et Générac) vont demander un délai supplémentaire au Préfet pour remplir leur quota de logements sociaux.

Le logement social, thème ô combien polémique. Pour mieux répartir les habitants sur le territoire et ainsi créer une vraie mixité sociale, la loi SRU (Solidarité et au Renouvellement Urbains) impose aux communes de plus de 3 500 habitants au moins 20% de logements sociaux.

Mais toutes les municipalités ne respectent la loi… Et doivent payer des pénalités financières, comme Bouillargues qui s’est récemment acquittée de 70 000€ d'amende. Le logement social est souvent impopulaire auprès des administrés déjà établis et rapporte moins aux communes que l’habitat résidentiel (notamment en terme de taxes).

Le législateur aimant les exceptions, un texte de janvier 2017 sur l’Égalité et la Citoyenneté permet aujourd’hui aux maires ne respectant pas leur obligation, de demander un délai supplémentaire de deux ans. Une délibération était examinée en ce sens, ce lundi en conseil communautaire, pour les communes de Saint-Gilles, Redessan, Garons, Poulx et Générac

Laurent Burgoa : « L’État n’acceptera pas ! »

Première à s'opposer à cette décision, la communiste Sylvette Fayet : « alors que les besoins sont importants, vous envoyez un très mauvais signal. » Dans le Gard, 16 000 personnes sont en attente d’un logement social. Une fois n’est pas coutume : Le Républicain Laurent Burgoa rejoint immédiatement sa position.

En charge des dossiers de rénovation urbaine pour Nîmes et Nîmes Métropole, l'élu interpelle : « nous allons porté dans quelques semaines le deuxième projet de rénovation urbaine : 120 logements sociaux seront à relocaliser et seul le maire de Milhaud a accepté d’en faire quelques-uns. » Or, « il faut un juste équilibre entre l’urbain et le périurbain. » Histoire d'éviter les écueils du passé... 

Laurent Burgoa en appelle alors au « principe de solidarité d’une communauté d’agglomération qui doit s’appliquer à tous les domaines.» Refusant de prendre part au vote, il conclut : « de toute façon, l’État n’acceptera pas ces demandes de dérogations. »

La contre-attaque des maires

« Nous n’avons pas de leçon à recevoir » balance le maire de Poulx, agacé. L’édile de Garons Alain Dalmas argumente : « pendant des années nous ne pouvions plus rien construire avec la présence de la base aeronavale*. Après, nous avons eu l’outarde canepetière... Ma commune est tout à fait à l’aise M.Burgoa ! » Au maire de Générac, Frédéric Touzellier de clore le débat : « Ça me fait sourire. Nous, nous gérons un exécutif. On ne demande pas l’exonération de produire du logement, mais d'obtenir cette possibilité pendant deux ans ! »

En octobre, la conférence du logement de Nîmes Métropole promet d’être animée.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

*Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine.

*PPRI : Plan de Prévention des risques d'inondation.

*PEB : Plan d'exposition au bruit. Il limite ou interdit la construction de logements sur la commune qui en fait partie.

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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