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FAIT DU JOUR Un quinquagénaire d’attaque, ce cheval Camargue

À Saint-Laurent d'Aigouze, au domaine du Petit-Saint-Jean, le week-end a été équin.

Le plus jeune poulain présent est vauverdois, issu de l'élevage du Monarque. Icare a trois semaines et comme sa maman Cassiopée, il se porte bien (photo F.G./OG)

Sans la pluie du dimanche après midi, le week-end aurait été parfait. Hélas, il a plu à partir de 12 h 45 sur la Camargue gardoise, compliquant un peu le parcours de pays et épreuves de l'après-midi. En résonance avec l'inauguration de la plaque du cinquantenaire de reconnaissance de la race du cheval Camargue, déjà décalée pour cause d'intempéries neigeuses.

Curieux de découvrir ce domaine, unique dans le Gard, puisqu'il appartient à l'association Tour du Valat, des centaines de visiteurs se sont pressés samedi. La tour du Valat est une association fondée par un Suisse amoureux des marais et lagunes, Luc Hoffmann. Créée en 1954, l'association a hérité du domaine du Petit Saint-Jean sur la commune de Saint-Laurent d'Aigouze.

Concours d'allure et posture (photo FG/OG)

Après des années de bataille judiciaire avec certains héritiers, furieux que le domaine leur échappe, la Tour du Valat gère le domaine qui comprend vignes, marais, forêt, vergers comportant des grenadiers et pistachiers sur ses hectares depuis 2012, en combinant des méthodes agrobiologiques et des méthodes innovantes et efficaces comme la permaculture. Vingt-huit hectares de culture, 24 de marais. Sur ce domaine, on trouve aussi le Pin de fer, un arbre remarquable du Gard, âgé de trois cents ans. S'y épanouissent aussi 350 espèces de plantes et 170 espèces d'oiseaux ont été vues sur place.

Ce bel endroit appartenait à un manadier original, qui au départ était associé à Gilbert Fourmaud. Dans le bâtiment principal en partie rénové, dans la sellerie, une exposition faisait découvrir des visiteurs illustres venus au domaine, comme l'ancien roi d'Italie. Mariée à une harpiste de renommée internationale, l'ancien propriétaire a permis à de nombreuses figures de se succéder au domaine.

Pour la manade Fourmaud , Eloïse, apprentie et Pierre, 23 ans, fils de Frédéric et petit-fils de Gilbert (photo FG/OG)

Le cheval Camargue comme l'élevage de cette monture rare, vive et rustique est une affaire de passion. Beaucoup d'éleveurs sont des pluriactifs et exercent deux métiers. Bérenger Aubanel est aussi informaticien. Audrey et Sébasten Torres, de Langlade près de Nîmes, sont pour l'une éleveuse de brebis et pour l'autre au service d'autres professionnels du monde de l'élevage équin. Si le jeune couple possède douze chevaux il exerce en amateur. "Même si nous ne sommes pas nés au cœur de la Camargue, la passion  l'a vite emportée", commente Sébastien, passé par la formation professionnelle à Vestric-et-Candiac.

Des passionnés : Sébastien et Audrey Torres, de Langlade, près de Nîmes avec Graal de Coucarel, 2 ans.

Autre couple, celui formé par Fabien André et Mélanie Fuente pour l'élevage de la Bohème à Beaucaire. Issu de la première formation spécialisée à Vestric-et-Candiac, Fabien, 38 ans, travaille au Haras de Montpezat. Sa compagne exerce dans le secrétariat. Elle vient de décrocher un poste de juge international pour l'équitation de travail. Née à Bordeaux, et comme son compagnon non issue du milieu agricole, elle entretient une passion depuis l'adolescence pour les sosies de Crin Blanc. L'élevage La Bohème a fait naître une vingtaine de poulains depuis 2002. Ils comptent plusieurs champions parmi leurs cinq étalons. Socrate, Kaolin du Clos, etc. Des chevaux qui se sont alignés aux championnats d'Europe en 2010 et 2011. Sans enfant pour le moment, le couple de passionnés prend grand soin de ses bébés.

Frédéric Bézin, de l'élevage du Monarque avec Cassiopée, la maman et Icare, le péquelet (photo FG/OG)
Fabien André et Mélanie Fuente, de l'élevage de Bohème à Beaucaire. Fabien a fait partie de la première promotion du château de Vestric-et-Candiac (photo F.G.)

Organisées en partenariat intelligent avec la commune de Saint-Laurent d'Aigouze, ces journées spéciales Cheval Camargue marquent aussi une nouvelle phase. Le domaine du Petit Saint-Jean réussit donc à être et avoir été. Avoir été un lieu historique pour l'économie agricole de la région, rassemblant les énergies des professionnels de l'élevage pour aboutir à une décision historique. Et être aujourd'hui un lieu d'avenir, petit laboratoire bio à ciel ouvert. En célébrant les cinquante ans du classement de la race du cheval Camargue sur ces terres en pleine revivification, la commune dispose chez elle  d'un atout unique dans le Gard.

Florence Genestier

 

Les stèles : celle de 78 célébrant 68 et celle apposée pour le cinquantenaire en mars dernier

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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