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JEUDI SPORT La planche à voile pour avancer dans la vie

Djamel et Sofian s'engagent dans une compétition mondiale de vitesse. Mais pas seulement...

Djamel sur sa planche à voile (Photo D.R)

Djamel Aklit, enfant du 92, sera bientôt en compétition avec les meilleurs mondiaux en vitesse en planche à voile pour tenter d'homologuer un record. Parallèlement, il vient de créer une association avec Sofian Setti, son ami de toujours, pour faire de la planche à la voile un vecteur de réussite pour les plus défavorisés et de promotion touristique de son pays de cœur, l'Algérie.

Djamel Aklit habite une jolie maison à Beauvoisin avec femme et enfants. Avec son ami d'enfance, Sofian Setti, chef d'entreprise, ils vient de créer F.A.S.T, une association qui déborde de projets. Au départ,  une passion commune : la planche à voile. Avec une spécialité : la vitesse. Les deux compétiteurs se sont inscrits au Prince of Speed, une compétition de vitesse qui homologue des records mondiaux sur un mois et qu'ils disputeront du 3 juin au 1er juillet prochain. En parallèle, leur association se tourne vers la promotion de leur sport en Algérie et vers les enfants des quartiers sensibles.

Des débuts "exotiques"

Djamel et son fils aîné Medhi à la fois fan et community manager de l'association  (Photo Véronique camplan)

Pour mieux comprendre, il faut remonter aux début de l'histoire. Il y a 41 ans, Djamel voit le jour dans les Hauts de Seine (92). Un quartier sensible comme on dit. À neuf ans, il entend parler des CLJ (Centre  de loisirs jeunes) ces derniers sont animés par des agents de la police nationale que l'on appelle à l'époque des îlotiers. "J'y viens pour la moto, se souvient Djamel. Mais le directeur me fait changer d'avis et me propose la planche à voile." À côté de la cité, il y a un lac artificiel qui permet des activités nautiques en tout genres. C'est le déclic. Le directeur du centre devient un mentor qui le pousse à l'excellence.

Il pratique le canoë Kayak, passe un niveau 2 de plongée, devient moniteur de voile et change son regard sur la police. Le rejoint Sofian, qui habite La Cavarelle, une grosse cité voisine, puis le petit frère de Djamel qui deviendra... policier. Des années ont passé mais Djamel n'a pas oublié. Ni son mentor, avec lequel il est toujours en contact, ni Jeunesse et police 92 . "Sans cette rencontre, je ne serais pas le même aujourd'hui et je ne sais pas ce que j'aurais fait de ma vie", déclare Djamel avec conviction. Un brin nostalgique, il se souvient du regard des gens, lorsqu'il traversait sa cité ou prenait le bus une planche à voile sous le bras en pleine banlieue parisienne."C'était exotique", sourit-il.

"Je n'avais pas le profil"

Djamel et son mentor : ne jamais oublier !  (Photo D.R)

Le lac artificiel entre des barres de béton devient bien vite trop étroit pour le jeune véliplanchiste qui rêve de vagues, de sel et de soleil. "Je savais dès que j'étais ado que je vivrais dans le Sud," affirme Djamel. Pour réaliser son ambition, il s'engage dans les marins pompiers et travaille deux ans à la base Aéronavale de Nîmes Garons. Puis il entre à Décathlon, où on a du mal à le croire lorsqu'il affirme être un spécialiste des sports nautiques.

"Je n'avais pas le profil", fait-il remarquer un tantinet moqueur. Alors, ils ont vérifié mes diplômes".  Le week-end, il fait essayer le matériel aux clients sur l'étang du Ponant et remplit son appartement de planches à voile. C'est là qu'il rencontre son épouse, Carole. Le couple construit à Beauvoisin puis les enfants arrivent, les leurs et ceux qu'ils accueillent dans leur foyer dans le cadre de l'Aide sociale à l'enfance où travaille aujourd'hui Carole alors que Djamel est salarié dans une entreprise de la région et pompier volontaire depuis 20 ans.

Faire flotter le drapeau algérien au plus haut niveau

Un montage photo pour que le rêve se réalise (Photo D.R)

Quelques années après son installation, Sofian le rejoint et monte une petite entreprise de travaux publics. Le tandem se reconstitue. Et avec lui l'envie de faire et d'aller encore plus loin. Ils se spécialisent dans la vitesse et investissent dans du matériel de pointe. "On s'est inscrit dans plusieurs compétitions, c'est pour nous un tremplin pour se faire connaître, poursuit-il. Mais pas pour la gloire. Pour servir les buts poursuivis par l'association. On voudrait promouvoir l'Algérie en tant que destination touristique, développer le véliplanchiste et aussi favoriser des échanges sportif avec ce pays de cœur qui est aussi celui de nos racines. Nous avons demandé à la Fédération algérienne de voile de nous délivrer des licences pour pouvoir porter ses couleurs au plus haut niveau". Et de pointer, "nous envisageons aussi des échanges sportifs entre les deux pays. Par exemple faire venir une délégation de sportifs algériens pour un stage dans notre région." 

Un tandem motivé

Djamel et son ami de toujours Sofian. Des projets, des rêves et l'envie de gagner  (Photo D.R)

Ce qui n'empêche pas les deux hommes de penser à la France et ses valeurs sportives et républicaines qui les ont soutenus dans leur combat pour sortir des quartiers. "J'envisage de faire venir des jeunes de mon ancien centre du 92 et, pourquoi pas, de me rapprocher de ceux des quartiers sensibles de Nîmes".

Réaliser tous ces projets demande des moyens. La première étape est de battre des records. Après le travail et le week-end, les deux sportifs s'entraînent dur pour être au niveau. "On se chronomètre. C'est sûr on va ramener un record," déclare Djamel confiant. Ils ont aussi ouvert une cagnotte sur Internet, remplissent des dossiers pour obtenir des subventions et cherchent des partenaires. "La vie n'a de sens que si l'on tend la main. Les valeurs transmises par le sport au travers de belles rencontres m'ont forgé, aujourd'hui il est temps de transmettre et de rendre", évoque le véliplanchiste. Que leur souhaiter sinon des vents favorables ?

Véronique Palomar Camplan

Pour les suivre ou leur donner un coup de main :  cliquez ICI.

 

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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