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FAIT DU JOUR La sœur de DiCaprio

Une fiction camarguaise moderne, engagée et profondément enracinée dans la tradition.

Manon Vidal interprète une jeune femme passionnée qui veut faire de la course camarguaise son métier mais ce n'est pas si facile (photo D.R)

Une jeune équipe s'apprête à tourner un court métrage qui parle de Camargue, de course camarguaise, d'amour, de conquête…  De quoi, à n'en pas douter, faire souffler un vent nouveau sur la tradition. Rencontre avec la jeune réalisatrice originaire de Mus. 

Lucie Anton, 23 ans, est née à Mus. Toute son enfance, elle est bercée par les courses camarguaises qu'elle découvre avec son grand-père. Comme dans beaucoup d'histoire de vie c'est lorsqu'elle quitte sa Camargue natale pour poursuivre des études de cinéma, d'abord à Rouen puis à Paris 8, qu'elle prend toute la mesure de son attachement à sa terre natale.

Lucie Anton  est née en Camargue et veut en écrire l'histoire , la petite et pourquoi pas contribuer à la grande…(photo D.R)

"J’ai tout de suite voulu faire un court métrage sur la Camargue, et plus particulièrement sur la course camarguaise, un sport méconnu dans le reste de la France !", affirme Lucie dans un sourire. "Ce film est l'aboutissement de deux ans de travail d'écriture", pointe la réalisatrice heureuse de se retrouver presque à la fin de ce long chemin qu'est la création d'un film.

Deux amours : sa terre et le cinéma

Consciente des trésors et des particularités de sa région, la jeune femme a donc envie de les faire connaître ailleurs. Mais pas seulement, elle a aussi des messages à faire passer à cette Camargue qu'elle aime tant mais aussi à la société toute entière. "Il est évident qu'il y a une dimension pédagogique dans mon film", confirme la réalisatrice.

Et pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas devenir pro ? (photo D.R)

Pour Lucie Anton, la Camargue, c'est une histoire d'amour et la course fait partie de ses racines. Ici, où elle a grandi et elle a gardé des amis dans le milieu des courses. L'une d'elle est en école taurine et voudrait devenir raseteur professionnel. D'ailleurs, comment dit-on quand c'est une femme ? Le terme existe t-il ?

La course camarguaise et les femmes

Mais revenons à notre jeune passionnée qui n'arrive jamais à être choisie pour la course de sélection alors que des garçons, souvent moins expérimentés ou doués, franchissent le cap avec la bénédiction des sélectionneurs. Pour Lucie, c'est une injustice flagrante et le refus de voir cette discipline suivre l'évolution de la société. Il est donc temps pour la jeune femme de tenter de faire bouger les lignes. Le film parle aussi du vivre ensemble, de l'amitié, des liens forts que l'on peut tisser avec un animal, de la passion…

Répétition des textes  côté ombre de l'arène (photo D.R)

L'histoire : Manon, jeune raseteuse de 20 ans, rêve de devenir professionnelle. Passionnée de course camarguaise, elle vit dans la manade de son père avec son jeune frère Kévin, lui aussi passionné de raset. La tentative de passage en Ligue de Manon échoue alors qu'elle est l'un des meilleurs éléments de l'école taurine où elle apprend la discipline, alors que son petit frère lui est choisi pour les phases qualificatives.

Lorsqu’on lui refuse l'accès à une course de qualification, Manon devra prouver aux hommes de son monde qu’elle est capable d’aller dans l’arène. Parallèlement, fille de manadier, Manon tisse un lien particulier avec un taureau qui répond au doux patronyme de Di Caprio. C'est son taureau mais…

Parmi ces taureaux se trouve Dicaprio le bien nommé (photo D.R)

Le 19 août prochain, l'équipe qui a bouclé ses repérages et son casting disposera de moyens techniques pour démarrer un tournage qui devra se dérouler sur une semaine. Un délai court pour un tel projet mais Lucie reste calme et ne doute ni de son équipe ni de ceux qui la soutiennent. "Nous souhaitons nous associer aux acteurs de la région : artisans, aficionados, manadiers, mairies, particuliers... Car faire un film sur les traditions taurines n’a de sens pour nous que si nous impliquons ceux qui les font vivre", développe Lucie.

Le tournage

Tous les acteurs sont donc des amateurs : Manon Vidal, l'héroïne est originaire du Cailar, doublée par une élève raseteur pour les scènes de course,  dans le rôle de Kevin, un élève raseteur et pour incarner l'ami et amant de Manon, Hugo Dubrana, un raseteur professionnel. C'est Renaud Vinuesa manadier bien connu des Camarguais qui joue le rôle du père de Manon (Frédo dans le film) et met à la disposition de l'équipe, le décor de sa manade, son expérience grâce à laquelle, entre autre, il a pu trouver une arène pour la scène finale.

Entraînement en situation la semaine dernière (photo D.R)

Il est évident qu'une jeune réalisatrice encore étudiante ne voit pas un budget de superproduction lui tomber du ciel. Mais le scénario a déjà fait ses preuves dans le cadre de festivals tels que Cinémed de Montpellier avec la sélection au concours de Pitch de « Talents en courts » mais également avec une mention spéciale du jury au concours de scénario du festival du moyen-métrage de Brive et a obtenu des soutiens financiers publics du CROUS de Paris, ainsi que de l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle.

Des distinctions doublées d'une bonne dose de volonté ont permis à l'association qui porte le projet de répondre à un appel à projet jeune du Gard et d'obtenir une bourse de 1 500€. La Femis (une école de cinéma parisienne) a mis à disposition moyens techniques et étudiants le temps du tournage. Enfin, une cagnotte est ouverte à tous ceux qui auraient envie de donner un coup de main et a déjà permis de réunir 1 510€ en offrant une déduction fiscale de 60% aux généreux donateurs.

Véronique Palomar Camplan

L'info en +. Proarti est une plateforme de financement participatif entièrement dédiée aux projets culturels. La plateforme aide les porteurs de projets à vérifier leur éligibilité au mécénat . Elle s’occupe de la réduction fiscale, de la sécurisation juridique et de l’envoi automatique des reçus fiscaux aux donateurs qui en font la demande. Pour en savoir plus et soutenir La Sœur de DiCaprio : http://bit.ly/LaSoeurDeDicaprio

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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