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NÎMES Meurtre de Ninon, 20 ans, par son compagnon. « C’était une super fille », déclare-t-il

Le palais de justice de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Abdessadek Boumajane, 27 ans, comparaît depuis ce mercredi matin devant la cour d’assises du Gard pour « le meurtre aggravé » de sa petite amie Ninon. Une jeune femme âgée de 20 ans, étudiante depuis quelques semaines à la faculté de Nîmes et tuée en novembre 2016 dans un appartement du centre-ville.

Elle avait quitté son environnement familial de la Drôme depuis à peine deux mois, lorsqu’elle a été frappée et tuée dans son appartement nîmois par son compagnon en novembre 2016. À cette époque, Abdessadek ne travaille pas. Il est connu pour du trafic de stupéfiants et condamné quatre fois pour ces infractions.

Quel a été le facteur déclenchant ? Est-ce un téléphone portable que Ninon n’a pas voulu lui donner ce soir-là, afin qu’il vérifie les numéros d’appel ? « Il a tendance à la possessivité et à la jalousie. Il a du mal à prendre du recul sur les situations », affirme la psychologue appelée à la barre. « L’absence, le silence de Ninon a traduit chez lui une angoisse. Il a eu peur d’être abandonné, trompé, quitté », selon l’expert.

Ninon venait de reposer sur la table les bijoux offerts par son compagnon. Comme un symbole pouvant signifier une éventuelle rupture ou en tout cas une période de séparation... Il connaissait Ninon depuis l'été 2010. "C'était une super fille", affirme aujourd’hui cet homme frêle qui a passé une grande partie de l'audience à regarder ses mains.

« Mais il était gentil, serviable, travailleur, respectueux. Il n’a jamais été violent, il était bien intégré depuis son arrivée en France », nuance un ami d’adolescence. « Il n’était pas très assidu au travail », reprend son patron, un agriculteur qui employait le jeune homme lors de travaux saisonniers durant l’été 2015 et la saison 2016. « Il venait une semaine et il ne posait pas de souci, mais après il pouvait être absent trois ou quatre jours », poursuit le même.

Un profil très nuancé

« Pendant deux mois à Nîmes, vous ne cherchez pas un emploi. Vous ne faites pas de démarches à l’ANPE », glisse le président de la cour d'assises qui se demande comment vivait cet homme. « Je ne payais rien. Le logement à Nîmes c’était Manon », répond l’accusé. Le jour du drame il sera retrouvé 1 700 euros dans le logement ; de l’argent qui lui appartient. Du trafic de stupéfiants ? "Non" affirme-t-il, prétendant que son frère lui prêtait de fortes sommes. Un frère qui déclare qu'il lui a donné 1 500 euros peu avant le drame.

Abdessadeck, 27 ans aujourd’hui, est arrivé en France à l’âge de 13 ans. Il a quitté son village de la région du Rif, au Maroc. « Il a grandi dans une maison de montagne. Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité, aucun confort, pas de toilette, pas un car pour aller à l’école. On était à une heure et quart de l’école à pied », raconte son frère aîné. La famille est composée de la mère et des quatre enfants dont une est handicapée. Le père lui travaillait en France. Une déchirure pour les enfants à en croire le fils aîné. Et  pour l’accusé qui en aurait terriblement souffert... Une famille qui rejoint le père lorsque le mis en cause a 13 ans. Il ne parle pas un mot de français mais parvient à décrocher un bac professionnel.

Après la présentation de la personnalité de l’accusé ce mercredi, jeudi les jurés gardois vont entrer dans le dur du dossier criminel avec l'évocation du déroulement des faits terribles. Les parents de la jeune Ninon devraient également s’exprimer.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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