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NÎMES MÉTROPOLE Hausse des taxes : Franck Proust s’explique, l’opposition s’affirme

Photo DR Nîmes métropole

Pour 2021, le nouveau président Les Républicains envisage d’augmenter la Teom (Taxe d'enlèvement des ordures ménagères) et de créer un nouvel impôt pour lutter contre les inondations. Une proposition loin de faire l’unanimité, même chez les élus LR de la ville de Nîmes.

Dur, dur de faire consensus… Hier soir, les élus de Nîmes métropole se sont réunis au Colisée pour débattre du prochain budget 2021. Fraîchement élu, Franck Proust n’a de cesse de répéter que « la situation financière de Nîmes métropole est alarmante. » Du coup pour y remédier, le républicain prévoit une hausse de la Teom ainsi que la création de la taxe Gemapi. Sur notre feuille d'impôt foncier, cela représentera entre 50€ et 70€ de plus par an. La décision n'est pas des plus populaires... En conseil communautaire, le président et son équipe ont donc tenté de convaincre.

Un trou de plus de 14 M€ à combler

La séance a démarré par une présentation du directeur financier, Vincent Foucher. Problème, l’agent suscite toujours la méfiance des élus LR de la Ville de Nîmes. Celui-ci a été embauché en 2015 par l’ex-président de l'Agglo et ennemi juré du maire nîmois, Yvan Lachaud. Le directeur a toutefois mouillé le maillot : « Si on ne fait rien, on arrivera en 2021 à 533 M€ de dette avec un ratio de désendettement de 14 ans ! » Et pour l’épargne, elle atteindrait péniblement les 38 M€ contre 43 M€ en 2020. 

Pourquoi une telle dégringolade ? Selon Vincent Foucher, il y a d’abord les conséquences de la crise sanitaire. Il met en exergue « un manque à gagner d’environ 3 M€ de nos recettes fiscales, la baisse de 1,2M€ du versement transport des entreprises ou encore les 4,2M€ en mois des tickets de bus. » À noter aussi, la récente décision de l’État d’augmenter la TGAP (Taxe sur les activités polluantes) de 700 000€ en 2021. L’exécutif évoquera enfin « la dérive de la masse salariale » d’un million d’euros. Une petite banderille à Yvan Lachaud… En tout, ce serait un trou de 14,3 M€ à combler pour 2021.

La ville de Nîmes s'oppose à la taxe Gemapi

Pour rectifier le tir, l’exécutif jure être au « au bout du bout » en matière d'économies : « Nous avons rogné 15% des dépenses sur le budget principal, soit plus de 6 M€. Trouvez-nous une commune capable de faire ça en si peu de temps ! » L’Agglo entend activer le levier fiscal pour récupérer 8 M€ supplémentaires, dont 4,6 M€ issus de la nouvelle taxe Gemapi. « Partout ailleurs cette taxe a été créée. Elle représenterait en moyenne 17€ par habitat de Nîmes métropole contre 23€ à Sète Agglopôle Méditerranée. »

Cet argent frais servira à financer le nouveau programme de 118 M€ de lutte contre les inondations. « Ce projet nous convoque à ce qu’il y a de plus noble en politique : la protection des biens et des personnes », souligne Marc Taulelle, chargé du dossier. L’élu Les Républicains de la ville de Nîmes, Pascal Gourdel, n'est pas tout à fait d'accord : « La ville de Nîmes n’a jamais augmenté ses taxes lorsqu'elle préparait les précédents plans anti-inondation. » Et de faire remarquer : « À Nîmes, on a l'impression d'avoir une double peine. Nous contribuons déjà à hauteur de 7,5 M€ par an et là, nous devrons payer une nouvelle taxe Gemapi, indexée sur la valeur locative, élevée à Nîmes. »

Un débat à la « saveur comptable »

La hausse de la Teom d’un point, passant de 10,71% à 11,71%, a suscité aussi quelques commentaires. Le président du groupe Rassemblement national, Yoann Gillet, et l’ancien président de l’Agglo, Yvan Lachaud, prétendent que « des excédents sur le budget du traitement des déchets existent. » De manière générale, le RN estime comme la Droite nîmoise que « des économies peuvent encore être faites. Aujourd’hui, les gens n’en peuvent plus de la fiscalité, comme la CFE (Cotisation foncière des entreprises), bien supérieure à la moyenne nationale. »

Le président du groupe La Gauche Unie, Vincent Bouget, n’oublie pas, lui, que le budget des ordures ménagères « est l’objet d’une guerre politicienne » entre Yvan Lachaud et le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier. Et de s'inquiéter « d’une baisse des dépenses dans un contexte de crise où les habitants ont besoin de services publics. » Pour le reste, « ce débat a une saveur comptable. Or, il s’agit avant tout de donner du sens à l’action communautaire » et donc aux habitants de l'Agglo. 

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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Un commentaire

  1. Je suis vraiment écoeurée à la lecture de cet article, concernant l’augmentation des ordures ménagères. On trie de plus en plus, et en échange ? Augmentation !
    Ca donne pas tellement envie de continuer… Le gouvernement ne veut pas créer d’impôt supplémentaire mais Nîmes Métropole ne se gênerait pas pour le faire, dans les conditions de crise qu’on connait, en plus…Président, vice-présidents à la pelle, n’y a-t-il pas un peu de ménage à faire ?
    De plus, quand on apprend comment sont « recrutés » certains vice-présidents, c’est ni plus ni moins que du copinage, les VRAIES compétences n’ont pas l’air de compter beaucoup.
    Je suis toujours sur Objectif Gard, et j’ai passé un temps fou à remplir (partiellement) le questionnaire pour la confidentialité. C’est carrément se moquer du monde ! Et pas : « refuser tout » évidemment.

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