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LA RÉCAP’ Jean-Paul Fournier torée la covid, l’appel et la pioche de Julien Sanchez, pas un pas sans Burgoa

Un brindis au maire Jean-Paul Fournier lors de cette même corrida (Photo Anthony Maurin).
Un brindis dédié au maire Jean-Paul Fournier lors de la dernière corrida des vendanges, en octobre 2020 (Photo Anthony Maurin).

Tous les samedis à 19 h, Objectif Gard vous propose un rendez-vous sous la forme d'un flash-back sur les événements, petits ou grands, qui ont ponctué la semaine. C'est parti pour la Récap' !

Jean-Paul Fournier torée la covid. Du maire de Nîmes on connaissait surtout les banderilles verbales qu'il lui arrive de planter à ses adversaires politiques et son art consommé de l'estocade quand il s'agit de les achever. Mais cette fois c'est la pandémie de covid que vient défier Jean-Paul Fournier qui est descendu cette semaine dans l'arène médiatique en annonçant que la ville-préfecture se prépare d'ores et déjà à l'organisation de la féria de Pentecôte, prévue du 20 au 24 mai prochains. Bien sûr gouverner c'est prévoir, mais on se demande quand même s'il avait vraiment urgence à faire cette annonce alors que la situation sanitaire est loin d'être sous contrôle, que la population est assujettie à un couvre-feu, que des variants exogènes du virus viennent encore compliquer la tâche des scientifiques chargés de donner le "La" et que la campagne de vaccination suit, ici comme ailleurs, un déroulement passablement erratique. Pour justifier cette décision, l'aficionado récidiviste - il avait déjà maintenu un ersatz de féria "Canada Dry" en septembre dernier - explique : "Nous avons à cœur de tout faire pour que nos commerçants, restaurateurs, hôteliers et entreprises souffrent le moins possible de cette crise [...]" et que "la Ville œuvre activement à la faisabilité, tant des spectacles dans les arènes que des animations sur les places et dans les rues de Nîmes." On serait curieux de connaître le point de vue des responsables de l'Agence régionale de santé, des soignants de crins auxquels on demande tout et un peu plus encore, de ceux qui sont alités, à bout de souffle, branchés nuit et jour comme des Nintendo à des appareils respiratoires, et l'avis des acteurs du secteur d'une culture bâillonnée, quant au maintien de ce qui s'apparente, en sus des spectacles taurins, à un officieux championnat de France de Ricard, de rosé-piscine et de suspension de permis. Avec le risque que les rues de Nîmes et ses bandas ne ressemblent à celles de la Nouvelle-Orléans, où il est de tradition d'accompagner musicalement les enterrements de jazz funeral, et que l'affiche de l'événement "déjà choisie", selon la communication institutionnelle, ne se transforme ultérieurement en un bien triste faire-part de sinistre mémoire. Bien sûr on n'en est pas là et un point sera fait début avril. Quoi qu'il en soit, maintien ou annulation, une chose est sûre : l'organisateur de corridas "Assurancetourix" Simon Casas sera gagnant à coup sûr, bien à l'abri derrière une clause contractuelle qui lui avait assuré une indemnité de 200 000 euros réglée par la Mairie pour une perte d'exploitation lors de la dernière féria. Crise, vous avez dit crise ?

Julien Sanchez, maire de Beaucaire (Photo Anthony Maurin).

L'appel et la pioche de Julien Sanchez. Après le procès perdu récemment pour l'affaire de la crèche installée dans l'Hôtel de ville - pour laquelle il a dit vouloir faire appel -, le marathon judiciaire du maire de Beaucaire se poursuit et les revers s'accumulent. Au jeu du Rami judiciaire, le porte-parole du Rassemblement national a encore fait une mauvaise pioche ce mardi 9 février où le tribunal administratif de Nîmes a fait droit à la requête de la Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen et à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, opposées au retrait des repas de substitution au porc dans les cantines de la ville de Beaucaire, voté le 28 juin 2018 en conseil municipal. Pour contrer cette mauvaise pioche, Julien Sanchez a dégainé son joker habituel : il va faire appel de cette décision. Jamais avare d'une petite rodomontade, dévoilant une surprenante proximité avec des ongulés de basse-cour, il s'est fendu sur le réseau social Twitter d'une déclaration particulièrement "classieuse" qu'on ne résiste pas au plaisir de vous faire partager : "Je viens de croiser un porc. Le porc salue le tribunal administratif de Nîmes et me demande de faire appel. Il ne voudrait pas qu’en plein projet de loi sur le séparatisme la France puisse un jour devenir à cause de certaines décisions de tribunaux une République islamique." Auquel cas nul doute que Monsieur le maire ne fera pas sa tête de cochon et n'hésitera pas à réclamer un "passe-porc" et à prendre la route de l'exil à cause des basses cours de justice.

Laurent Burgoa (Photo DR Objectif Gard)

Pas un pas sans Burgoa. Petite devinette : quelle différence y a-t-il entre Laurent Burgoa et le sucre dans le café ? Réponse : dans le café le sucre est partout et on ne le voit pas tandis qu'il est difficile d'échapper à l'omniprésence médiatique du sénateur gardois. Occupant le terrain tous azimuts, des ors du Palais du Luxembourg aux bourgades les plus reculées du département, doué d'ubiquité le Nemrod gardois est partout. Multipliant les visites de terrains et les rencontres, il est toujours prêt à voler au secours de toutes les causes. Celle des chasseurs - bien sûr -, des viticulteurs, en passant par les pêcheurs, les artisans, la veuve et de l'orphelin. Encore que concernant ces derniers c'est un peu différent toutefois, comme en témoigne le nouveau cheval de bataille qu'il vient d'enfourcher. Introduisant au Sénat, ce mardi 9 février, le débat sur les mineurs étrangers non accompagnés pour le compte du groupe Les Républicains, Laurent Burgoa s'est tout d'abord habilement fait l'avocat des "mineurs seuls, quittant leur famille et des situations dramatiques (qui) doivent pouvoir bénéficier de notre protection au détriment des fraudeurs sans scrupules se faisant passer pour mineurs. » Un propos liminaire à l'humanité touchante et aux accents Kouchnériens qui allait rapidement faire place au véritable motif de son intervention. Délaissant sa posture de faux nez pour mieux marcher sur les plates-bandes nationalistes et piocher dans le fond de commerce du Rassemblement national, après avoir soutenu que "chaque année, le flux de prétendus mineurs est estimé à 37 000 personnes", le sénateur du Gard s'est empressé de réclamer à l’État de mettre en place les outils permettant de vérifier la véracité de la situation du demandeur, comme le test osseux (*). Pour, en creux, pouvoir expulser illico une misérable poignée de fraudeurs, des pauvres hères ayant risqué leur vie dans leur pays d'origine pour pouvoir avoir l'immense privilège de crever de faim dans le nôtre. De quoi nous faire regretter l'époque où, simple conseiller départemental, il se cantonnait à porter la cause des chasseurs...

Philippe GAVILLET de PENEY

* Selon la Commission nationale consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), cette méthode basée sur l'Atlas de Greulich et Pyle est inefficace sur les mineurs âgés de 16 à 18 ans, soit 88% des mineurs isolés étrangers, et l'académie de médecine évoque une marge d'erreur de un à deux ans sur cette tranche d'âge (Source: Science et Avenir).

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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Un commentaire

  1.  Gérer avec responsabilité l’immigration est bon pour l’emploi, la sécurité, les comptes de la nation, l’identité et au final pour les immigrés eux mêmes. Le contraire de ce que font depuis des décennies, droite et gauche avec les résultats que l’on sait.
    L.Burgoa amuse la galerie avec une proposition fantaisiste après avoir accompagné l’accueil d’immigrés clandestins (mineurs ou pas) dans le Gard au conseil départemental.
    « En même temps » comme dirait celui qui lui est idéologiquement proche, à l’approche de nouvelles élections il faut savoir ménager la chèvre et le chou.
    Question subsidiaire : Quelle est la position du sénateur sur la proportionnelle aux législatives 2022 ?

    Conseiller R.N Nîmes.

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