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FAIT DU SOIR Un lever de roses en hommage à Tania Lafond, élue appréciée et femme engagée

Les proches de Tania Lafond lui ont rendu un dernier hommage. (Photo Boris Boutet)
Les proches de Tania Lafond lui ont rendu un dernier hommage. (Photo Boris Boutet)
Ses proches, les élus qu'elle a côtoyés à Aimargues ou à la communauté de communes Petite Camargue (CCPC), les membres des associations pour lesquelles elle s'était engagée : tous étaient présents ce mardi devant l'église aimarguoise pour rendre un dernier hommage à Tania Lafond, décédée à 43 ans la semaine passée. En octobre dernier, le magazine d'Objectif Gard présentait son portrait. Extrait. 
Du jour au lendemain, la vie bascule. En 2016, Tania Lafond 38 ans, mère de deux enfants en bas âge, comptable et adjointe à l’Éducation à la Ville d’Aimargues, avait une vie bien remplie et tout pour être heureuse. Mais un jour, une autopalpation l’alerte sur l’état de l’un de ses seins. “J’ai d’abord pensé à une boule de graisse, se souvenait-elle. Je suis malgré tout allée voir mon généraliste qui m'a prescrite une biopsie.” 
Ici en 2017, Tania Lafond se battait déjà contre le cancer. (Photo DR)

Quelques jours plus tard, le verdict tombe comme un choc. “J’ai très mal pris l’annonce de mon cancer, avouait-elle. Pendant plusieurs jours, j’ai vraiment accusé le coup et je ne savais plus où j’étais. Je ne connaissais rien à ce monde là. Pas même la différence entre une chimiothérapie et une radiothérapie. Ce qui fait peur, c’est l’inconnu.”

Une aide précieuse pour les femmes malades

Assez vite malgré tout, Tania Lafond se ressaisit et décide de vivre avec la maladie. Le plus normalement possible. “J’ai continué à travailler en mi-temps thérapeutique, illustre-t-elle. C’était important pour garder la tête hors de l’eau. J’ai aussi décidé d’en parler immédiatement à mes enfants. Je suis persuadée qu’il ne faut pas leur cacher la vérité. On dit souvent que les enfants sont des éponges mais ce n’est pas qu’un cliché, ils se rendent compte de tout.”

Les premiers traitements fonctionnent et Tania Lafond est en rémission. Mais à la fin de l’année 2017, une rechute intervient. Plus terrible encore. “Depuis, je vais de chimio en chimio, de désespoirs en espoirs, confiait-elle. J’ai conservé mon mandat d’élue mais j’ai dû quitter mon emploi.”

Une haie d'honneur attendait le cercueil. (Photo Boris Boutet)

Dès lors, Tania Lafond ressent le besoin d’aider les autres. Et dans la foulée de l’édition 2017 d’Octobre rose, elle crée sa propre association : les Aimargazelles. “Lorsque j’ai appris que j’étais malade, j’ai fréquenté l’association Étincelles à Montpellier, racontait-elle. De part mon expérience du cancer et le contact d’autres malades, j’ai pu cerner des besoins récurrents chez les femmes qui se sentent souvent isolées dans leur combat.”

Coaching personnel pour redonner confiance, accompagnement de familles endeuillées, soins de support financés par l’association : les Aimargazelles s’adaptent aux besoins de chacune. “D’abord je rencontre ces femmes pour échanger nos expériences respectives, expliquait Tania Lafond. Quand c’est possible, je leur conseille des professionnels de santé qui m’ont soulagée. Pour aider efficacement les autres, il faut un mélange d’empathie et de détachement. Il nous est arrivé de faire des accompagnements de fin de vie, ce sont des moments difficiles car des liens forts nous unissent." 

Quand le cancer révèle les personnalités

Et face à la maladie, les personnalités se révèlent. "Depuis mon diagnostic, mon rapport à la vie a lui aussi changé, estimait-elle. Je ne suis plus prise par le rouleau compresseur du quotidien. Le cancer nous dit “stop” et nous pousse à regarder les choses avec philosophie. Quand le soleil se couche, je suis la plus heureuse du monde et quand le jour se lève je me dis que j’ai gagné une journée. Aujourd’hui, je savoure pleinement chaque instant de la vie et je ne m’attarde plus sur les petits problèmes anecdotiques.” 

“Avec mon cancer, j’ai appris ce que signifiait réellement le mot aimer à travers le soutien que me porte mon mari chaque instant, conclut-elle. Pour beaucoup, le cancer est synonyme de mort mais pour moi il est totalement relié à la vie." Un état d'esprit combatif et positif que retiendront tous ceux qui l'ont connue. Et l'ont accompagnée, ce mardi, pour son dernier voyage.

Boris Boutet

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