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NÎMES OLYMPIQUE Rani Assaf menace de « rendre les clés » si aucune solution n’est trouvée

Julien Plantier, premier adjoint du maire de Nîmes et Rani Assaf, président du Nîmes Olympique Photo-montage Objectif Gard

Un peu plus de deux heures de réunion, un constat, un rappel des principes et quelques jours de réflexion pour trouver des solutions. Voici le menu de l'échange entre Julien Plantier, premier adjoint au maire de Nîmes, Rani Assaf, le président du Nîmes Olympique, et Yannick Liron, le président de l'association Nîmes Olympique, pour évoquer l'avenir du centre de formation.

Tout a démarré il y a un peu plus d'un an avec la crise sanitaire. Et s'est aggravé encore davantage ces derniers mois avec le scandale des droits TV. Nîmes Olympique, comme plusieurs clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, est en danger et en proie à un dépôt de bilan. Plus de spectateurs dans les stades, une saison tronquée en 2020 et la perte sèche des revenus sonnants et trébuchants issus des droits TV après la rupture du contrat de la Ligue de football professionnel avec Mediapro. Selon une source bien informée au sein du Nîmes Olympique, le manque à gagner serait abyssal "de l'ordre de 16 millions d'euros".

Le club avait jusque-là 9 M€ de trésorerie au début de l'exercice grâce à la vente des joueurs. Une réserve envolée en quelques mois. Aujourd'hui, l'actionnaire est contraint de remettre 7 M€ de sa poche. Une exigence de la DNCG, le gendarme financier du foot, qui impose des comptes équilibrés en début de saison suivante. "Rani Assaf va les mettre", certifie une source bien informée du club. Une seule condition pour cela : "Il veut être sûr que son projet de futur stade aboutisse. Et que le club puisse se structurer. C'est un miracle d'avoir joué en Ligue 1 aux Costières pendant trois saisons."

"Faire des économies"

En l'état donc, impossible d'assurer la pérennité du club à court et moyen terme sans avoir l'assurance de mener à bien ses projets immobiliers à Nîmes, estimés à 230 M€. C'est ce qui aurait conduit le président Rani Assaf à envisager l'arrêt du centre de formation "pour faire des économies". Des économies de bout de ficelle selon ses détracteurs. "La formation représente 2 M€ par an dans le budget. Par contre la perte sur l'image du club et la passion de ces jeunes pour l'équipe fanion aura des conséquences sur le long terme", fait savoir un cadre sportif nîmois.

Raison pour laquelle la ville de Nîmes a décidé de s'emparer du sujet après la sortie de notre article samedi dernier. "Julien Plantier a tout de suite compris que la situation était grave. Pour lui, il est hors de question de laisser faire. D'autant qu'il est mis devant le fait accompli, ce qu'il déteste", nous explique un élu de la Ville qui a assisté aux différentes réunions du premier adjoint avec le maire, Jean-Paul Fournier.

"La formation au Nîmes Olympique, c'est dans l'ADN, c'est historique et faut que ça continue, il n'y a pas d'autres choix." Voici en substance les propos de Julien Plantier, l'homme fort de Nîmes dans ce dossier autour de l'avenir du centre de formation, aux deux représentants du club, la société et l'association, ce mardi après-midi à l'occasion d'une réunion en urgence qui a duré plus de deux heures.

"Sinon c'est le dépôt de bilan"

"Rani Assaf a bien expliqué la situation. Il a précisé que ce n'était pas de gaieté de coeur qu'il prenait cette décision mais il n'a plus le choix selon lui sinon c'est le dépôt de bilan", indique une source au sein du Nîmes Olympique. Durant la réunion, le président du club cher aux Nîmois a même posé sur la table l'hypothèse de "rendre les clés" en proposant à la Ville "d'aller à la DNCG à sa place".

Jean-Paul Fournier ne souhaite pas décider dans l'urgence. D'autant que les enjeux ne portent pas uniquement sur le centre de formation. Aujourd'hui, le sujet, c'est la survie des Crocos. En concertation avec son premier adjoint, il a proposé aux deux protagonistes du Nîmes Olympique de réfléchir à des solutions pour la reprise du centre de formation par l'association. Selon nos informations, cette reprise d'activité pourrait même aller au-delà. Yannick Liron et ses équipes, avec l'appui d'entreprises locales qui pourraient investir au sein de l'entité associative, envisagent la prise en charge d'autres activités gérées aujourd'hui par la société présidée par Rani Assaf.

"Rien n'est acté. Pour le moment, tout le monde réfléchit de son côté, la Ville comme le club. On se revoit dans les jours qui viennent et on met les idées sur la table. Moi, j'ai déjà pas mal de propositions à faire", explique à notre rédaction Julien Plantier. Et si aucune solution n'est trouvée ? "On verra. Tout est ouvert. Une chose est sûre, Nîmes Olympique ne peut pas mourir et la formation doit continuer."

Abdel Samari

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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Un commentaire

  1. Il manque une information dans cet article, la DNCG (le gendarme financier du football professionnel) a déjà annoncé qu’il n’y aurait pas de sanction cette année si des clubs de football en L1 et L2 avaient en fin de saison un déficit en raison du covid ou du retrait de médiapro. Pour redémarrer la saison suivante il faut présenter un plan d’épurement du déficit sur quelques années. Donc quand il est précisé que Rani Assaf va remettre de l’argent pour équilibrer les comptes au début du nouvel exercice ce n’est pas une exigence de la DNCG (d’ailleurs plusieurs clubs de L1 auront un déficit pour redémarrer la saison). De plus vous évoquez les propos de Rani Assaf sur le fait que c’est un miracle d’avoir évoluer au stade des costières en L1 pendant 3 saisons, mais ce stade n’est pas si obsolète et d’ailleurs la LFP n’envisage aucune interdiction pour l’année prochaine si ce n’est une demande de mise en conformité des bancs de touche.

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