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ALÈS Un peu moins nombreux, les anti-pass innovent

Environ 400 anti-pass ont défilé à Alès ce samedi 11 septembre. (Photo Corentin Migoule)
Environ 400 anti-pass ont défilé à Alès ce samedi 11 septembre. (Photo Corentin Migoule)

Pour le 8e samedi consécutif après l'instauration du pass sanitaire, les manifestants opposés à cette mesure ont battu le pavé alésien, changeant quelque peu leur mode opératoire. La mobilisation s'est achevée sur le parvis du Cratère où a été menée l'opération "terrasse sauvage", appelée à être reconduite.

"Retraite, chômage, pass sanitaire, pour nous c'est sûr, ça va pas l'faire !" "Et le pass il sert à quoi ? Travaille, consomme, et ferme ta gueule !" Scandés par les militants anti-pass du bassin alésien cet après-midi, ce slogan résume à merveille la pluralité de leur lutte. Samedi après samedi depuis la mi-juillet, un public mêlant gilets jaunes, syndicalistes, responsables d'associations libertaires, et citoyens, tente de faire entendre ses revendications.

Moins nombreux que lors du début du mois d'août quand le mouvement a atteint son paroxysme avec plus d'un millier de manifestants, les anti-pass étaient environ 400 selon la Police à s'élancer de la sous-préfecture d'Alès ce samedi, peu après 17 heures. Modifiant légèrement leur parcours pour investir d'emblée - et c'est sans doute symbolique - la place des Martyrs-de-la-Résistance, les militants ont ensuite arpenté les rues du centre-ville de la capitale cévenole, achevant leur défile sur le parvis du Cratère où, comme la semaine dernière, ils ont proposé une "terrasse sauvage".
Plusieurs prises de parole ont été opérées en début de mobilisation, donnant l'occasion à un quadragénaire se présentant comme "un tennisman qui ne reprendra pas sa licence", d'inviter au boycott des centres commerciaux. "Dans le Nord de la France et même à Lyon, plusieurs grands centres commerciaux viennent de mettre fin au pass sanitaire, ce qui prouve que le boycott ça marche", a-t-il suggéré. Lucide, une autre militante a reconnu que "tant qu'on ne sera pas plus nombreux, ça sera compliqué de faire sauter le pass, mais on continue !"

 

Les anti-pass jugent le pass sanitaire responsable d'une "impasse culturelle et sociale". (Photo Corentin Migoule)

Plus tôt dans l'après-midi, peu après 14 heures, une quinzaine d'anti-pass a mené une action devant l'entrée de la médiathèque Alphonse-Daudet (MAD) d'Alès. Après l'installation de leur petite bibliothèque à ciel ouvert (notre photo), les militants ont manifesté leur mécontentement contre l'application du pass sanitaire dans ce haut lieu de la culture alésienne, en simulant une distribution de bouquins aux passants.

"Une manière de dire que la culture doit bénéficier du libre accès pour tous", justifie Pélagie, instigatrice du mouvement. Et d'enfoncer : "On sait très bien que les gens qui refusent de se faire vacciner se trouvent dans les milieux populaires et défavorisés, or bientôt les tests seront payants, donc ce sont toujours les mêmes qui sont ciblés par ces mesures."

L'un des messages affichés près de l'entrée de la médiathèque Daudet ce samedi. (Photo Corentin Migoule)

En plus de s'improviser bibliothécaires, elle et ses camarades de lutte se sont adonnés à la lecture à haute voix, à l'aide d'un micro relié à une enceinte, du livre Matin brun de Franck Pavloff. "Un ouvrage qui évoque le fascisme et la façon dont s'instaure des règles après que des gens ne se soient pas mobilisés contre", détaille Pélagie, comparant - "toutes proportions gardées" - le récit du bouquin à la situation dans laquelle sont plongés les Français.

Rapidement alertés par le chahut devant l'entrée de l'établissement, plusieurs agents de la médiathèque alésienne sont venus échanger avec les contestataires. L'un d'entre eux leur a signifié que l'extension du pass sanitaire à la MAD depuis un peu plus d'un mois a entraîné le refus dans leurs locaux de "10 à 15 personnes par jour" ne présentant pas le fameux QR code.

Corentin Migoule

 

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