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FAIT DU JOUR Le directeur de la clinique Bonnefon : « Nous sommes dans une logique d’apaisement »

Olivier Bougette, directeur de la Clinique Bonnefon à Alès. Photo Élodie Boschet / Objectif Gard
Olivier Bougette, directeur de la Clinique Bonnefon à Alès. Photo Élodie Boschet / Objectif Gard
Olivier Bougette, directeur de la Clinique Bonnefon à Alès. Photo Élodie Boschet / Objectif Gard

Le piquet de grève a été levé vendredi dernier à la clinique Bonnefon, après cinq semaines de mobilisation. Le directeur de l’établissement géré par le groupe Elsan, Olivier Bougette, revient sur cet épisode.

Objectif Gard : Selon vous, quel a été l’élément déclencheur de cette grève ?

Olivier Bougette : J’ai été fort surpris de ce mouvement, qui arrive à un mois des élections professionnelles. Avant le préavis de grève, nous n’avions eu aucune sollicitation de la part de la CGT et de FO. Depuis que le groupe Elsan a repris la gestion de la clinique il y a deux ans, toutes les discussions avec les représentants syndicaux élus, c’est-à-dire la CFDT, ont eu lieu dans le cadre d’un dialogue constructif. Le leitmotiv de cette mobilisation, c’était de demander la suspension de sanctions que nous avons prises notamment à l’encontre d’un infirmier ambulatoire qui a été licencié pour manquement professionnel.

Au plus fort du mouvement, combien de soignants étaient grévistes ?

10% de l’effectif global était mobilisé au plus fort de la mobilisation, à savoir le lundi 21 février. Ce n’est donc pas une forte représentativité…

Malgré tout, l’activité d’hospitalisation complète a été suspendue pendant deux jours…

Oui, les grévistes ont fait blocus avec des encombrants devant les accès de la clinique et les patients ne pouvaient plus pénétrer dans l’établissement. Nous avons donc préféré, par précaution, procéder à une déprogrammation de nos activités d’hospitalisation complètes, c’est-à-dire des interventions chirurgicales qui nécessitent de rester une ou plusieurs nuits. Cela représente 33 patients qui ont vu leur hospitalisation reportée.

Environ 280 personnes ont manifesté jeudi dernier devant la clinique. (Photo Corentin Migoule)

Revenons au conflit. Que répondez-vous aux revendications des grévistes ?

Il faut savoir que le 15 décembre dernier, nous avons rendu les conclusions de nos négociations annuelles obligatoires avec la CFDT. Les discussions ont commencé en octobre et la CFDT a souhaité les ouvrir au comité social et économique où l’on retrouve des représentants FO et CGT. Mais ces derniers n’étaient pas présents autour de la table, malgré l’ouverture de la CFDT et avec l’aval de la direction. Cette arrivée soudaine d’une contestation sociale intervient aussi dans un contexte où tous les voyants sont au vert : l’absentéisme a chuté de 25%, une prime d’assiduité de 50 euros par personne et par mois a été accordée, le turn-over est en diminution de cinq points sur deux ans… Et quand la CGT nous demande d’augmenter de 100 euros par personne le Segur de la santé, on leur répond que nous n’avons pas la main sur ce point-là, c’est au niveau national que ça se décide.

Il semblerait que certains échanges aient été tendus. Hella Kherief, membre de la CGT, affirme que la direction aurait tenté de la séquestrer…

Une enquête est en cours donc je ne me prononcerai pas sur le sujet, mais je suis très serein sur les événements qui se sont produits.

Le piquet de grève est aujourd’hui levé, mais le climat social reste tendu. Que va-t-il se passer à présent ?

Nous souhaitons conclure un accord avec l’organisation syndicale représentative où nous accordons plus de souplesse dans la récupération des jours fériés et dans la prise des congés payés. Ces négociations ont été conduites avec les trois organisations syndicales de manière égalitaire, la CGT et FO ont quitté la table à plusieurs reprises. D’autres discussions sont en cours. Nous devons maintenant organiser le redémarrage et la reprise de l’activité, sachant que nous sommes dans une logique d’apaisement et de sérénité.

Difficile de retrouver un peu de sérénité lorsque l’on accuse le groupe Elsan de vouloir simplement faire du profit…

Alors il faut savoir que le groupe Elsan réinvestit 100% de ses dividendes dans son outil de travail et ses établissements. Toute assimilation à toute autre structure n’est qu’allégation. Notre objectif premier est d’apporter au plus près des patients une offre de soin de qualité et d’améliorer la prise en charge des Gardois sur le territoire. Et ce, dans la cohésion globale de l’ensemble de nos collaborateurs.

Propos recueillis par Élodie Boschet

Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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Un commentaire

  1. Bonjour. 9h aux urgences pour une entorse du doigt et repartir sans attelle. Voilà, je suis atterrée des décisions managériales : un médecin, une infirmière et une aide soignante pour un service d urgences. Oui, c est le quota réglementaire mais Forcément, cela coince. Ils maltraitent les patients et nos soignants. Qu ils fassent leur boulot, qu’ils défendent leurs équipes, qu’ ils trouvent des moyens et qu’ils fassent entendre leurs voix. Plus dur que de leur taper dessus mais bien plus courageux.

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