Publié il y a 5 ans - Mise à jour le 02.03.2019 - thierry-allard - 3 min  - vu 842 fois

FAIT DU JOUR À la découverte du rugby à XIII fauteuil

Guillaume Mautz (à droite) lors d'un match de rugby à XIII fauteuil (DR)

Pour la première fois, Rochefort-du-Gard accueillera ce dimanche un match d’Élite 1 de rugby à XIII fauteuil, à l’initiative du champion du monde de la discipline et rochefortais Guillaume Mautz. L’occasion de se pencher sur un sport encore récent et en plein développement, dont la France et la région sont à la pointe.

« Les gens qui suivent le rugby à XIII qui viennent voir un match de rugby fauteuil reconnaissent leur sport ». L’affirmation, signée de Guillaume Mautz, 34 ans, en dit long sur ce handisport né dans les années 2000. Car le rugby à XIII et sa déclinaison fauteuil partagent bien plus qu’un ballon ovale. « Le jeu est basé sur les règles du rugby à XIII mais sur un terrain de handball et à cinq contre cinq, présente Guillaume Mautz. On tape le poing fermé, on transforme les essais et on aplatit. » Du rugby, en somme.

Pour les plaquages, les joueurs se « scratchent » des bandes colorées, appelées « flags », sur les épaules. Si le « flag » est arraché par un joueur adverse, le joueur est considéré comme plaqué. Et les contacts ? Ce n’est pas parce qu’on parle de handisport qu’il n’y en a pas, loin de là : « Il y a beaucoup de contacts, certains à pleine vitesse », explique Guillaume Mautz, qui pratique le rugby fauteuil depuis sept ans au Sporting Olympique Avignonnais XIII.

Un sport qu’il a découvert par hasard d’une rencontre à la foire d’Avignon. « La section se lançait. Je faisais de l’aviron et je n’avais jamais fait de sport collectif, mais j’ai accroché », raconte le joueur. Sportif, il avait pratiqué la boxe avant l’accident qui l’a laissé paraplégique, et donc l’aviron après. Là, il découvre les valeurs collectives du rugby et se forge un beau palmarès : international depuis 2014, il fait partie de l’équipe de France qui remporte le titre mondial en 2017. Avec le SO Avignon, il atteint la saison dernière la finale du championnat d’Élite 1, la première division, perdue face aux intouchables Dragons catalans.

Un match à enjeu

De quoi contribuer à développer un sport qui n’est pas, et c’est surprenant, réservé aux sportifs en situation de handicap. « Les valides peuvent jouer, mais dans un fauteuil », explique Guillaume Mautz. Cependant, un système de classification empêche de présenter une équipe 100 % valide. Chaque équipe ne peut dépasser les 18 points, et un joueur valide compte pour 5 points. « Un amputé compte pour 4 points, et un paraplégique 1 point », précise Guillaume Mautz.

Les points sont attribués par une commission composée d’anciens joueurs et de joueurs actuels. « Ça permet de bien structurer ce sport », commente le Rochefortais. Un sport récent, encore en pleine mutation. D’ailleurs, « on parle de passer les équipes à six joueurs sur le terrain, pour limiter les espaces et les scores fleuves », poursuit Guillaume Mautz avant de glisser dans un sourire que son équipe avait gagné par 106 à 12 le week-end dernier.

Une large victoire, mais qui ne suffira peut-être pas pour décrocher quelque chose à la fin de saison. Les Avignonnais doivent en effet reporter leurs trois prochains matches pour s’assurer la deuxième place et se qualifier directement pour les demi-finales du championnat. Alors autant dire que la réception de Biarritz Aingirak Euskadi ce dimanche à Rochefort sera tout sauf un match amical, surtout que les locaux sont allés s’imposer largement au Pays Basque pour le match aller. « Cette année on a franchi un cap, affirme Guillaume Mautz. Perpignan, ce sont des machines, mais s’il y a une équipe capable de les contester, c’est Avignon. »

Aujourd’hui, le rugby à XIII fauteuil se développe, et « la Fédération française de rugby à XIII nous met bien en avant, pour les stages France on s’entraîne au Barcarès, au centre d’entraînement des valides », souligne le sportif, ravi de voir que « le handisport se développe, de plus en plus de gens y sont sensibles. » Il en veut pour preuve l’attitude de la mairie de Rochefort qui a accueilli très favorablement l’idée de délocaliser un match dans la commune. « Ça va nous aider à promouvoir ce sport et ses valeurs », se félicite Guillaume Mautz.

Un sport qui a besoin d’exposition pour attirer des sponsors. Car derrière le handicap se cache aussi une réalité financière : les fauteuils coûtent cher. Guillaume Mautz parle du sien comme un pilote parle de sa voiture. Quant au prix, il n’est pas éloigné de celui d’une voiture justement, un fauteuil d’entrée de gamme coûtant 2 500 euros et un fauteuil perfectionné, comme celui dont rêve Guillaume Mautz, près de 9 000 euros.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

SO Avignonnais XII Fauteuil - Biarritz Aingirak Euskadi, ce dimanche 3 mars à 15 heures à la halle des sports de Rochefort-du-Gard. Entrée libre et gratuite, buvette sur place.

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