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Publié il y a 3 mois - Mise à jour le 23.10.2022 - yannick-pons - 4 min  - vu 1633 fois

FAIT DU JOUR Machine à gagner, le RCN lorgne sur l'antichambre de la pro D2

Steeve Calligaro, Dolorès Orlay-Moureau et Nicolas Ricome pour le coup d'envoi du match contre Beaune (Photo Yannick Pons) - Yannick Pons

Six victoires pour autant de rencontres ! Un début de championnat de rêve pour les Nîmois du RCN. De l'ambiance à Kaufmann et du beau jeu en Nationale 2, la quatrième division française. Si les hommes de Guillaume Aguilar continuent sur cette lancée, ils pourraient atterrir dans l'antichambre de la pro D2, en Nationale plus tôt que prévu.

Alors qu’il reste 16 matches dans la phase de championnat, les Nîmois ont jusqu'alors fait carton plein notamment grâce à une victoire 40-16 au Stade métropolitain la semaine dernière. Hier soir, c'était les Bourguignons de Beaune, avant-derniers du classement, qui ont été martyrisés, sur une pelouse très abimée. Mais le chemin qui reste à parcourir est ardu. En effet, le championnat de France de Nationale 2 comprend deux poules et le RCN caracole déjà en tête de la poule 1 (France Est) avec 24 points dont 2 points de bonus offensif.

Les 3e, 4e, 5e et 6e de chaque poule disputeront des matchs de barrages avec les clubs de l’autre poule. Après quoi, les gagnants des barrages rejoindront les deux premiers de chaque poule, directement qualifiés pour les quarts de finale. Les matches se déroulent en aller-retour jusqu’en demi-finale et les deux finalistes seront admis en Nationale. Voilà pour le rappel du règlement. Après le football et le handball, pourquoi pas une troisième équipe nîmoise sous la lumière ?

Du côté de la présidence, la prudence est de mise

« La montée c’est notre objectif d'ici trois ans, indique Steeve Calligaro, directeur industriel d'une grande entreprise, et président du club depuis un an. La fin de cette saison c'est encore loin. Il reste au moins 20 matches. On a fait un bon début grâce à une excellente préparation et un bon recrutement. Les grosses écuries, comme Aubenas qui descend de Nationale, ont beaucoup remanié leurs équipes et seront bientôt compétitives. » Il mise sur la prudence. Selon lui, huit équipes peuvent prétendre à se glisser dans les six premiers et atteindre les barrages. Avec notamment Mâcon, Aubenas, Dijon, Marcq-en-Barœul, Vienne et la surprise Bédarrides...

Jusqu'où le RCN ira sur cette lancée ? (Photo Yannick Pons) • Yannick Pons

De plus, le RCN, composé de 13 professionnels et de 26 joueurs pluri-actifs, manque de profondeur et risque l’essoufflement. Si le Sud-Africain Kyle Bowman, demi de mêlée de 24 ans, viendra renforcer l’équipe dès que les formalités administratives seront réglées, il n’y a ​pas d'autre recrutement en vue. "On voit que sur les premiers matches de championnat, sur les 15 titulaires, on doit avoir 10, 12 joueurs qui étaient là la saison dernière. Finalement, quand on prend les quinze de départ entre l’année dernière et cette saison, il n’y a pas d’énormes changements", lance le coach de l'équipe première, Guillaume Aguilar. Un entraîneur qui a démarré une phase d'entretiens individuels avec chaque joueur. La stabilité serait donc la clé de la réussite avec un effectif qui s'était déjà illustré en fin de saison dernière en se hissant jusqu'en demi-finale lors des playoffs de Fédérale 1.

Professionnalisation en marche

Une photographie instantanée précise du groupe existant a été initiée afin de mettre en place une feuille de route orientée vers le passage au professionnalisme de douze joueurs de plus. « Pour être compétitif en Nationale, il nous faut 25 joueurs professionnels. Cela passera par des recrutements mais aussi des joueurs amateurs du club qui pourront passer pro. La performance sur le terrain est intimement liée à la charge de travail. Tous les joueurs suivront au minimum 15 heures d'entraînement par semaine », indique le manager. Des conditions qui illustrent que monter dès cette année serait peut-être précoce pour le RCN qui vise d'abord de jouer les phases finales pour acquérir de l'expérience avant de se présenter comme un candidat sérieux à l'accession dès la saison prochaine.

Du côté des infrastructures, « le stade Kaufmann est vieillissant » pour reprendre les paroles du maire lui-même. Un problème de taille se pose selon Steeve Calligaro, la capacité à recevoir dans de bonnes conditions des partenaires et un public toujours plus présent. L’espace partenaires de 200 m2 est devenu très étroit avec plus de 350 personnes à accueillir pendant les matches. La direction a initié une démarche de structuration sur l’ensemble des secteurs du club (communication, sportif, formation, club entreprise...) et souhaite consolider son secteur marchand. Mais la progression du club, désormais conditionnée à sa capacité d’accueil et d’organisation des évènements partenaires, est en suspens.

Soutien inconditionnel de la mairie de Nîmes

La tendance des subventions reste plutôt baissière en ce moment. La commercialisation du produit "RCN" est presque terminée et le budget de la saison 2022-2023 sera de 2,05 millions d’euros dont 1,05 million de partenariat privé avec 270 entreprises. "Nous avons augmenté la part du privé dans notre budget total, et si la mairie tient ses promesses, nous aurons un peu plus de 2 millions d’euros de budget cette saison et tout ira bien", indique l'industriel qui ajoute : "La mairie est un partenaire fidèle du sport en général et du Rugby Club Nîmois en particulier au travers de Jean-Paul Fournier. Nous avons échangé avant que la montée sportive soit actée et l’ambition est partagée. Les promesses faites seront tenues je n’en doute pas".

La mairie de Nîmes a octroyé cette saison 375 000 € ainsi qu'une rallonge exceptionnelle de 50 000 € pour suivre l'évolution de la masse salariale ces six derniers mois. Le club de rugby nîmois aimerait voir cette subvention reconduite et augmentée à terme pour répondre à ses ambitions. Le président explique qu'il faut un budget total de 2,5 millions d'euros afin que le club soit légitime en Nationale, à ce moment-là la ville de Nîmes sera donc à nouveau sollicitée pour mettre la main à la poche. Mais c'est d'abord le terrain qui rendra son verdict en fin de saison.

Yannick Pons

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