Objectif Gard : Vous présentez votre deuxième seul en scène à Nîmes, Un monde hostile (pour un cœur tendre). Quel bon vent vous amène ?
C’est dans le cadre de ma tournée. Je fais quasiment toutes les régions de France. Là, je suis dans ma deuxième année de tournée. Il reste une vingtaine de dates donc c’est la fin de ce spectacle. Je n’étais pas encore passé par Nîmes. Je n’y avais pas joué mon premier non plus, c’est vraiment une première pour moi. J’y suis venu en vacances quand j’étais petit parce que mes parents adoraient la région. Ça me rappelle des choses très positives, le soleil, la chaleur.
La passion qu’avaient mes parents pour l’histoire. La Maison Carrée, les Arènes, on n’a rien raté. Quand on arrive dans ces lieux chargés d’histoire, on a l’impression d’être dans un autre pays. Moi je venais de Bretagne, je vivais en pleine campagne. Quand on voit des monuments comme ça, qui rappellent la grande Histoire, c’est assez impressionnant.
Vous venez justement de Bretagne. Comment êtes-vous arrivé à la radio puis à la scène ?
Au début de mon parcours, j’adorais la radio. J’en écoutais énormément à l’époque des libres antennes. J’ai commencé comme bénévole dans des radios associatives pendant des années. De fil en aiguille, j’ai fini par être payé, puis par arriver sur des radios professionnelles. Le spectacle est venu aussi comme ça. À chaque fois, ce sont des propositions de gens qui me disaient d’essayer autre chose. Monter sur scène, écrire un livre. J’ai tendance à dire oui, à tenter les projets. La scène est venue naturellement, comme la suite logique de la radio. Mon livre raconte l’histoire d’un ex-rockeur un peu star des années 70, rattrapé par des histoires de mœurs de l’époque où tout était permis. Il est isolé dans une cabane au fond des bois parce qu’il a été « cancelé ». Et un producteur l’appelle pour organiser une tournée d’artistes « cancelés ». C’est l’idée de base.
Quelle différence entre être seul derrière un micro et seul sur scène ?
Ce sont des métiers solitaires. Une fois que c’est vous qui parlez, vous êtes seul. La différence, c’est qu’à la radio on peut parler à des gens qui ne vous connaissent pas forcément. Sur scène, ce sont des gens qui vous connaissent un peu. On peut aller dix fois plus loin, parce qu’il y a une complicité. On a une liberté énorme. Et en fait, on n’est pas seul sur scène, parce que le public fait partie du spectacle. C’est un vrai échange. Les gens me parlent aussi pendant le show. On joue une partition ensemble.
Vos textes sont très travaillés. Comment écrivez-vous ?
Je préfère que ça vienne de moi. À l’antenne, c’est vraiment moi. J’écris un peu ce qui me passe par la tête. Je ne fais pas très attention au style, mais je pense qu’il est venu naturellement à force d’écrire. J’aime la langue française, j’essaie de jouer avec. Pour les chroniques, j’écris la veille, volontairement un peu plus que nécessaire, puis je coupe le lendemain. Souvent, on vire le quart du papier. Il faut de la régularité. Même en vacances, garder une demi-heure pour écrire. Sinon on casse le rythme. C’est une passion.
Votre premier spectacle s’intitulait Tanguy Pastureau n’est pas célèbre. Et aujourd’hui ?
Je suis toujours moyennement célèbre. Connu des auditeurs de France Inter et de quelques téléspectateurs. Je peux me promener dans la rue sans problème. Devenir une superstar, c’est compliqué à gérer. On n’a plus la même vie. J’aime bien garder une forme de tranquillité, d’anonymat. Pouvoir me promener où je veux, partir en vacances où je veux.
À quoi peut s’attendre le public nîmois le 6 mars ?
Je parle de la violence du monde. De tout ce qui nous assaille. Ça va des groupes WhatsApp avec mille messages par jour au harcèlement scolaire que j’ai connu au collège. J’apporte un élément personnel. L’idée, c’est d’arriver à rire de ces éléments négatifs, d’en faire quelque chose de marrant et d’optimiste. Oui, la vie est parfois difficile, l’actualité peut être sordide, mais demain ça ira sans doute mieux. J’essaie d’adoucir le propos. J’aime parler de ce qui se passe dans la société aujourd’hui, même si ce sont des sujets angoissants.