Publié il y a 1 an - Mise à jour le 24.08.2022 - francois-desmeures - 3 min  - vu 1444 fois

FAIT DU SOIR EN IMAGES Bessèges : le parcours du MIAOU s'enrichit de cinq fresques supplémentaires

Quatre artistes du collectif Lettres capitales ont réalisé en 2020 cette fresque qui reprend les codes des affiches des années 70 (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"La Femme forte" de Sancko Black, réalisée cet été sur un mur du côté de la mairie (photo François Desmeures / Objectif Gard)

La quatrième saison de street art sur les murs de Bessèges a donné lieu à cinq nouvelles réalisations, ce qui porte à 34 le nombre de fresques peintes sur les murs de la ville. Un parcours dans la ville qui commence même à intéresser le Parc national des Cévennes. 

Après 45 ans à imprimer des estampes, Bruno Jacomet a pris ses cliques et ses claques, quitté Avignon, direction les Cévennes et les tarifs immobiliers abordables de Bessèges. Mais pas question de s'enterrer. "On s'est dit, avec ma femme, pourquoi pas tester un dernier coup ? À Bessèges, j'ai vu tous ces murs, tous ces logements ouvriers." Et là où le commun des mortels voit un mur, lui et sa femme, Mathéa, imaginent un champ d'expression libre pour une fresque de rue. Ainsi naît le MIAOU, musée intercommunal d'art ouvert et urbain.

"Le Bateau" de Nubian, dans la rue Gambetta, a été réalisé en 2020. Il rappelle que Bessèges a longtemps fourni en charbon la marine militaire (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"On a réfléchi au projet, rencontré la municipalité. Ils ont tout de suite dit oui tout en nous expliquant qu'ils n'avaient pas un rond, rembobine Bruno Jacomet. Pas grave, on voulait juste qu'ils nous prêtent la nacelle." Une belle histoire est aussi faite de hasards : "La première année où on habitait ici, un collectif d'artistes était, ici, en résidence. Et, le dernier jour, ils voulaient peindre des murs. Le maire a dit oui et il se sont attaqués aux murs municipaux."

L'historique "Espirito Volatile", d'Adec et Nobi, parmi les premières réalisations de 2018, sur l'usine À Tout bois cœur (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Après quatre saisons, les œuvres sont donc au nombre de 34 et figurent, en taille réduite, sur les plots face à la mairie, tel un catalogue, permettant une vue d'ensemble avant de se lancer dans le parcours qui offre aussi une visite de la ville et de ses cités ouvrières. Trois nouvelles fresques seront réalisées à l'automne à Bessèges et deux devraient gagner les murs de Molières-sur-Cèze, le MIAOU justifiant enfin son intitulé de musée intercommunal.

Ici, deux étés de création se côtoient : "Pinceau sur la ville", à gauche, de FAO et Grumo, a émergé en 2021, alors que "Le futur c'était mieux avant", de Grumo, avait pris place rue Baptiste-Marcet dès 2020 (photo François Desmeures / Objectif Gard)

L'association, après avoir conventionné avec la commune, l'a également fait avec les bailleurs sociaux présents dans la ville (Logis cévenols, Un toit pour tous), "et bientôt avec Enedis, pour l'utilisation des transformateurs électriques", même si celle-ci a déjà commencé. Et même si les murs sont nombreux à Bessèges, il est parfois difficile de retrouver un propriétaire pour lui demander une autorisation. C'est pourquoi, "tous les 5-6 ans, on fera tourner 4 ou 5 œuvres, de manière à ne pas toujours avoir les mêmes". Et puis certains murs envisagés se ferment. La résidence le Mahistre avait de quoi recevoir des fresques mais, prochainement, une isolation extérieure doit être posée.

La résidence le Mahistre a reçu, cet été, la fresque "Spectrale", de No Luck. Dans la perspective, "13h12", du Studio Wha.t, a été installée en 2021 (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Plus surprenant, devant la masse d'œuvres déjà disponibles et l'engouement ressenti, le Parc national des Cévennes envisage d'intégrer le parcours en tant que chemin de découverte du Parc. "On a même réussi à faire venir la commission culture du Parc ici, à Bessèges", s'émerveille Bruno Jacomet en riant. Le succès commence même à dépasser le MIAOU. "On nous sollicite pour des choses qui ne sont pas encore à notre taille, comme le décor de la voie verte." Des travaux qui seraient, cette fois-ci, financés alors que les artistes viennent, pour l'instant, bénévolement.

"Guinéenne", de Bella, jeune migrant qui a découvert le dessin en débarquant en France en 2017. Cette première murale, pour lui, rend hommage à sa mère (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Sous l'effort de personnes très diverses - artistes, entrepreneurs, artisans - Bessèges est en train de changer de vie et d'image depuis quelques années. Les fresques, évidemment, donnent aux rues grises de crépis anciens une tonalité qu'elles n'avaient pas connue depuis fort longtemps. À terme, la commune pourrait bien être connue pour ses couleurs chatoyantes, en plus de ses briques rouges.

François Desmeures

francois.desmeures@bjectifgard.com

"Quand je serai grand" ou "La Baleine" a été peinte par l'Insecte, en 2020, sur la place de la Cèze (photo François Desmeures / Objectif Gard)

La fresque "Sine Nomine"a commencé d'être peinte le 18 juillet dernier, par Yoldie, à la résidence Lalle (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"Eldena, Tenaïde et Theodas se baignent en eau douce", de Mathias Lelong, embellit la résidence Lalle (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"Imagine", de Tito et Mulk, peint en 2021 dans la rue Victor-Hugo (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"Le bonheur des choses simples" (2021) de Ted Nomad, place de la Cèze (photo François Desmeures / Objectif Gard)

"Les Chats", de Pablito Zago, sur la place de la Révolution, l'une des premières fresques posées en 2019, déjà sur un transformateur électrique (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Réalisée cet été, la fresque "Mascarade", d'Anselmo Ramirez, est placée sur le transformateur électrique situé face à l'école maternelle. Une sucette colorée pour la rentrée (photo François Desmeures / Objectif Gard)

François Desmeures

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