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Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 07.03.2019 - abdel-samari - 3 min  - vu 1116 fois

LE 7H50 Gilets jaunes : l'enseignant controversé Étienne Chouard répond aux polémiques

Photo DR

L'enseignant controversé Étienne Chouard, à la une de l'actualité depuis le mouvement des Gilets jaunes et promoteur du référendum d’initiative citoyenne (RIC), sera à Bagnols-sur-Cèze pour une réunion publique ce vendredi à 18h à la Pyramide du centre socio-culturel. Il est l'invité du 7h50.

ObjectifGard : Pour quelles raisons avez-vous accepté de participer à cette réunion publique dans le Gard ?

Étienne Chouard : Les gilets jaunes de Bagnols-sur-Cèze m'ont invité et la plupart du temps, j'accepte. Depuis un moment, je n'arrive plus à me déplacer partout mais, cette fois-ci, j'ai dit oui car ce sont toujours des bons moments, très fraternels.

Vous avez déclenché plusieurs polémiques dans les médias pour votre intérêt supposé à l’essayiste d’extrême droite Alain Soral et après vous être déclaré « complotiste » sur France Inter. Que répondez-vous ?

Pour les grands journaux de ce pays, je suis devenu l'ennemi numéro 1. Je ne suis pas le monstre que l'on décrit. C'est vrai qu'Alain Soral m'a intéressé à un moment donné mais, aujourd'hui, je n'en parle pas, ce sont les médias qui le font. Les gens qui me reprochent ma proximité avec Soral en font la promotion tous les jours. Ils devraient interroger celui qui leur fait peur. Tout cela ne sert qu'à me discréditer, à me tenir à l'écart à bon compte. Quelques mots clés infamants et, pendant ce temps là, on ne parle pas de l'essentiel : du contrôle du pouvoir, de la légitimité du peuple. Ce sont des sujets interdits.

Pourtant c'est bien vous qui avez dit être « complotiste » ?

C'est franchement marrant d'être accusé de complotiste par des gens qui passent leur temps à voir la main des russes partout. Ce sont des paranoïaques. De toute façon, le mot complotisme, ce n'est même pas dans le dictionnaire, c'est une accusation qui ne vaut rien. C'est vide de sens. Du coup, cela devient presque comme une légion d'honneur.

Revenons sur votre idée d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC). Comment l'imaginez-vous ?

C'est une institution démocratique qui est prévue dans une constitution anti-démocratique. Si les citoyens votaient réellement les lois, nous n'aurions pas besoin de cette disposition. Malheureusement, aujourd'hui, nous avons un petit nombre qui décide pour tous les autres. Moi, depuis plus de dix ans, j'organise des ateliers sur le sujet car je considère que c'est aux citoyens d'écrire les lois. Et cela marche très bien. Nous devons donc arrêter d'infantiliser le peuple par les élections où l'on fait croire que l'on peut redonner le pouvoir par la désignation, si l'on peut parler de pouvoir. On a ensuite des gens que l'on n'arrive pas à contrôler et qui s'en prennent à nos retraites, qui vendent nos aéroports, qui cassent le droit du travail... Avec une assemblée constituante, on s'émancipe de ces problèmes.

Un peu comme le préconisait Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière présidentielle ?

Je me sens très proche de la France Insoumise et de son programme à l'exception du refus de sortir de l'Europe. Il y a d'ailleurs des tas de gens de ce parti qui participent à nos réunions publiques et à nos ateliers. Jean-Luc Mélenchon fait remonter l’exigence d'un processus démocratique, des notions de contrôles... Mais tout cela infuse depuis des années et je pense ne pas y être pour rien. Je regrette peut-être que la France Insoumise ait reculé sur le tirage au sort de l'assemblée constituante qui devrait être intégralement citoyen. Il ne devait pas y avoir d'élus, c'est désormais le cas. On s'achemine vers une escroquerie populaire.

Un dernier mot sur les Gilets jaunes. Le mouvement semble s’essouffler, non ?

Il court surtout le risque de la division. Les Gilets jaunes subissent à l'heure actuelle l'intégration des partis politiques et des syndicats qui nous jettent les uns contre les autres. Ils empêchent le peuple d'avancer. Ils sont sûrement animés de bonnes intentions, mais le résultat est l'éparpillement. On s'éloigne de l'idée de départ et on fini par souhaiter uniquement la fin des privilèges des élus. Il faut rester concentrer sur le RIC. Ce mouvement est durable, il est très enthousiasmant. Je suis crevé mais heureux. Il s'est vraiment passé quelque chose d'historique.

Propos recueillis par Abdel Samari

Abdel Samari

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