Un investissement à la hauteur de l’enjeu. Alès, à travers la SAEM*, et en collaboration avec la Caisse régionale des Dépôts, vient de créer une foncière dont le but est d’accélérer les projets de cœur de ville, tant en termes de commerces que d’habitation. L’investissement initial de 8 millions d’euros, dont l’effet, à terme, sera "levier et démultiplicateur", doit permettre de "passer à une autre étape et se donner les moyens de travailler sur tous les domaines d’habitat et économiques, tourisme comme commerces", présente le président de la SAEM, Max Roustan. L'objectif est ainsi d'investir 40 millions d'euros dans les six à dix prochaines années, distillées en trois phases.
Deux tiers des investissements seront consacrés au logement et à l'économie et le tiers restant à l'acquisition et à la redynamisation de locaux commerciaux. Les rez-de-chaussée d’immeubles, le premier étage des Halles et leurs abords, la création d'espaces de coworking ainsi que la rénovation et la création de logements seront les premières cibles de ce programme, avec, par exemple, "la réhabilitation de l’ancien poste de police municipale, rue Albert 1ᵉʳ, en logements intermédiaires", confie le maire Christophe Rivenq.
Mille personnes à accueillir, 400 logements à créer
Aujourd’hui, la création de logements sur la commune tient pour deux tiers de la rénovation et pour un tiers de la construction : "On accueille 1 000 personnes supplémentaires par an, dont plus d'un tiers ont entre 20 et 40 ans. À 2,8 personnes de moyenne par logement, ça fait 360 logements à créer chaque année, d’autant plus qu’on constate que les Français quittent les grandes maisons en périphérie pour revenir en cœur de ville. Celui d’Alès est habité car habitable, cela doit rester ainsi, grâce à des rénovations comme celle de la Grand'rue Jean-Moulin", ajoute le président d'Alès Agglo, en charge du Programme Local de l’Habitat.
Patrick Martinez, directeur de la Caisse des Dépôts, spécialisée en foncières de cœur de ville depuis 2020, ajoute : "L’Occitanie est poussée par la trajectoire démographique. On a la chance d'être une région attractive, qui résiste à la baisse de la natalité, le territoire est passé de la résilience au développement. Mais il y a un risque de ne pas pouvoir bien accueillir. 220 000 Occitans ne sont pas en situation d'obtenir de logement social, il faut en créer."
"Le développement attire le développement"
Côté commerces, l’agencement du premier étage des Halles de l'Abbaye, portées par "une dynamique qui cartonne", est déjà dans le viseur, tout comme la valorisation de locaux commerciaux et l’adaptation à la consommation de demain, notamment pour les structures d’habilement : "Nous devons aider les entrepreneurs à s’installer et à prendre des risques plus confortablement, que ce soit en Quartier Prioritaire de la Ville, centre-ville ou en zone de NPNRU", affirme Christophe Rivenq.
Un accompagnement d’autant plus important qu’"un salarié = un logement", légitimant davantage le "système très agile" et global de la foncière : "Sans emploi ni logement, les territoires mourront. Le développement attire le développement, il faut le valoriser", prévient Patrick Martinez. Cette collaboration entamée en septembre 2024 a un horizon de 6 à 10 ans. "C’est le même système qu’avait mis en place Montpellier y a trente ou quarante ans, regardez où ils sont aujourd’hui, compare le maire. La collectivité doit porter et accélérer des projets, le privé ne peut pas tout faire, l'association permet l'amplification."
*La SAEM, présentation, investissements et statuts :
La SAEM'Alès (Société anonyme d’économie mixte d'Alès) a pour vocation de "soutenir le développement économique du territoire d’Alès Agglomération en facilitant l’implantation, la création et la croissance des entreprises", en réunissant économies privée et publique. Sur le bassin alésien, la SAEM a porté de nombreux projets, comme le centre thermal des Fumades, le bâtiment Inno’Santé et les pôles Oasis 1, 2 et 3.
Détenue à plus de 70 % par Alès Agglo, elle compte aussi à son capital la CCI, et désormais la Caisse des Dépôts. Cette dernière apporte 2,35 millions d'euros de fonds propres en deux segments, rentrant alors au capital et à la gouvernance de la SAEM à hauteur de 14 % pour apporter une "capacité à agir et rassurer sur le domaine bancaire" propre au privé. Elle obtient par la même occasion 43 % de la foncière créée.
L'augmentation de capital de la SAEM voit aussi Alès Agglomération et la Caisse d'Épargne Languedoc-Roussillon renforcer leur participation financière à hauteur, respectivement, de 300 000 euros et de 150 000 euros.
a pour vocation de "soutenir le développement économique du territoire d’Alès Agglomération en facilitant l’implantation, la création et la croissance des entreprises", en réunissant économies privée et publique. Sur le bassin alésien, la SAEM a porté de nombreux projets, comme le centre thermal des Fumades, le bâtiment Inno’Santé et les pôles Oasis 1, 2 et 3.
Détenue à plus de 70% par Alès Agglo, elle compte aussi à son capital la CCI, et désormais la Caisse des Dépôts. Cette dernière apporte 2,35 millions d'euros de fonds propres en deux segments, rentrant alors au capital et à la gouvernance de la SAEM à hauteur de 14% pour apporter une "capacité à agir et rassurer sur le domaine bancaire" propre au privé. Elle obtient par la même occasion 43% de la foncière créée.
L'augmentation de capital de la SAEM voit aussi Alès Agglomération et la Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon renforcer leur participation financière à hauteur, respectivement, de 300.000 euros et de 150.000 euros.
Zone économique des Prés-Saint-Jean :
Concernant la zone économique des Prés-Saint-Jean, dont la SAEM a aussi la charge, "la première tranche a trouvé preneur" pour septembre 2027, indique Christoph Pérez, le directeur général. Une première bonne nouvelle qui va permettre d'"amorcer" le chantier en septembre 2026, et devrait attirer d’autres sociétés, qui pourrait reculer devant la montée du narcobanditisme et du narcotrafic et la multiplication des fusillades dans le quartier.
Quatre bâtiments d'activités - trois en R+2 et un en rez-de-chaussée - formeront un ensemble économique de 5 400 m² (4 400 m² d’ateliers et bureaux + 1 000 m² de locaux de formation), comprenant une cinquantaine de bureaux et seize ateliers.