Publié il y a 1 an - Mise à jour le 14.09.2022 - corentin-migoule - 5 min  - vu 1158 fois

L'INTERVIEW Michel Sala, député de la 5e circonscription du Gard : "Les Français attendent beaucoup du rassemblement de la Gauche"

Michel Sala, député Nupes sur la 5e circonscription (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Depuis le 19 juin dernier, l'Insoumis a troqué son écharpe de maire de Saint-Félix-de-Pallières au profit d'un costume de député Nupes de la 5e circonscription - tout en restant conseiller municipal de sa commune -. Ce vendredi après-midi (17h) au Vigan, l'exception gardoise des dernières Législatives tiendra un point presse avec François Ruffin, député de la Somme, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Je vous écris du front de la Somme. S'ensuivra une réunion publique à l’auditorium du lycée André-Chamson au cours de laquelle des "solutions pour faire reculer l’extrême-Droite et pour élargir l’union populaire" seront esquissées. Interview.

Objectif Gard : Comment se passent ces premières semaines en tant que député et quels sont les principaux dossiers locaux sur lesquels vous avez été alerté ?

Michel Sala : Ça se passe très bien. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on a été sollicité. Ça a d'abord commencé par les écoles. On a dû intervenir auprès de l'Académie pour des suppressions de classes et de postes. Ça n'a pas été tout le temps positif. Après, il y a eu beaucoup d'interventions liées aux incendies. La flotte de Canadair de Garons est insuffisante et ça a été prouvé par la suite. On a été beaucoup sollicité par les agriculteurs autour de la sècheresse, en parallèle avec l'abattoir d'Alès, dossier sur lequel on essaie de travailler pour la pérennité de l'outil. De ce que j'ai compris, il y a ce problème d'un emprunt qui augmente considérablement (de 7 à 11 millions d'euros) au point que l'agglomération d'Alès est en difficulté. Je pense qu'on devrait avoir une discussion pour élargir les partenaires de cet abattoir, afin de transformer peut-être l'actuelle Société d'économie mixte en (SEM) en Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). Ça permettrait de faire venir d'autres collectivités et filières.

Pourquoi avoir choisi d'organiser un point presse ce vendredi en compagnie du député François Ruffin, lequel assure actuellement la promotion de son livre Je vous écris du front de la Somme ?

Son ouvrage est important car il pose la question de "comment élargir notre audience auprès des classes populaires de notre département ?". Car lorsqu'on analyse un peu les derniers résultats, on se dit qu'il faut renforcer notre action dans les campagnes, dans le milieu périurbain. François Ruffin pose ces questions-là, on s'est dit qu'il était intéressant de confronter ce qui se passe dans notre circonscription par rapport à ce qui se passe dans son département, la Somme. On va aussi débattre sur la question du travail. Aujourd'hui, les jeunes ont souvent des contrats précaires. On va réfléchir à comment faire pour que les gens puissent atteindre notre proposition qui est celle d'avoir un salaire minimum à 1 600 euros net et des minima sociaux rehaussés pour ceux qui ne travaillent pas ou juste à temps partiel.

Dans son ouvrage, François Ruffin évoque la dégradation - qu'il regrette - de la perception de la Gauche "du travail" au profit d'une Gauche "des assistés". Des propos en résonance avec la formule employée par le communiste Fabien Roussel (∗) il y a quelques jours lors de la Fête de l'Humanité à laquelle vous avez assisté. Comment réagissez-vous à ces mots ?

Je pense que Monsieur Roussel a eu des mots malheureux. Il est lui-même revenu en arrière en disant qu'à terme il ne voulait plus d'assistés, autrement dit qu'il fallait que tout le monde ait un travail. Mais il faut faire attention à ce qu'on dit, notamment en pleine montée du Rassemblement national. Les mots ont leur importance. La question sur la valeur travail, je ne comprends pas trop ce que ça veut dire. Je préfèrerais qu'on parle de la valeur DU travail. Fabien Roussel est allé sur un terrain très mouvant qui n'est pas le nôtre.

À l'échelle locale, la rentrée sociale approche et s'annonce brûlante. La CGT et d'autres organisations syndicales annoncent par exemple une manifestation le 29 septembre autour de sujets liés à l'inflation, les réformes de l'assurance chômage et des retraites. Vous serez évidemment à leurs côtés...

Tout à fait, on sera avec les syndicats le 29 septembre. C'est très important que le mouvement social se mette en action pour appuyer le travail qu'on mène au Parlement. Sans ce mouvement social, on n'y arrivera pas. C'est une conjonction du travail parlementaire et du travail sur le terrain qui nous fera avancer. Ce sont les prémices d'une proposition de marche à la mi-octobre contre la vie chère qu'on a faite, avec une grande mobilisation attendue à Paris.

S'il est toujours un leader naturel, Jean-Luc Mélenchon n'exerce plus de mandat. Il entretient le flou quant à son engagement politique dans les années à venir. Faites-vous partie de ceux qui pensent que l'avenir de la Nupes doit se bâtir autour de lui ? Ou avez-vous une autre préférence parmi les têtes émergentes de la Gauche ?

Très franchement, aujourd'hui, faire le casting pour trouver qui sera celui qui endossera le leadership de la Gauche est très difficile. Même s'il n'a plus de mandat, Jean-Luc Mélenchon est toujours là pour la France Insoumise. Il est toujours de bon conseil. Il aide beaucoup de mouvements. Je trouve que ses interventions en Italie auprès de petits partis pour essayer de sortir le pays de ce marasme ont été très intéressantes. Pour moi, la Nupes, ce sont des partis politiques qui s'organisent. J'espère déjà que la Nupes va vivre, car les Français attendent beaucoup de ce rassemblement de la Gauche.

À ce titre, comment cette union au départ de circonstance se matérialise de manière très concrète à l'Assemblée nationale ?

C'est un peu ce que j'ai dit à la Fête de l'Humanité, s'il y a une chose positive depuis le début de la nouvelle séquence parlementaire, c'est que les groupes de la Nupes ont voté tous ensemble quasiment tous les projets de loi qui ont été vus. Même si on travaille chaque semaine en intergroupes, on a déjà des textes mis en commun sur lesquels on va plancher, notamment le RIP (référendum d'initiative partagée, NDLR) proposé par les Socialistes sur la question des super-profits. Donc pour l'instant, à l'Assemblée nationale, le travail de la Nupes est commun et coordonné. Il n'y a plus qu'à concrétiser l'action politique de la Nupes pour la renforcer et assurer sa continuité.

Propos recueillis par Corentin Migoule

(∗) "La Gauche doit défendre le travail et ne doit pas être la Gauche des allocs et des minima sociaux"

Et aussi : Michel Sala annonce un grand rendez-vous de la Nupes le dimanche 9 octobre, de 9h30 à 12h, à Anduze (sans doute à l'espace Pélico), réunissant l'ensemble des partis de la Gauche. "C'est une première assemblée générale citoyenne de la Nupes qui en appellera d'autres", prévient le député.

Corentin Migoule

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