Depuis plusieurs années, le CFA Cévennes Formations d’Alès fait le choix de l’ouverture internationale pour ses apprenants. L’objectif ? Leur offrir une vision concrète des enjeux mondiaux, tout en renforçant leur autonomie, leur curiosité et leur esprit d’initiative. Ces voyages ne sont pas de simples séjours touristiques : ils s’inscrivent dans une démarche pédagogique où chaque visite, chaque rencontre, est l’occasion d’apprendre, de questionner et de s’inspirer. "On ne part pas pour le plaisir, mais pour grandir", résume Bilal El Atlati, président et fondateur de l’établissement. Et cette année encore, l’ambition était au rendez-vous : deux destinations, deux cultures, deux modèles économiques à découvrir.
Stockholm, l'innovation suédoise
Le voyage à Stockholm a marqué les esprits par sa visite phare : l'entreprise Spotify. Pour la première fois, les apprenants ont pu pénétrer dans les locaux du géant du streaming. Accueillis avec générosité, ils ont découvert les coulisses de l’entreprise, y compris la salle de karaoké où les artistes viennent s’enregistrer. Une rencontre avec les deux directeurs généraux mondiaux, présents pour célébrer les 25 ans de l’entreprise, a permis d’échanger sur les valeurs fondatrices de Spotify : le partage de la musique, la rémunération des artistes via les maisons de disques, et une philosophie où le profit n’est venu que bien après la création de valeur. "Jusqu'en 2018, ils ont fonctionné à perte, simplement pour partager la musique", explique Bilal El Atlati.
La visite de Volvo a également marqué les esprits. Les étudiants ont découvert que l’entreprise suédoise avait inventé la ceinture de sécurité… sans en déposer le brevet. "Ils voulaient que cette innovation profite à tous, sans en faire un business", souligne Bilal El Atlati. Une leçon de générosité et de vision collective qui a interpellé les jeunes. Le programme a également inclus des visites du palais royal, du hub d’Uppsala, et de l’université de Stockholm, où les apprenants ont été séduits par les formations proposées.
À Tokyo, entre tradition et modernité
Du 22 au 30 mai, 21 étudiants en licence pro Métiers de l’entrepreneuriat ont exploré la capitale japonaise. Leur périple a commencé par une ascension de 493 marches pour admirer le mont Fuji, avant de plonger dans l’effervescence de Shibuya Crossing, le carrefour le plus fréquenté au monde, avec 2 millions de passages quotidiens.
Une rencontre à l’ambassade de France a permis d’échanger avec Martin Baer, directeur du service économique, et le conseiller en charge de la région Occitanie. Les étudiants ont découvert le programme Business France et les opportunités offertes par les stages à l’étranger, comme le VIe (Volontariat international en entreprise), avec des rémunérations attractives – entre 2 000 et 2 500 € par mois au Japon.
Les visites se sont enchaînées : l’école 42 Tokyo, fondée par Xavier Niel, où les étudiants ont été reçus par Anthony Colas, responsable pédagogique ; le marché de Toyosu, le plus grand marché aux poissons du monde ; et Nissan, où Bernard Delmas a partagé sa vision de l’avenir de l’automobile, marqué par le partage et l’autonomie des véhicules. "Dans 10 ans, on n’achètera plus de voiture, on les louera comme des trottinettes", a-t-il expliqué. Pour clôturer le séjour dans la bonne humeur, une soirée karaoké, sport national au Japon, a été organisée avant de rentrer en France.
Un projet 100 % autofinancé
Ces voyages n’auraient pas été possibles sans l’engagement des étudiants. "Tous les projets menés tout au long de l’année ont permis de financer intégralement les voyages, on remercie également les entreprises qui nous ont aidés", précise Bilal El Atlati. Des actions qui ont permis aux apprenants de ne rien débourser de leur poche. Une fierté supplémentaire pour ces jeunes, qui ont également réalisé des interviews dans les rues de Tokyo pour comprendre les motivations des touristes – un exercice pratique qui a stimulé leur esprit d’analyse et leur ouverture d’esprit.
Et demain ?
L’expérience a été si enrichissante que le directeur envisage déjà de renouveler ces voyages. "La prochaine promo est déjà motivée pour récolter des fonds", explique-t-il. Les contacts établis à Tokyo et Stockholm ont ouvert des portes, et les entreprises locales ont été impressionnées par la curiosité et la maturité des apprenants. "Ils nous ont dit : à l’année prochaine !"
Une chose est sûre : ces voyages ont changé le regard des étudiants sur l’international. Plus de la moitié d’entre eux ont déjà exprimé leur envie de partir étudier ou travailler à l’étranger. "Ce ne sont pas des gens en rupture avec la France, mais des jeunes qui veulent voir ailleurs pour mieux revenir", conclut Bilal El Atlati.