Dès 9h30, le Stade Raphaël Pujazon a accueilli une matinée dédiée à l’insertion par le sport, intitulée « Sport et Santé : clés de l’insertion ». Organisée par le Département du Gard, la Direction Emploi Travail et Solidarité, et les Ateliers et Chantiers d’Insertion (ACI), cette journée a réuni 168 participants, dont 141 salariés de chantiers d’insertion et 27 animateurs et encadrants.
L’objectif est de proposer une approche ludique et sportive pour remobiliser des publics souvent éloignés de l’emploi, en s’appuyant sur les valeurs du sport : estime de soi, bien-être, et dynamisme. Magali Matton, chef de service insertion au Département, a souligné :
« Les personnes accompagnées dans l’insertion sont souvent en difficulté pour se lever le matin. Aujourd’hui, le sport est un moyen de les remettre en mouvement, de les rendre plus réceptives aux accompagnements vers l’emploi. C’est une étape essentielle pour retrouver un rythme de travail et une motivation. »
Diversité des ateliers et partenariats
Au programme, une dizaine d’ateliers variés ont permis aux participants de découvrir ou redécouvrir une activité physique adaptée :
- Sports collectifs (rugby, football, tchoukball, disc golf)
- Sports individuels (tennis de table, athlétisme, vortex)
- Sports adaptés (Boccia, cécifoot)
- Ateliers santé (CPAM pour les bilans de santé)
Carole Perrin, chef du service sport et jeunesse au Département, a insisté sur l’aspect inclusif de l’événement : « Nous avons aussi des ateliers dédiés au sport handicap, comme la Boccia ou le cécifoot, pour montrer que le sport peut s’adapter à tous, même en situation de handicap. L’idée est de créer de l’envie, de donner aux participants l’envie de poursuivre une activité sportive ou de rejoindre un club. »
Un public varié et engagé
Parmi les participants, 150 personnes issues des chantiers d’insertion du Gard ont pris part aux ateliers. Ces salariés, en contrat d’insertion, travaillent dans des domaines aussi divers que la pierre sèche, le repassage, la culture ou l’environnement. L’événement a aussi permis de fédérer les acteurs locaux : associations sportives, services départementaux et professionnels de santé ont collaboré pour offrir une journée complète, à la fois sportive et informative. « Beaucoup de participants ont apprécié cette matinée, certains ont même exprimé l’envie d’amener leur enfant vers le sport ou de pratiquer en famille », a témoigné Magali Matton.
Le Sport Adapté pour découvrir et inclure
À quelques centaines de mètres du Stade Raphaël Pujazon, le Stade Nelson Mandela a accueilli une Journée Sport Adapté, dédiée aux enfants en situation de handicap invisible. Organisée par l’association Entr’Ouvrir, en partenariat avec le Comité Sport Adapté du Gard (CDSA30) et la ville d’Alès, cette initiative visait à dédramatiser le handicap, sensibiliser les clubs sportifs et offrir aux enfants une chance de découvrir des activités adaptées à leurs besoins.
Cinq sports pour cinq opportunités
Au total, cinq sports adaptés étaient proposés aux enfants, skateboard, rugby, basketball, judo, et danse. Marine Cogoluegnes, présidente d’Entr’Ouvrir, a expliqué : « L’objectif était triple : faire découvrir des sports adaptés aux enfants en situation de handicap invisible, sensibiliser les éducateurs sportifs des clubs locaux à l’accueil de ces publics, et montrer aux parents que des solutions existent. Beaucoup de clubs ne se sentent pas formés pour accueillir ce type de public, alors qu’il y a une vraie demande. »
Ce matin, une trentaine d’enfants (une quarantaine sur la journée) ont participé aux ateliers, encadrés par des éducateurs spécialisés et des accompagnants. Parmi les structures présentes : IME Rochebelle, IME Artès, IMP Le Figaret (Saint-Hippolyte-du-Fort) et ITEEP des Cévennes.
Vers une meilleure accessibilité
« Nous avons besoin de groupes réduits et d’accompagnants formés, mais l’engagement des clubs est là », a ajouté Marine Cogoluegnes. « Certains clubs, comme l’Olympique d’Alès en Cévennes, ou le Rugby Club Cévenol, ont déjà des sections sport adapté, mais il manque encore des créneaux dédiés aux enfants. »
Céline Coppola, du service sport adapté du Département, a souligné : « Aujourd’hui, il y a des solutions pour les adultes, mais le sport adapté pour les enfants reste un vrai défi. Nous travaillons pour former davantage d’éducateurs et ouvrir de nouveaux créneaux dans les clubs. »
Un même élan pour des publics différents
Ces deux événements, bien que distincts, illustrent une volonté commune : utiliser le sport comme levier d’inclusion et de santé publique. Que ce soit pour remobiliser des adultes en insertion ou sensibiliser au handicap invisible, le sport se révèle être un outil puissant pour briser les barrières et créer du lien.
« Le sport, c’est bien plus qu’une activité physique. C’est une porte d’entrée vers l’autonomie, la confiance en soi et l’insertion sociale », a conclu Carole Perrin.