Un départ préparé depuis Nîmes
À la veille du départ, l’heure était aux derniers conseils, vendredi 29 mai, à la Maison de l’Europe de Nîmes. Dans les locaux, rue de la République, huit jeunes venus de Nîmes, de Lozère, de Petite Camargue et de Montpellier ont participé à une dernière session de préparation avant de s’envoler vers la Pologne. Leur destination : Gdansk, sur la côte baltique, pour quatre semaines de stage professionnel, du 30 mai au 28 juin 2026. Les secteurs d’accueil sont variés : petite enfance, animation, hôtellerie, vente ou encore milieu associatif.
Le projet est mis en œuvre par la Maison de l’Europe de Nîmes, en partenariat avec plusieurs structures d’accompagnement : Mission locale Nîmes Métropole, Mission locale Lozère, Mission locale Petite Camargue, Mission locale Montpellier Méditerranée Métropole et École de la deuxième chance Montpellier Port-Marianne. Ces huit jeunes sont accompagnés à Gdansk par la Baltic Academy of Education, dans le cadre d’un projet cofinancé par la Région Occitanie.
Une mobilité entièrement prise en charge
Au total, le budget annoncé pour cette mobilité atteint 36 000 euros. Il couvre le transport, l’hébergement, la restauration, les visites culturelles, une bourse de vie ainsi que l’accompagnement avant et pendant le séjour. « Tout le reste est déjà pris en charge », a rappelé Monika Oszmaniec, cheffe de projets stages Erasmus+ à la Maison de l’Europe de Nîmes. Avant le départ, les jeunes se sont retrouvés à plusieurs reprises pour travailler l’anglais, découvrir quelques bases de polonais, aborder la gestion des conflits, la citoyenneté européenne et créer une cohésion de groupe.
Pour les organisateurs, cette immersion doit permettre aux participants de gagner en autonomie, en confiance et en expérience professionnelle. « Les retours des groupes précédents montrent que c’est une vraie expérience de dépassement de soi », a souligné Monika Oszmaniec, évoquant aussi « la confiance », « l’autonomie » et la capacité à s’adapter à un nouvel environnement».
Des parcours différents, une même envie d’avancer
Autour de la table, les motivations se ressemblent sans être pour autant identiques. Joris, 23 ans, suivi par la Mission locale de Montpellier, a « sauté sur l’occasion » après avoir découvert les dispositifs de mobilité. Il voit dans ce départ une manière de « découvrir un nouveau pays » et de « gagner en confiance pour un travail à l’étranger ». Clara, 19 ans, accompagnée par la Mission locale Petite Camargue après avoir arrêté ses études en janvier, partira dans une école : une expérience cohérente avec son projet de reprendre une formation dans ce domaine. Anissa, 19 ans également, espère améliorer son anglais avant un BTS tourisme-hôtellerie. Muhamad, 24 ans, inscrit à l’École de la deuxième chance Montpellier Port-Marianne, y voit une étape vers son envie de voyager et de multiplier les expériences.
Pour plusieurs d’entre eux, ce sera aussi une première longue expérience à l’étranger. À la question de leur état d’esprit avant le départ, les mots « enthousiaste » et « curieux » sont revenus. Les jeunes disent vouloir découvrir « le pays, la nourriture, l’architecture, la ville » et, plus largement, une autre manière de vivre et de travailler.
Erasmus+, au-delà des étudiants
Cette mobilité s’inscrit dans le cadre plus large d’Erasmus+, souvent encore associé aux seuls étudiants. Le programme européen soutient pourtant l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, avec un budget estimé à 26,2 milliards d’euros pour la période 2021-2027 et un accent mis sur l’inclusion. Depuis son lancement en 1987, plus de 16 millions de personnes ont participé à Erasmus+.
En Occitanie, la Région porte aussi un dispositif de mobilité internationale pour les jeunes en insertion, avec le soutien financier d’Erasmus+. Il s’adresse notamment aux jeunes suivis par les Missions locales et les Écoles de la deuxième chance, afin de faire de l’ouverture internationale un levier d’insertion professionnelle, de développement des compétences et de lutte contre le décrochage. Michael Stange, directeur de la Maison de l’Europe de Nîmes, a insisté auprès des jeunes sur l’importance du partenariat et de l’accompagnement sur place. Son conseil avant le départ : ne pas reculer devant les difficultés. « Si vous rencontrez un obstacle linguistique ou interculturel, ne reculez pas tout de suite. Essayez de comprendre, essayez de le surmonter. Ça fait partie de l’apprentissage », a-t-il lancé.
Un bilan est prévu début juillet, après le retour des stagiaires.