Publié il y a 21 h - Mise à jour le 08.01.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 312 fois

AU PALAIS Arnaque à la fausse vente de véhicules : le prévenu dort en prison

Billets de banque, argent

Au total, plus de 180 000 € ont été soustraits aux différentes victimes du prévenu.

- Ibrahim Boran

Vingt-quatre victimes ont été escroquées par un vendeur de voitures malhonnête. Leur préjudice total s’élève à plus de 180 000 €.

Entre le 1ᵉʳ juillet 2021 et le 12 septembre 2024, ce n’est pas une ou deux, mais vingt-quatre victimes qui ont eu affaire à l’escroquerie bien ficelée d’Arnaud, le prévenu dans cette affaire. Se faisant passer pour un revendeur de véhicules en tous genres, le patron d’une société fallacieusement montée a convaincu de nombreuses personnes de lui remettre des fonds, sans jamais satisfaire leurs demandes. Véhicules jamais livrés, vans équipés qui tombent en panne au premier démarrage ou encore au kilométrage falsifié, ce patron aux prétendues méthodes douteuses comparaissait libre ce mardi 6 janvier, devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Au total, le préjudice de ses victimes s’élève à 183 000 €. Le piège démarre par une annonce de vente de véhicule postée sur Leboncoin par le prévenu, au nom de son garage automobile. Intéressées pour l’achat de tel ou tel véhicule, les différentes victimes ont ensuite rencontré Arnaud pour en effectuer la commande. À l’issue de cette rencontre, un acompte de 30 % du prix total est demandé aux clients. Parfois, l’acompte constitue même le prix total du véhicule commandé. Pourtant, nombreuses sont les voitures qui ne sont jamais livrées.

Un local qui à pignon sur rue

La société dirigée par le prévenu n’attire pas, au premier abord, les soupçons des différentes victimes. L’une d’elles, présente à l’audience, parle d’un local qui « à pignon sur rue », situé à Lunel. Autre élément rassurant pour les clients du prétendu revendeur : le capital social de la société s’élève à 2 millions d’euros. Une somme permettant alors de rembourser les différents clients en cas de problème. Cependant, le certificat de dépôt attestant de ce capital social a été falsifié. Au lieu des 2 millions d’euros, seuls 20 € ont été déposés par le prévenu et son associé pour monter leur société. Autre étrangeté : le prétendu siège social de la société est désigné comme étant localisé à une adresse qui n’existe pas. « Ça sent la fumisterie à plein nez », lance une avocate intervenant pour l’une des nombreuses parties civiles bafouées.

En-dehors des irrégularités constatées au niveau de la société du prévenu, ce sont également ses comptes qui interrogent le tribunal. Malgré les nombreux virements des différentes victimes sur le compte d’Arnaud, très peu de transactions prouvent que le prévenu achetait des véhicules pour les revendre à ses clients. « La majorité des achats, vous ne pouvez pas les prouver », lance Édouard Le Jan, président à l’audience. Une affirmation que le prévenu explique par le paiement en liquide de certains de ses achats de véhicules.

Belle maison et belle voiture

« L’escroquerie a été montée pour financer le train de vie de monsieur », lance une avocate des parties civiles. La victime présente à l’audience évoque d’ailleurs s’être rendue au domicile du prévenu pour obtenir le remboursement du van aménagé qu’il avait commandé auprès de lui, sans jamais être livré. Il raconte alors avoir constaté le niveau de vie cossu d’Arnaud. « J’ai vu une belle maison et une belle voiture devant », lance-t-il au tribunal. Des allégations que le prévenu réfute en évoquant qu’il se trouvait alors chez son ex-compagne. Intervenant pour sa défense, maître Fanny Crozel souligne tout de même qu’il y a eu « un certain nombre de clients satisfaits ». Elle rappelle alors que le prévenu n’avait pas pour but d’escroquer ces gens. D’autant que des fonds, prétendument destinés à l’achat des véhicules commandés, ont été saisis sur les comptes du prévenu dans le cadre d’une enquête pour suspicion de blanchiment d’argent.

Depuis son placement sous contrôle judiciaire, de nouvelles annonces ont continué à être publiées sur le compte Leboncoin du prévenu. Une action qui constitue une violation de ce contrôle judiciaire. Convoqué à une audience correctionnelle pour d’autres faits, lundi 5 janvier dernier, il ne s’est pas présenté. Face au nombre de victimes et à la somme du préjudice, Arnaud a été reconnu coupable des faits d’escroquerie. À ce titre et au vu de son comportement sous contrôle judiciaire, il a été condamné à une peine de 3 ans d’emprisonnement, dont une année avec sursis, au paiement d’une amende de 5 000 € et à une interdiction définitive d’exercer une activité commerciale. Quant au préjudice subi par les victimes, il en est reconnu responsable. L’affaire est renvoyée sur intérêts civils pour permettre son chiffrement exact. Concrètement, arrivé libre, le prévenu a été escorté à la maison d’arrêt pour effectuer immédiatement la partie ferme de sa peine.

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