Les cloches de l’église Saint-Jean-Baptiste ont sonné, ce lundi 6 avril au matin, à 9h. La messe s’y tenait entre ses murs. Une manière de réveiller en douceur les bagnolais, adeptes de la grasse matinée. Des sons pour rappeler au plus grand nombre, que Pâques reste une fête sacrée dans le Gard. En matinée, une dame âgée de 85 ans, a préféré acheter son pain et des spécialités salées, dans une boulangerie, rue Fernand-Crémieux. Cette année, elle fêtera Pâques toute seule. La toulousaine d’origine, installée depuis 60 ans à Bagnols-sur-Cèze, « alors qu’elle devait y vivre 3 ans avec son mari », décédé depuis, fait l’effort de sortir. Le soleil de plomb ne l’a pas refroidi.
Rodrigo Amorim non plus. Rappelez-vous, cet auteur né au Brésil, et installé depuis à Bagnols/Cèze, a profité du jour férié, pour faire un footing, dans les rues bagnolaises. Avant de repartir à grandes foulées, l’écrivain a donné son ressenti : « Pâques est une fête que je prends à cœur. Je cours avant de rejoindre des amis pour préparer le repas », confie-t-il, avant de remettre ses écouteurs et de se volatiliser.
Au bout de la rue, c’est un jour de chance, pour un couple de fleuristes. Depuis près de 30 ans, Frédéric et Laurence Voignier, maître-artisans chez « Aux fleurs de Provence », confectionnent des bouquets, à la demande et sur mesure. Pour Pâques, ceux-ci ne dérogent pas à la règle. Durant la matinée, des clients passent et repartent avec leur trésor à tiges. Le couple prend le temps qu'il faut pour les emballer.
Même un jour férié. Même un lundi de Pâques. Car être au service des bagnolais, qui veulent faire plaisir autour de soi, cela n’a pas de prix : « Nous vendons des plantes qui sont décorées, avec des plumes. Il y a des bouquets ronds, des petites plantes. À chaque saison, les gens ont des besoins en particulier. Ils viennent chez nous pour ajuster leurs demandes. Il s’est tissé des liens avec la clientèle », fait l’inventaire la fleuriste. Avant de donner une astuce pour que vos fleurs s’épanouissent : « Il suffit de bien les entretenir et de ne pas les mettre en pleine chaleur. Les pieds dans l’eau, c’est mieux », conseille-t-elle, dans un grand éclat de rire.
Dans leur commerce, les fleurs resplendissent, les couleurs s’assemblent. Cette harmonie a séduit une dame, venue récupérer son bouquet, le sourire jusqu'aux oreilles. Une preuve de plus, qu’à Pâques, les bagnolais et amateurs de fleurs, peuvent chérir leurs proches et leurs moitiés, avec une petite attention, souvent bien reçue.
Les roses sans les épines. Les premières pivoines, poussées dans le Var, pour voir la vie et le mois d'avril, en rose. Car les fleurs ne font jamais de mal. Au contraire. Elles vitalisent. Comme le chocolat, ce plaisir coupable, un lundi de Pâques.