Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 25.01.2026 - Yannick Pons - 3 min - vu 40 fois
CULTURE Le Réattu se réinvente, cinq expériences à vivre absolument
Julie Sarniento, chargée de médiation, présente le parcours
- @YP
Après quatre mois de travaux, le musée Réattu d'Arles propose un nouveau parcours qui présente ses collections et des pièces inédites dans un dialogue exceptionnel entre artistes, œuvres et époques.
Ça sent encore la peinture fraîche. Depuis le mois de décembre, le musée Réattu d’Arles a réécrit son Projet scientifique et culturel (PSC). Ce lieu magnifique propose une nouvelle présentation de ses collections, un dialogue constant entre artistes, œuvres et époques.
Mise en dialogue
Andy Neyrotti, responsable du pôle étude-conservation du musée Réattu, a confronté les époques, les artistes et leurs œuvres autour de cinq thèmes : revisiter l’Histoire, réfléchir le portrait, représenter le corps, réinventer le paysage, repenser les images. Les titres jouent avec l’allitération des préfixes « Re » et « Ré », en écho avec Réattu.
Le nouveau parcours suit une logique thématique. Les époques se croisent, les œuvres se répondent, les artistes également. Chaque salle fait apparaître un face-à-face tout en symbiose. Le public est invité à découvrir les résonances, et à mesurer les contrastes qui se cachent derrière les œuvres. Voici les cinq expériences à vivre absolument.
Christine Crozat se place au pied du Portrait d’Élisabeth Grange, fille de Jacques Réattu
• Photo Yannick Pons
Se rencontrer, à l’entrée
Réfléchir le portrait
Dès la première salle, l’installation Se rencontrer de Christine Crozat se place au pied du Portrait d’Élisabeth Grange, fille de Jacques Réattu. L’œuvre prend la forme d’un carré de paillettes de savon marqué par l’empreinte des pas de l’artiste, ou du spectateur qui observe le tableau accroché et à la sculpture sur socle, tout en rappelant l’histoire fondatrice du musée.
La Vision de Jacob de Jacques Réattu, peinte à Rome en 1792, dialogue avec Oda I, II et III de Javier Pérez
• Photo Yannick Pons
Voir le corps autrement, grâce au dialogue Réattu et Javier Pérez
Représenter le corps
Le parcours avance par grands thèmes et par échos visuels. Dans la section consacrée au corps, La Vision de Jacob de Jacques Réattu, peinte à Rome en 1792, dialogue avec Oda I, II et III de Javier Pérez, une série de 2008 en tirages numériques sur papier métallisé. Ce face-à-face fait circuler le regard entre étude académique, gestes de création et réinvention contemporaine des formes.
Se perdre dans un mur d’images, de la gravure aux chimigrammes
Repenser les images
Le musée Réattu a été le premier musée d’art en France à créer un département photographie, en 1965, et conserve aujourd’hui près de 10 000 tirages. Dans les salles dédiées à l’image, la sélection met en avant une photographie expérimentale et conceptuelle, où l’on croise un Auto-chimigramme de Pierre Cordier, des portraits-empreintes d’Annabel Aoun Blanco, ou encore les Miroirs de Venise de Jacqueline Salmon. Les images surgissent, se reflètent, se dérobent, disparaissent. Et cet autoportrait incroyable dans un double miroir en négatif, dans lequel on ne peut distinguer l'artiste. Trouvez comment il a fait et vous gagnerez des tirages !
Jacques Réattu, esquisse pour Narcisse se mirant dans les eaux de la fontaine Liriope, 1826
• @Musée Réattu
Le retour d’une œuvre emblématique
Repenser les images
Le parcours marque le retour d’une œuvre phare de Jacques Réattu. Narcisse se mirant dans les eaux de la fontaine Liriope, peint à Arles en 1826, impressionne par son très grand format (221 × 282 cm) et par son histoire. Fortement endommagée, la toile n’avait plus été montrée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Restaurée presque 200 ans après sa création, ce tableau enveloppe aujourd’hui le mur d’une salle consacrée aux images.
Le portrait traverse le musée du XVIIᵉ siècle à nos jours, en variant les formes et les statuts, intime, officiel, réaliste, fictionnel. Dans cette histoire, l’Arlésienne devient un fil rouge, notamment grâce à Élisabeth Grange, modèle privilégié, qui prolonge la galerie de visages liés à Réattu et à la mémoire du lieu. Plus loin, la série Arlésiennes de Katerina Jebb prises au scanner, sur un temps long, porté à bout de bras ! L’installation s’inscrit dans cette continuité, en lien direct avec la ville d'Arles et ses résonances patrimoniales.
La visite réserve d'autres surprises au spectateur attentif et curieux, disséminées au fil des pièces. À découvrir notamment cette salle dans laquelle Andy Neyrotti, facétieux, a placé une toile de Picasso à côté d’une toile de Marchand, sachant pertinemment que les deux artistes ne s'appréciaient pas, explique Julie Sarniento. Le dialogue s’installe ?
Il vous reste 80% de l'article à lire.
Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !
Votre abonnement papier et numérique à partir de 69€ pour 1 an :
Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com