« Nous sommes ici parce que tout le secteur social et médico-social est attaqué ». Mardi 10 mars, dès 11h, les salariés les plus remontés et volontaires, des Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques (DITEP), se sont retrouvés sous une tente, pour exprimer leur ras-le-bol, face à leur situation professionnelle, jugée précaire. Sur place, plusieurs corps de métiers étaient représentés : psychologue, infirmière, secrétaire de direction, éducateur, assistante sociale. Tous ont voulu faire bloc pour se faire entendre et améliorer leurs conditions de travail. Une manière à court terme, de s’occuper de la meilleure façon, d’une soixante de jeunes, de 10 à 21 ans, sous leurs responsabilités. La colère gronde dans les rangs face aux décisions prises et la politique suivie par la direction.
« On est dans des métiers qui deviennent précaires »
« Les employeurs du secteur, comme Nexem, expliquent qu’il faut s’adapter, qu’il faut faire des efforts, qu’il faut être « innovants ». Mais sur le terrain, leur innovation, on la connait : c’est moins de personnel, c’est plus de précarité́, c’est plus de pression sur les équipes. Et toujours la même chose : faire plus avec moins (…) Nous refusons d’accepter que l’accompagnement des plus fragiles devienne une logique comptable », fustige Franck Walther, éducateur spécialisé au sein de cet établissement dédié au médico-social. « On est dans des métiers qui deviennent précaires », insiste-t-il à notre micro. À bout de nerfs, ces salariés travaillant sur ce site de Sanilhac-Sagriès, ont fait des revendications, pour insuffler une nouvelle dynamique et pour repartir ensemble du bon pied.
« Sans équipes stables, il n’y a pas d’accompagnement digne »
Le co-secrétaire du syndicat Sud Santé Socio, a listé plusieurs demandes, au cours de sa prise de parole, pour améliorer leur quotidien au travail : « Des augmentations de salaires immédiates et massives, la reconnaissance de tous les métiers et de tous les diplômes, des embauches massives pour sortir du sous-effectif permanent. Des financements publics à la hauteur des besoins et la fin de la marchandisation du secteur ». Toutes ses demandes sont justifiées : « Sans équipes stables, il n’y a pas d’accompagnement digne. »
Lors de cette mobilisation, les salariés ont pu discuter entre eux et confier les difficultés ressenties. Le Mas Careiron d’Uzès était représenté, ainsi que l’ARTES Les Olivettes d’Alès. Des membres du collectif social du Gard, travaillant à l’IME La Barandonne à Pont-Saint-Esprit, ont également apporté leur soutien, tout comme un ancien éducateur à l’IME des Platanes à Nîmes ou encore un retraité du MAS Cavaillac. « Ils sont en train de détruire le social et le médico-social. Ils le détruisent à coups de restrictions budgétaires », a insisté Franck Walther, qui souhaite être le porte-parole d’une corporation au bord de l’implosion.
La grève s’est arrêtée à 14h. Le syndicat SUD Santé Sociaux, en accord avec le collectif Travail Social du Gard, se sont réunis, pour faire un bilan de la mobilisation à l’issue et pour évoquer l’avenir, car comme ils le rapportent : « Nos métiers ont du sens ».