La jeune mère de famille, âgée de 21 ans, a trois enfants. Ils sont tous placés sur décision de Justice. La maman a déjà été condamnée il y a quelques années pour des violences sur sa fillette de 7 mois. Elle avait écopé de 3 ans de prison, dont deux années avec sursis probatoire, pour avoir mordu sévèrement la joue de son enfant... Une blessure qu'elle gardera en permanence sur son visage.
La mère de famille est impliquée dans un autre dossier délictuel de "violence suivie d'incapacité supérieure à 8 jours, plus précisément 10 jours, sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime". Des faits qui remontent au 19 avril 2023 dans le huis clos de l'appartement nîmois, c'est cette affaire qui était abordée hier devant la cour d'appel de Nîmes. Le jour des faits, la jeune mère de famille se retrouve avec son mari et sa plus jeune fille, âgée de 25 jours seulement... "Un nourrisson dont le pronostic vital va être engagé. Le bébé a été hospitalisé, intubé, et opéré, sa langue ne tenait plus toute seule", détaille la présidente de la cour d'appel de Nîmes Nadine Mourret. Car si le dossier arrive devant la cour correctionnelle c'est que la mère de famille condamnée en première instance et en son absence le 13 novembre dernier a écopé de 5 ans de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Elle nie la moindre participation aux violences et accable même son mari à l'époque, des blessures infligées à leur enfant.
Car au départ ce jeune couple va avoir une démarche particulière. "Pourquoi vous n'avez pas appelé les secours immédiatement. Vous partez sur le balcon fumer une cigarette, puis promenez tranquillement le chien pour n'arriver à l'hôpital que plus de deux heures après", s'indigne l'avocat général qui demande la confirmation de la peine de première instance à savoir 5 ans de prison avec le retrait total de l'autorité parentale et de contact avec ses enfants.
Le couple a essayé au départ d'inventer une histoire accidentelle, "mais les médecins sont affirmatifs. Il s'agit d'un choc d'une extrême violence qui ne peut pas être accidentel", poursuit la présidente de la cour d'appel correctionnelle. "Puis le mari a voulu protéger sa femme, mais il y a un terrible antécédent quand même", indique le parquet général en faisant référence à la condamnation définitive de la mère de famille pour la morsure sur son bébé de 7 mois.
"Vous n'avez pas eu un parcours facile depuis votre naissance", nuance la présidente Nadine Mourret, en résumant la dernière procédure contre la jeune femme... " Vous et votre soeur jumelle avaient été exposées à des violences sexuelles". Puis la prévenue a connu à l'adolescence les foyers où elle aurait été violée à deux reprises selon son avocat.
"Son bébé est né avec trois semaines d'avance, elle pesait 3 kilos au moment des faits et ne mesurait même pas 50 centimètres. C'est ce nourrisson fragile et sans défense qui va avoir sa langue partiellement arrachée", plaide pour l'assocation d'aide aux victimes, maître Marion Deler.
"Il ne faut pas analyser ce dossier sur l'émotion ou le passé judiciaire, il faut prendre de la hauteur", enchaîne maître Olivier Bessode pour la jeune mère de famille. " L'affaire précédente colore ce dossier mais il ne faut surtout pas se laisser emporter par la facilité", " car des élements indiquent que le père a merdé et il le dit lui-même en procédure, alors qu'il donnait le biberon. Il dit lui-même ça a saigné alors que je donnais le biberon, il a eu une aggravation", poursuit l'avocat nîmois en faisant porter le chapeau au père qui n'a jamais été poursuivi dans cette affaire. L'avocat de la défense demande la relaxe de sa cliente. "Personne ne peut affirmer que le père ou la mère donnait le biberon. On ne peut pas écarter les aveux constants du père", conclut Maître Bessode.
C'est demain jeudi 12 mars que la cour d'appel rendra sa décision sur la culpabilité ou pas de la mère de famille...