Publié il y a 1 h - Mise à jour le 03.05.2026 - Corentin Corger - 3 min  - vu 317 fois

FAIT DU JOUR À Garons, le domaine Antoine Armanet devient Mas Rouvier

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Numa et Antoine 

- Photo Corentin Corger

C’est l’histoire d’un vigneron de 26 ans qui transmet son domaine à un jeune de 21 ans, arrivé il y a deux ans comme alternant.

En 2021, Antoine Armanet décide de racheter des terres, puis un bâtiment pour fonder un domaine viticole à son nom sur la commune de Garons. « L’ancien propriétaire m’a prêté gracieusement la cave pendant deux ans pour que je puisse me lancer », souligne le Manduellois qui dispose d’un domaine de 18 hectares qui se distingue par une vinification plus naturelle avec aucun produit extérieur utilisé autre que le raisin. Une partie des vignes se trouve en AOC Costières de Nîmes et l’autre en IGP Gard.

« On propose des vins modernes adaptés aux nouveaux styles de consommation », commente Antoine qui est passé de 17 000 bouteilles vendues la première année à 45 000 en 2024. Une belle évolution avec des ventes partout en France et un peu d’export en Europe de l’Est même si 60 % du volume reste dans le Gard et l’Hérault. « On est une vraie anomalie dans la région car dans certains restaurants très réputés, on est parfois la seule référence de Costières de Nîmes », salue l’intéressé.

"Je ressens une certaine saturation"

Après quasiment cinq années intenses, ce dernier a ressenti une certaine lassitude : « J’ai envie d’un changement de vie, je me suis impliqué très jeune dans le domaine. C’est extrêmement prenant et exigeant, je ressens une certaine saturation et j’ai le sentiment d’avoir atteint un plafond de verre. Je ne me vois pas amener le domaine plus haut que ça, pour moi le challenge est réussi. » Mais pas question que l’histoire viticole de ce site s’arrête.

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Les dernières bouteilles Domaine Antoine Armanet • Photo Corentin Corger

Une transmission entre passionnés qui débute il y a deux ans lorsque Numa Rouvier Fombonne insiste pour intégrer le domaine en tant qu’alternant. « Il était venu avec un copain pour une dégustation et derrière il n’a pas lâché l’affaire. J’avais eu une très mauvaise expérience auparavant. Mais sa détermination a fait que j’ai voulu le prendre pour lui donner sa chance », se souvient Antoine. Numa s’implique également sur la partie commerciale. Et lorsqu’il apprend que son patron souhaite se séparer du domaine, il décide de se porter candidat.

"Je veux garder l'état d'esprit de la maison"

« Au départ, je n’y avais pas pensé. Mais ça me faisait bizarre d’avoir bossé ici durant deux ans, tout connaitre par cœur et voir tout ça s’arrêter du jour au lendemain », confie ce jeune homme de 21 ans, originaire de Beauvoisin et qui a grandi dans les vignes de son grand-père. Dans un contexte où il est de plus en plus difficile de transmettre un domaine viticole, Antoine a décidé de faciliter cette reprise comme on l'a fait pour lui au départ. "Il achète les outils et la vinification et en attendant qu’il puisse tout racheter, je garde les terres", précise Antoine qui a également prévu d’accompagner son ancien alternant jusqu’à la fin de l’année pour une transmission en douceur au sein d’une structure saine.

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Le domaine est situé à Garons près de l'aéroport  • Photo Corentin Corger

« Je n’aurais pas arrêté l’aventure si je n’avais pas eu Numa, c’est une vraie fierté de lui transmettre le domaine. Dans cinq ans, j’espère que ses bouteilles se vendront à l’international », complète le désormais ex-gérant. Ainsi, les dernières bouteilles siglées Antoine Armanet sont encore à la vente pour liquider le stock restant. Pour déguster une dernière fois cette cuvée, deux week-ends de dégustation sont organisés au domaine les 30 et 31 mai et les 13 et 14 juin (de 10h à 19 h) s'il reste encore des bouteilles. Et le 19 juin, Antoine organise une dernière soirée intitulée « Millésime ».

Dès que le stock du domaine Antoine Armanet sera écoulé, place ensuite au Mas Rouvier avec de nouvelles saveurs. « Il y aura forcément une différence mais je veux garder l’esprit de la maison », confie Numa car chaque vigneron a un palais différent. Avec une mise en bouteille en juin, le repreneur veut débuter la commercialisation dès début juillet pour éviter une rupture auprès des clients. Ces dernières années, le domaine a vu ses parts de marché fortement augmenter sur le vin blanc. Une belle histoire de transmission afin de permettre à Numa de poursuivre le travail réalisé par Antoine et de continuer à faire rayonner le vin gardois.

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