Inoubliable, c'est sans doute ce que se diront les 12 000 fans qui ont le privilège d'assister hier soir au concert de Katy Perry, pour la première fois, dans des arènes de Nîmes pleines à craquer. Après sept ans d'absence en France, la star de la pop des années 2010 est de retour pour six dates dont une dans la capitale gardoise. Une venue exceptionnelle pour celle qui a vendu 70 millions d'albums et figure parmi les 15 artistes les plus écoutés au monde sur la plateforme Spotify (90 millions d'écoutes mensuels).
Pour chauffer le public, c'est d'abord Ruel, l'une des figures montantes de la pop australienne, qui a pris le micro. "C'est le plus bel endroit dans lequel j'ai joué !", a déclaré le jeune blondinet de 23 ans avec son tee-shirt apposé de l'inscription "Teenage Dream", en hommage à l'un des titres de la reine du soir et à son rêve qui se réalise. Et puis à 21h37 précises, elle a débarqué dans un décor de bureau avec un ordinateur, un smartphone, une bouteille d'eau, une plante et quelques livres. Sur la reliure de l'un d'entre eux, on pouvait lire Katheryn, le véritable nom de Katy Perry née Katheryn Hudson.
Justin Trudeau se régale dans la fosse
C'est sur le classique "California Gurls", datant déjà de 2010, que la Californienne a d'emblée mis le feu. Après "Teenage Dream", la foule scande en choeur "TGIF" sur le morceau "Thanks god it's friday" qui marche aussi le samedi ! Les KatyCats, noms donnés à ses fans, étaient déjà conquis, les paillettes, les chapeaux et les santiags étaient de sortie. La chanteuse, qui compte près de 200 millions d'abonnés sur Instagram, peut se targuer d'avoir à son actif une douzaine de tubes à l'image de "Chained to the rhythm".
Une énergie folle, le tout devant les yeux de son compagnon Justin Trudeau, ancien Premier ministre canadien et tranquillement en train de profiter du spectacle en fosse. Il y a deux jours, lors de Musilac à Aix-les-Bains, Katy Perry avait montré son amour pour la France en indiquant les buts des Bleus face au Maroc. Hier soir, elle a fièrement planté le drapeau français lors d'une chorégraphie tout en gestuel pour faire basculer son public sur une autre planète au moment de "Dark horse" et de "ET". Retour sur terre pour une petite danse électro et à nouveau une longue interaction avec le public.
La quadragénaire est heureuse sur scène, se sent bien dans sa peau et se moque désormais de son image. À trois reprises, elle n'a pas hésité à montrer son postérieur à la foule, tout en restant habillé bien sûr. Après son titre "Bon appétit", inévitable, elle s'est adonnée à un petit jeu avec les spectateurs. Ces derniers devaient reproduire des expressions du visage et étaient diffusés sur grand écran. Pour la deuxième partie du concert, l'artiste apparait dans une robe qu'elle portait il y a 18 ans, au début de sa carrière.
Bouteille géante et soirée mousse
Et oui, tous ses tubes ont bientôt 15 ans ! Mais à 41 ans, elle reste productive en interprétant notamment "Watch it Burn", sorti le 25 juin dernier, pour mettre littéralement le feu sur scène. Déchainée, l'Américaine fait la fête sur "Head will rolls", un son qui n'est pas le sien. "The One That Got Away" arrive, le répertoire continue d'être déroulé. Dans la fosse, un chanceux a le droit de voir Katy Perry prendre son téléphone pour faire un selfie. Place ensuite à un moment plus mélancolique avec "Thinking of you", guitare à la main.
C'est ensuite l'heure de retrouver les deux tubes qui l'ont révélé, "Hot n cold" et
"I kissed a girl" en 2008, sur son deuxième album. Entre les nombreux écrans sur scène et les animations uniques, il n'y a que les stars américaines pour proposer un tel show avec des danseurs survoltés. Katy Perry s'enferme dans la bouteille géante pour être portée par le public. Sur "All the love", la mère de famille rend hommage à sa fille Daisy, âgée de cinq ans, issue de sa relation avec l'acteur Orlando Bloom. Elle en profite pour faire passer un message à toutes les mamans.
Place à la dernière partie avec une version acoustique de "Roar", l'un de ses plus gros succès, pour rugir comme une lionne après avoir connu des moments compliqués. C'est l'heure du final avec le célèbre "Firework". Pas feu d'artifice mais un tube de crème solaire qui balance de la mousse sur les fans. L'icône finit son concert d'une heure et quarante minutes en apothèose. Les arènes sont debout après avoir rugi de bonheur, il est temps de remettre les fauves en cage.