Cette première séance plénière de l'année n'aura pas été futile. Le Conseil départemental du Gard s'est réuni ce vendredi matin pour définir son budget primitif 2026, à l'aube des municipales mais surtout dans un contexte politique national très décousu, où les subventions de l'État s'amenuisent. Adopté à la majorité, il promet de répondre à nouveau aux sollicitations des Gardois. Ce budget 2026 s'équilibre à hauteur de 1,3 milliard d'euros, soit augmenté de 46,2 millions d'euros par rapport à celui de 2025.
32 millions d'euros d'économies ont été réalisés dans le cadre de la préparation budgétaire. Concernant le budget d'investissement, Rémi Nicolas assure que 130 millions d'euros seront investis, notamment dans les routes et la mobilité (36,5 millions d'euros), dans les collèges (21 millions d'euros) ou dans l'eau et la valorisation (23,7 millions d'euros).
"S’il est un vœu que je souhaite voir s’accomplir cette année, c'est celui de continuer tous ensemble à servir encore plus fortement notre territoire, pour surmonter les crises d’aujourd’hui et les épreuves de demain", assure la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot. "Oui, notre situation financière s’est dégradée en 2023 et en 2024, mais pas par la prise de nos décisions. Cette situation s’est dégradée suite aux décisions de l'État, suite à toutes les demandes contradictoires de l’État", martèle-t-elle. Et ce, sans budget 2026 défini pour la France à l'heure actuelle.
Découpé en trois objectifs (soutenir et accompagner tous ceux qui en ont besoin, protéger la santé et la qualité de vie et relier les personnes et les territoires), il permettra entre autres de soutenir la réussite des jeunes (41,3 millions d'euros), d'agir pour lutter contre les risques (79,1 millions d'euros), de réussir la transition écologique (20,7 millions d'euros), de mener une politique d'insertion au service de l'emploi (199,7 millions d'euros) ou encore de faire du sport, la clé de l'épanouissement de chacun (5,3 millions d'euros).
La droite s'interroge
"Le département du Gard est confronté à la même équation que les autres départements de France. Des dépenses sociales et des contraintes en hausse, des recettes de l'État insuffisantes et une incapacité à lever l'impôt. En plus de ça, pas de budget national une fois de plus", regrette Valérie Meunier, conseillère départementale d'opposition. "Les investissements prévus pour 2026 reposent essentiellement sur de nouveaux emprunts et sur l'épargne, ce qui interroge sur la soutenabilité de l'ensemble de ces financements", ajoute l'élue alésienne, dont le groupe s'est abstenu.
"Nous constatons encore la hausse des dépenses et il est absolument impossible, à travers les éléments présentés, de connaitre avec précision les efforts réalisés sur les économies que vous affirmez", s'interroge également Philippe Ribot, président du groupe des Centristes. Robert Crauste, quant à lui, salue le travail de la majorité départementale. "En fonctionnement, l'augmentation des dépenses se limite à ce qui relève de l'incompressible. Des efforts soutenus sont déployés pour atténuer cette hausse et permettent d'envisager un objectif d'épargne brute de plus de 50 millions d'euros".
"Ce budget permet de continuer à agir correctement, la majorité départementale fait le choix de tenir le cap, dans un contexte national qui interroge", commente l'élu communiste Christian Bastid. "En 2026, les départements doivent toujours faire plus, avec une marge de manœuvre réduite. L'État ne compense plus, résultat : sur ses 1,3 milliard d'euros, une part croissante est contrainte, verrouillée. Les collectivités deviennent les derniers amortisseurs d'un système national sous tension. Ce n'est pas un choix local", répond Christophe Serre.
Enfin, la séance aura été également marquée par deux beaux hommages à Jacky Valy et Léopold Rosso, décédés au mois de décembre, et par une pensée aux victimes de Crans-Montana en Suisse.