Objectif Gard : Comment êtes-vous passée du comptoir du Bar des Oiseaux à la scène ?
Noëlle Perna : Je suis arrivée très jeune à Nice. Mes parents ont tout de suite eu le Bar des Oiseaux où je passais mes journées dès l’âge de 7 ans. Ainsi tout a commencé dans mon bar, où j’avais installé une petite scène. Puis il y a eu un feuilleton radiophonique sur Radio France Côte d’Azur. On faisait une chronique quotidienne sur l’actualité et Mado était déjà mon personnage fétiche. J’avais 32 ans. Mais petite, j’étais déjà un boute-en-train en classe. Et au Bar des Oiseaux aussi, bien sûr.
Mais qui est vraiment Mado et que vous permet ce personnage ? Mado a toujours la bouffaïsse ?
Mado était une cliente qui venait tous les jours. Tout le monde la connaissait. À l’époque, c’était un bar de quartier où il y avait des habitués. Je la refaisais pour faire rire les gens, tout simplement parce que je l’avais tous les jours sous les yeux et dans les oreilles. Elle était très volubile. Elle a existé, oui. Elle n’existe plus aujourd’hui.
Dans la vie, je suis assez discrète. Ce personnage me permet de me désinhiber, on va dire. Et Mado a toujours la bouffaïsse. C’est son ADN. Dans ce spectacle, elle en a même fait une chanson.
Après vingt ans de seule-en-scène, pourquoi ce cabaret collectif et que va-t-on y découvrir ?
J’ai vraiment senti le besoin de faire quelque chose de plus collectif, de plus collégial. J’ai choisi des artistes que je connaissais déjà, de mon fief, et avec qui j’avais travaillé à Nice dans mon bar et dans mon petit théâtre. C’est la suite de mon histoire. Ce sont des gens avec qui nous partageons la même culture.
Il y a Johanna Piraino, accordéoniste et comédienne, Cédric Tartaglino, comédien, et Stéphane Bébert, musicien au départ, que j’avais déjà fait jouer dans mon théâtre. Puis il y a une pièce rapportée beaucoup plus jeune, Microbe, qui a 30 ans et fait du breakdance. C’est un ancien champion de gymnastique acrobatique. Il apporte une touche plus moderne au spectacle.
Le cabaret est très festif. Il y a des numéros très différents. On peut passer de l’émotion à la poésie, au rire, au burlesque, au mime et à la musique. C’est un mesclun de plusieurs disciplines avec lesquelles Mado s’amuse. C’est aussi l’occasion d’ouvrir de nouvelles pistes pour elle et de surprendre encore le public, qui m’a vue seule pendant des années.
À 72 ans, comment vivez-vous ce nouveau challenge ?
Je crois que je m’éclate beaucoup plus. Après avoir porté seule des spectacles pendant vingt ans, je suis dans une phase où j’ai besoin de prendre du plaisir à faire les choses avec d’autres. Et puis j’ai 27 ans en ressenti ! En réalité, j’en ai 72, mais je ne les sens pas. C’est ça qui est emmerdant, il y a un décalage avec la réalité.
Mado aurait-elle pu être une amie de Madame Sarfati, le personnage d’Élie Kakou ?
Elle pourrait très bien l’être. Ce sont des gens du peuple, des gens ordinaires de la vie quotidienne. Du Sud, bien sûr. Il y a le côté solaire, l’accent, le franc-parler, la gouaille et les couleurs. Je n’ai pas connu Élie Kakou car je n’avais pas encore commencé ma carrière à l’époque. Mais j’aimais beaucoup les personnages campés, avec des univers. Effectivement, il a été l’une de mes sources d’inspiration.
Vous parlez de transmission. Comment vous voyez la suite de la carrière de Mado ?
Mon grand projet, c’est d’avoir un lieu à Nice, un genre de cabaret où je pourrais recevoir des artistes de ma région. J’ai une expérience nationale, je peux être un moteur et permettre à ceux de ma région de s’exprimer. Mon idéal, c’est ça. Mais malheureusement, j’ai encore trop de tournées. Ça viendra !
Infos pratiques
Mado fait son cabaret, mardi 11 août à 21 h 30 dans les arènes du Grau-du-Roi. Tarifs de 36 à 40 €, 33 € pour les comités d’entreprise. Réservations sur Shotgun, Ticketmaster, Fnac, France Billet et BilletRéduc. Renseignements au 04 66 51 12 12 ou au 06 69 69 51 63.