Publié il y a 1 h - Mise à jour le 07.08.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 68 fois

FAIT DU SOIR À la coopérative Origine Cévennes, on attend des oignons doux sains mais stressés

Thomas Vidal, directeur de la coopérative Origine Cévennes

- François Desmeures

La sécheresse laisse un point d'interrogation suspendu au-dessus de la récolte d'oignons doux des Cévennes. La coopérative Origine Cévennes, qui en commercialise l'immense majorité, a commencé à mettre au séchage et en frigo les premières récoltes. Son directeur, Thomas Vidal, s'attend à des calibres plus petits en raison du manque d'eau, et attend de se prononcer sur la qualité finale, même si l'année n'a présenté aucun problème sanitaire. Mais les 1 800 tonnes de la récolte 2025 ne devraient pas être atteints. 

"C'est facile, depuis la fin mai, il n'y a pas eu un jour à moins de 30 degrés." Comme tout le monde, Thomas Vidal, directeur de la coopérative Origine Cévennes à Saint-André-de-Majencoules, ne peut que constater le manque d'eau dans la vallée de l'Hérault. Que la préfecture a mis en niveau crise au niveau de la ressource en eau, ce qui interdit les arrosages. Des dérogations sont arrivées pour les producteurs qui n'ont pas d'eau en bassin, mais avec un niveau d'arrosage qui ne couvre pas les besoins alors que la canicule se poursuit. Il s'agissait de finir la récolte... 

Thomas Vidal, directeur de la coopérative Origine Cévennes • François Desmeures

"Quand la culture est stressée, on risque un impact sur le produit, craint Thomas Vidal, peut-être sur la conservation ou la couleur." Même si, cette année et malgré la sécheresse, "ç'a été une très bonne année du point de vue sanitaire. On n'a eu aucun souci de ce côté-là." Mais des territoires comme Sumène ou Saint-Martial ont encore plus manqué d'eau que la vallée de l'Hérault ou la vallée Borgne. "Les calibres vont être plus petits, annonce déjà Thomas Vidal. Pour la qualité, on verra à la fin du séchage."

"Cet hiver, on aurait retenu un petit peu d'eau, on n'aurait dérangé personne..."

Plusieurs centaines de kilos sont déjà stockées à la coopérative. "A priori, les tonnages seront réduits. Mais de combien ?", s'interroge encore le directeur d'Origine Cévennes. Et revient, évidemment, la question de l'eau, alors que la région a reçu plus de deux mètres de pluie au mètre carré cet hiver. "Depuis l'épisode de la cicadelle (en 2022, NDLR), tout le monde s'accorde à dire qu'on y arrivera en bloquant de l'eau de ruissellement. Cet hiver, on en aurait retenu un petit peu, on n'aurait dérangé personne..."

Les premiers oignons sont déjà rentrés pour finir d'être séchés puis stockés • François Desmeures

Début juillet, la sous-préfecture du Vigan a accueilli une réunion entre la profession et les services de l'État, dont la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). "On a rendu notre étude de faisabilité, qui fait état d'un besoin supérieur en eau. On nous demande désormais une étude de maturation... On a des projets clairement identifiés, avec des bassins semi-collectifs, exactement ce qu'on nous demandait (relire ici)." 

"Mais il faut porter des projets multi-usages, poursuit Thomas Vidal, en lien avec la lutte contre les incendies. L'enjeu est fort, ça devrait être une logique naturelle ! En PACA, ils ont des aides jusqu'à 90% des montants." Les producteurs d'oignons doux, avec les bassins existants, stockent déjà 24% de l'eau nécessaire. "Il faut qu'on fasse le maximum pour les soixante producteurs et les vingt salariés d'ici. Les oignons apportent 8 millions d'euros sur trois ou quatre vallées, et il n'y a pas grand-chose d'autre du point de vue économique."

"Le magasin est un soutien aux producteurs de la vallée et on voit une fidélité de la population locale"

"La coopérative, ça représente 35 hectares de surfaces cultivées, poursuit le directeur d'Origine Cévennes. En Alsace, pour un producteur d'oignons, c'est la taille de son jardin ! Quelque part, on est les LVMH cévenols de l'oignon", sourit Thomas Vidal, qui constate que les clients ne se démentent pas. "Ils sont dans les starting-blocks. On fait un produit d'exception, on doit maintenir ce standing." Preuve que l'engouement continue d'exister, "quatre-cinq jeunes sont venus s'installer et même des gens qui ont changé d'emploi. On voit que la dynamique est toujours là."

Des terrasses d'oignons doux, entre Saint-Martial et Sumène • François Desmeures

L'inquiétude est plus grande pour la récolte de pommes, qui auraient encore besoin d'eau. "Les arbres ont souffert, les arbres laissent tomber leur récolte quand il fait trop chaud. Qu'en sera-t-il de la maturation en septembre ? Pour la reinette du Vigan, il faut une différence de température marquée entre la nuit et le jour." Quant aux châtaigniers, les fruits donnent l'impression de n'avoir pas grossi depuis juin. 

Heureusement, le magasin de vente directe est une autre satisfaction de la coopérative, avec un chiffre en hausse en 2025. "On ne se plaint pas, confie Thomas Vidal, pour 90m2 de surface... Le magasin est un soutien aux producteurs de la vallée et on voit une fidélité de la population locale." Preuve de cet attachement, alors que le conditionnement des oignons et les premiers départs se feront entre les 20 et 24 août, en cette fin de semaine, des clients passaient déjà en boutique pour vérifier s'ils n'étaient pas déjà en rayon...

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