Objectif Gard : Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours du scrutin à Bellegarde ?
Juan Martinez, maire sortant de Bellegarde : J’espère que ça va le faire. Mais vous savez, je suis toujours inquiet. Déterminé, mais inquiet. Je reste prudent, parce qu’il faut que les gens viennent voter. J’ai le sentiment que les habitants ont du mal à entrer dans cette campagne municipale. Pourtant, les enjeux locaux sont importants pour la vie quotidienne. Mon souhait, c’est vraiment qu’il y ait une mobilisation.
Vous remettez votre mandat de maire en jeu. Que proposez-vous aux habitants pour l’avenir de la commune ?
Un centre de soins non programmés est en cours de construction. La santé est la priorité absolue. Il faut prendre soin de mes concitoyens. C’était déjà ma priorité, mais ça l’est encore davantage aujourd’hui. Ensuite, il y a la sécurité, avec la caserne de pompiers que je souhaite concrétiser. C’est un enjeu majeur pour notre territoire. Enfin, nous continuerons à préparer l’avenir en gardant une gestion rigoureuse des finances. Bellegarde est une commune particulière : nous avons tous les services en régie — l’eau, les crèches, le périscolaire, etc. Malgré cela, nous avons réussi à baisser les taux fiscaux de 14 % entre 2014 et 2020, puis de 13,33 % entre 2020 et 2026. Je veux poursuivre dans cette logique.
Bellegarde est au cœur de la Communauté de communes Terre d’Argence, que vous présidez. Le maire de Beaucaire, s’il est réélu, a fait de cette présidence sa priorité. Comment réagissez-vous ?
Sans présenter de programme particulier pour notre territoire, je vous le fais remarquer. Il commence surtout par critiquer la propreté. Pourtant, la propreté urbaine est bien une compétence de la communauté de communes. À Beaucaire, 17 agents sont affectés en permanence à la propreté sur les 27 que compte l’ensemble du territoire. Alors que la commune ne représente pas la moitié de la population. Nous avons aussi beaucoup investi dans le matériel, notamment les balayeuses : il y en a aujourd’hui trois en permanence sur Beaucaire. Les agents font du bon travail. Le problème, c’est que la ville n’a pas transféré la compétence liée aux incivilités. Elle a voulu la garder. Mais aujourd’hui, elle n’assume pas cette responsabilité : dépôts sauvages, sacs sortis hors horaires, incivilités du quotidien… Quand on accuse les autres, c’est souvent pour éviter de regarder ses propres responsabilités. Je ne veux accuser personne, mais je constate beaucoup de contrevérités et une certaine inaction sur la sécurité publique.
Concrètement, comment cela se traduit-il ?
Dans les autres communes, les habitants utilisent les déchèteries. À Beaucaire, les agents ramassent chaque jour entre 10 et 15 mètres cubes de dépôts sauvages. Et cela s’ajoute à la collecte des ordures ménagères et à la propreté urbaine. Donc non, la situation de Beaucaire n’est pas la faute de la Communauté de communes. Si le maire nous confie la gestion des incivilités, nous saurons nous en occuper.
La question de la santé reste une préoccupation forte pour les habitants. Le maire Nelson Chaudon dénonce un manque de considération pour les Beaucairois…
Nous avons créé une maison médicale dans un bâtiment qui était à l’abandon et l’avons transformé en une belle maison de santé. Mais toutes les communes rencontrent des difficultés pour attirer des médecins. On ne peut pas les obliger à s’installer quelque part. Ce sont eux qui décident. Nous faisons tout pour qu’ils viennent à Beaucaire, mais cela reste compliqué. L’image et la gestion de la ville comptent aussi dans ces décisions. Malgré tout, nous continuons à chercher activement des médecins.
Un mot enfin sur le développement économique. La mairie de Beaucaire se dit très proactive…
J’ai lu qu’il se félicitait de Prestige Park. Rappelons qu’il s’agit simplement d’un parking de voitures. Ensuite, il faut rendre à César ce qui est à César : le développement économique relève de la Communauté de communes. Nous avons valorisé et vendu le foncier économique. C’est nous qui avons accueilli le groupe Concerto Kaufman, qui a ensuite investi dans les plateformes Lidl, BC Pommes de Terre ou encore les Pépinières Toulemonde. Toutes les entreprises présentes dans ces zones d’activité sont là grâce au travail de la Communauté de communes. Au lieu de critiquer, le maire de Beaucaire devrait plutôt nous remercier. Ces projets apportent aussi des recettes à la commune via les taxes d’aménagement et les taxes foncières.
Le projet de Palais des Congrès, lui, n’a jamais vu le jour. Pourquoi ?
Parce qu’il a été bloqué par la mairie de Beaucaire. Ils ont mis énormément de temps à sortir un programme et n’ont jamais mis le foncier à disposition. En réalité, ils ne veulent pas que la Communauté de communes investisse à Beaucaire. Ils sont dans une logique partisane. C’est dommage, surtout pour les Beaucairois. De notre côté, avec les maires du territoire, nous continuerons à travailler dans une logique de coopération et de projets partagés.
Craignez-vous de perdre la présidence de la CCBTA ?
Je n’ai aucune crainte. Nous sommes cinq communes et la décision ne dépend pas que de moi. Je fais confiance à l’intérêt collectif plutôt qu’aux logiques partisanes. Mon seul objectif est que la Communauté de communes soit bien gérée, de manière efficace, afin de développer l’économie, les services publics et les aménagements sur l’ensemble du territoire.