Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.04.2026 - Propos recueillis par Norman Jardin. - 8 min  - vu 540 fois

FAIT DU JOUR Bruno Ferrier : « À Nîmes, pour le sport, tout est à refaire »

Bruno Ferrier, l'adjoint aux Sports à la ville de Nîmes.

- Photo : Norman Jardin

Le nouvel adjoint aux Sports de la ville de Nîmes fait un état des lieux des équipements municipaux, évoque le soutien aux clubs sportifs, mais également ses souhaits en termes d’évènements sportifs à Nîmes.

Objectif Gard : À quoi ressemblent les premiers jours d’un adjoint aux Sports ?

Bruno Ferrier : C’est d’abord une découverte des services et des hommes. Il faut trouver ses marques. C’est intense. Tout le monde veut me rencontrer. Il y a beaucoup d’attente. Le premier week-end, j’ai dû passer entre 15 et 20 heures sur le terrain. C’est fabuleux, on touche à tout et on voit tout le monde. Mais je ne suis pas seul, il y a Dimitri Pialat (conseiller municipal délégué aux Équipements sportifs) et Christine Pralong (conseillère municipale déléguée au Sport santé, au sport adapté et au handisport).

Quel est votre rapport au sport ?

De tout temps j’ai baigné dans les associations sportives. Je suis Nîmois et j’ai fait beaucoup de sport dans ma ville. J’ai pratiqué le judo, le karaté, le handball et finalement c’est le football qui a permis mon développement. D’abord au Gazelec, puis à Générac pour finir au Chemin Bas où j’ai été éducateur, dirigeant et président. Je me suis même retrouvé à faire l’arbitre pendant 22 ans au district Gard-Lozère.

« Il faudrait deux à trois mandats d’une politique volontariste »

Cette fonction d’arbitre vous a-t-elle mené à rencontrer Nicolas Rainville, un de vos prédécesseurs en tant qu’adjoint aux Sports ?

C’est un copain et on a beaucoup de valeurs communes.

Quelle est la philosophie de la municipalité en termes de sport ?

C’est d’être à l’écoute de toutes les associations. Tout le monde est à la même enseigne, tout le monde est le bienvenu. Le bureau est ouvert. On a trouvé des portes fermées pendant des années et maintenant le message est clair : vous pouvez vous exprimer.

Quelle est l’urgence de votre service ?

Les équipements sont dans un état de délabrement assez exceptionnel. Il en manque de partout et le budget ne nous permet pas de réhabiliter quoi que ce soit. On pourrait parler de plusieurs dizaines de millions d’euros pour mettre à niveau les équipements. Cela veut dire qu’il nous faudrait deux à trois mandats d’une politique volontariste pour nous mettre à niveau et je ne parle pas d’investissement. Il manque une piscine, une piste d’athlétisme et tous les clubs sportifs cherchent des créneaux.

« Aquatropic coûte 800 000 € chaque année à la ville et le toit s’écroule »

Comment allez-vous vous y prendre dans un premier temps ?

On va faire un audit financier des équipements. Ensuite, à la fin du mois de mai, on va faire visiter le stade des Costières aux médias pour découvrir ce qu’il en est réellement. Des investissements ont commencé avec l’ancienne municipalité qui a rénové les vestiaires du stade annexe et la grande salle de gymnastique. Nous ferons enfin un plan pluriannuel sur les investissements. Cela se décidera peut-être aussi au niveau de l’agglo.

Il y a le sujet des piscines que vous évoquez régulièrement.

Aujourd’hui Aquatropic coûte 800 000 € chaque année à la ville et le toit s’écroule. Allons-nous continuer longtemps à donner de l’argent ? Quant à Pablo Neruda, il faut la fermer l’été car le toit est une passoire thermique et les émanations de chlore et la chaleur rendent l’air irrespirable. Fenouillet a toujours des problèmes, n’aurait-il pas fallu la raser et en construire une autre ? On est dans une des villes les plus chaudes de France mais on ne peut pas se rafraîchir dans les piscines municipales.

Il reste Nemausa...

À Nemausa, le souci, c’est la gestion du prix, le fait d’être en DSP (délégation de service public) et les créneaux qui sont accordés aux enfants. Ils font peut-être avec ce qu’ils ont mais nous trouvons qu’ils ne font pas assez.

« Pendant trop longtemps, à Nîmes, on a fait du tape-à-l’œil »

La patinoire sera-t-elle ouverte cet été ?

Lorsque l’ancienne municipalité a décidé d’éteindre l’éclairage public de minuit à cinq heures du matin, pour des raisons économiques, elle en a profité pour fermer la patinoire à partir d’avril. C’est une question de 30 000 € par mois et pendant ce temps, il y a des centres aérés de la ville de Nîmes qui payent des cars pour aller à la patinoire de Montpellier. J’ai demandé au service d’étudier la possibilité de prolonger l’ouverture de la patinoire aux moins durant le mois de mai. Mais on se retrouve avec des capacités budgétaires très limitées pour l’année 2026 et nous ne sommes qu’en avril.

Sous l'ancienne municipalité, la ville s'est aussi dotée de la halle aux sports Ludivine-Furnon qui a été inaugurée en 2024.

À ce sujet, comment peut-on concevoir cet équipement sans parking et ne pas prévoir la venue de bus devant ? Au départ cette halle devait coûter 17 millions d’euros et à l’arrivée elle coûte 23 millions d’euros. Pendant trop longtemps, à Nîmes, on a fait du tape-à-l’œil.

Comment concevez-vous l’avenir du Parnasse, inauguré en 1993, et qui est vieillissant ?

L’USAM, qui est la principale utilisatrice du Parnasse, arrive au bout d’une logique économique. Si on n’augmente pas sa capacité et son confort d’accueil et si on ne crée pas des salles dédiées aux partenaires, le club va décliner petit à petit. L’idéal serait d’avoir une aréna. On peut rêver et tout se discute.

« Le retour aux Costières, c’est une nécessité économique pour Nîmes Olympique »

L’état des lieux que vous dressez laisse-t-il présager de nombreuses dépenses de réhabilitation ?

À Nîmes, pour le sport, tout est à refaire. Nous allons faire un plan pluriannuel d’investissement.

Les Crocodiles rejoueront-ils un jour au stade des Costières ?

La priorité, c’est réhabiliter toutes les salles du stade des Costières. Quant au football, ça ne sera pas avant un ou deux ans. Le retour aux Costières, c’est une nécessité économique pour Nîmes Olympique. On parle d’un partenariat avec, pourquoi pas, la signature d’un bail emphytéotique avec de nouveaux partenaires dans lequel la ville resterait propriétaire du terrain. Les travaux peuvent être étalés sur plusieurs années.

Dans quel état est ce stade aujourd’hui ?

Cela m’inspire du gâchis. Il y a des kilomètres de câbles à refaire et il y a la sécurité. La pelouse, c’est un million d’euros et peut-être plus parce que les drains pourraient être abîmés.

« Ce n’est pas monsieur Proust qui a sauvé NO, ce sont les contribuables nîmois »

Quelle est votre position au sujet du stade des Antonins ?

Le club ne peut pas y développer un espace partenaire. Il pose une question de sécurité car les spectateurs passent à pied sur le pont de la route de Générac. On attend quoi ? En plus la ville sera chargée de le vendre un jour.

Le centre d’entraînement de la Bastide a aussi besoin de travaux de remise aux normes.

La seule chose sur laquelle j’étais d’accord avec Rani Assaf, c’est qu’il fallait délocaliser le centre d’entraînement. Aujourd’hui il y a deux terrains synthétiques à refaire, c’est deux millions d’euros et tout le centre d’hébergement.

Le soutien de la municipalité à Nîmes Olympique va-t-il évoluer dans les prochains mois ?

L’arrivée de monsieur Cenatiempo a permis une stabilisation de sauvetage et il a des investisseurs autour de lui. À grand renfort de subventions, 1,4 million d'euros, la ville de Nîmes a sauvé le club. Ce n’est pas monsieur Proust qui a sauvé NO, ce sont les contribuables nîmois. Le club sera accompagné par la municipalité avec l’achat des équipements pour un coût de 10 millions d’euros hors taxe. Si on veut récupérer deux millions de TVA, on sera obligé de le faire à travers des conventions avec Nîmes Olympique.

« Le RCN est en quatrième division et on ne nous le vendra pas comme du Top 14 »

Quelle est votre vision pour l’USAM Nîmes Gard et le RCN ?

L'USAM, c’est le club de haut niveau par excellence. Quand certains présidents demandent une certaine équité par rapport aux hauts niveaux, on va regarder ce qu’il se fait ailleurs en quatrième division. Il faudra qu’ils assument leur choix politique. Oui, le RCN est attractif, il a 4 000 spectateurs, il a 400 licenciés mais il est aussi en quatrième division et on ne nous le vendra pas comme du Top 14. On n’est pas là pour faire de la politique, on pratique du sport et le sport, ce sont aussi des choix. Il y a un état des lieux et ce n’est pas celui qui crie le plus fort qui aura le plus. C’est fini le clientélisme. Quand on parlera de subvention, nous aurons des critères que l’on va mettre en place avec Dimitri Pialat et Christine Pralong. Moi on ne me met pas la pression, la pression je la bois au comptoir.

Le handball féminin est représenté dans le Gard par deux clubs en Division 2, Bouillargues et l’USAM. Y a-t-il de la place pour ces deux entités ?

On a deux clubs avec à peu près le même nombre de licenciées, évoluant dans la même division et qui ont 4 000 € de subvention entre les deux clubs. Ce n’est pas entendable sous prétexte qu’un club n’apporte pas son soutien à un candidat. Le sport, ce n’est pas le marche-pied politique.

Y aura-t-il une troisième édition de l’UTS qui a connu un grand succès lors de ses deux premières années ?

J’espère qu’il y en aura d’autres. Nous serons amenés à rencontrer les organisateurs. On est capable de se parler franchement. Pour la ville, c’est un investissement d'environ 300 000 €. On va devoir fournir des efforts sur tout et certains doivent déjà l’entendre.

« Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’évènement de pétanque à Nîmes ? »

Avez-vous des projets de rendez-vous sportifs organisés à Nîmes ?

On pourrait imaginer un championnat de France de tir à l’arc, une étape de l'Étoile de Bessèges et pourquoi pas une étape du Tour de France. On est fermé à rien. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’évènement de pétanque à Nîmes ? Pourquoi pas un Grand Prix de Nîmes ? Ce serait formidable avec un tournoi des gentlemans, un tournoi open avec le champion de France. Arrêtons de faire du bling-bling.

Parmi les présidents d’associations sportives, certains ont soutenu d’autres candidats que Vincent Bouget. Cela veut-il dire qu’ils seront moins bien traités par la municipalité ?

Comme l'a dit Vincent Bouget, on est là pour tous les Nîmois. J’ai rencontré Fulcran Fezard (président de la société d'escrime de Nîmes), je l’ai félicité pour l’organisation de la semaine de l’Épée. Il n’y a pas eu de réflexion malveillante de sa part et nous échangeons avec beaucoup de respect. Lorsque monsieur Colombani (président du Macadam Club nîmois) me présente le semi-marathon, il me dit que ce sera peut-être la dernière édition. Je lui ai répondu que le semi-marathon était le patrimoine nîmois et qu'il allait continuer. À Nîmes, le sport, c’est 45 000 licenciés, 350 clubs et faut que chacun y trouve sa place. Si on doit livrer un stade comme ça a été fait au Mas de Mingue ou à Saint-Césaire, nous le ferons avec beaucoup moins de publicité mais avec des vestiaires. Les féminines qui s’entraînent au stade Adams sont obligées de se changer dans leur voiture. À ceux qui nous disent que les chars russes arrivent, je leur réponds qu’ils ont de la chance car il y a la pénurie d’essence.

L’agglo Nîmes-Métropole n’a pas la compétence sport, cela va-t-il changer ?

Que l’on mette le sport de haut niveau, y compris le rugby, à l’agglo serait une chose normale. Ça permettrait d’avoir un rayonnement et une visibilité autour de l’intercommunalité. Je pense aux équipements qui manquent sur l’agglo et les piscines sont un enjeu majeur. À Alès, les équipements sont gérés par l’agglo et ça ne pose pas de problème.

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