Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.04.2026 - Julia Razil - 3 min  - vu 45 fois

ARLES Vote du budget 2026 de l’ACCM : un premier test pour une gouvernance à l'épreuve

Les élus communautaires, ce mardi 28 avril.

- J.Rz.

Avec 22 élus s’abstenant sur le vote du budget 2026, le conseil communautaire de ce mardi 28 avril a matérialisé la fracture entre les maires du territoire et la réalité d’une agglomération scindée en deux camps. 

Le conseil communautaire de l’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette (ACCM) de ce mardi 28 avril a-t-il été une première illustration des années à venir ? Les tensions depuis l’élection serrée de Patrick de Carolis à la présidence se sont matérialisées lors du vote du budget 2026 : 22 élus se sont abstenus. Si ces derniers avaient voté contre, le scrutin aurait pu basculer dans le rejet. Mais même en cas de vote négatif, la voix prépondérante du président aurait permis l’adoption du texte. Une victoire technique, donc, mais un signal politique lourd de conséquences.

"L’avenir dépendra de notre capacité à construire ensemble"

Élu le 7 avril dernier avec une voix d’avance (22 contre 21) face à Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin-de-Crau, et grâce à un vote blanc, Patrick de Carolis a immédiatement hérité d’une agglomération divisée. Son choix de nommer 13 vice-présidents, sans y inclure les majorités saint-martinoise et tarasconnaise, a scellé une fracture politique. Le vote du budget, ce mardi soir, en a été la première illustration. Avant de laisser la parole à Mandy Graillon, 5ᵉ vice-présidente déléguée aux finances - qui est revenue en détail sur le budget et les grands projets - Patrick de Carolis a livré un discours presque d'apaisement.

À relire : Budget 2026 : ACCM veut maîtriser les dépenses aujourd’hui pour investir demain

"Ce budget démontre la bonne gestion et l’ambition de notre agglomération", a-t-il insisté, évoquant des "indicateurs financiers solides", une "dette faible et en baisse", et une promesse de "non-augmentation des impôts locaux". "Je tiens vraiment à préciser que l’agglo sera au rendez-vous de vos projets pour les 6 ans à venir, elle est un outil à votre disposition. ACCM sera extrêmement attentive à toutes vos demandes, à toutes vos ambitions. Soyons clairs, soyons lucides, l’agglomération a un rôle majeur pour l’avenir de notre territoire et l’avenir de nos communes dépendra de la capacité que nous aurons à construire ensemble nos projets et vos projets", a déclaré Patrick de Carolis, comme un plaidoyer pour rassurer. 

L’abstention, "une alerte sérieuse"

Pourtant, derrière les discours, une question persiste : comment gouverner un territoire quand deux blocs de 22 élus s’affrontent ? Comment faire avancer des dossiers cruciaux dans un tel contexte ?

Les maires de Saint-Martin-de-Crau et de Tarascon n’ont pas caché leurs désaccords. Pour la première, l’abstention de son groupe s’explique par deux raisons : "les demandes que nous avons formulées n’ont pas été entendues, je regrette toujours et encore de ne pas avoir été associée dans les réflexions et les décisions", et l’absence de "pacte de gouvernance politique" formalisé. "L'intercommunalité doit être un organe représentatif des forces en présence. Ma commune est un poumon économique et contributrice essentielle d’ACCM", a martelé Séverine Dellanegra. "Si l'élection de la présidence est derrière nous, l'avenir est entièrement à construire. Vous avez aujourd'hui le pouvoir de transformer cette fracture en véritable union de tous nos territoires. Je vous invite à être celui qui apaisera les tensions par une gouvernance partagée et respectueuse de la légitimité de chaque maire." Et d'avertir : "Monsieur le président, que les choses soient claires, en l’absence de signal concret, je n’hésiterai pas à durcir ma position. Voyez une alerte sérieuse, Saint-Martin-de-Crau ne peut plus rester dans l’angle mort d’ACCM.".

Alexandre Ducouret a quant à lui dénoncé un "décalage avec la réalité démocratique". "Les Tarasconnais ont exprimé leur volonté de changement. Tarascon n’est pas une commune qu’on peut tenir à l’écart des décisions." Pour le nouvel édile, le 7 avril a envoyé un "signal politique clair : celui de préférer préserver un équilibre interne plutôt que de refléter la volonté des urnes. Notre abstention n'est pas un retrait, c'est un message clair, ferme et assumé."

Le budget 2026 - adopté malgré les abstentions des groupes des majorités saint-martinoise et tarasconnaise, ainsi que des groupes des oppositions arlésiennes - n’est qu’un début. Les prochains mois risquent d’être tout aussi tendus, si les deux camps restent sur leurs positions. Patrick de Carolis -- qui a rappelé avoir "plusieurs fois tendu la main" -- a beau prôner une "gouvernance claire et apaisée", sa marge de manœuvre semble étroite tant la réalité est celle d’une agglomération scindée en deux, où chaque décision risque de tourner au bras de fer.

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