Danseur, mime et humoriste, Farid alias Cartouche revient sur son enfance, son goût précoce pour la danse classique, ce nouveau théâtre, ses rêves et ses projets. Marie-Claude Pietragalla et Antoine Duléry sont marraine et parrain du théâtre avignonnais.
Quel a été votre parcours avant d’en arriver à ce théâtre ?
Cartouche : Je suis tombé fou amoureux de la danse classique à huit ans. J’ai fait ce qu’on appelle du Billy Elliot avant l’heure. Donc, je me planquais pour aller danser. J’adorais ça. À Villemomble, au Raincy, il y avait un conservatoire. J’habitais Montfermeil et je prenais le train tout seul à l’âge de sept ans. J’allais prendre mes cours gratos, parce que j’ai un prof, Manu, qui m’avait accueilli. C’était génial. Et pour la première fois, j’avais un truc qui était à moi. Et ça me faisait un bien fou.
Comment la scène et l’humour sont entrés dans votre travail ?
J’adorais déconner, j’adorais faire rire. Et j’avais envie de parler aussi. Et c’est comme ça que j’ai commencé à me dire que j’allais utiliser la danse dans un travail de scène. Et puis, j’ai créé mon premier spectacle. Ça cartonnait. C’est Kad et Olivier qui m’ont mis en scène. Après, j’en ai fait un deuxième. Là c’était Marie-Claude Pietragalla. Ensuite il y a eu Catherine Marchal, il y a eu Balasko. Donc c’est comme ça que c’est monté.
Quel lien entretenez-vous avec Avignon ?
En 1998, je suis arrivé avec un spectacle que Charlélie Couture m’avait écrit. Ça s’appelait Soliloque au 13ᵉ étage. J’avais peur qu’il n’y ait personne à cause du football. Mais ça a marché. C’était plein. Et j’ai joué tous mes spectacles tous les deux ans ou tous les ans au festival d’Avignon.
Pourquoi ouvrir aujourd’hui votre propre théâtre
Après le Covid, j’avais une surdose de scènes. Je me suis posé, j’ai écrit un bouquin, j’ai écrit des spectacles. Mais je n’avais plus envie de monter sur scène. J’avais toujours eu envie d’avoir mon lieu. De pouvoir programmer mes spectacles. Programmer les spectacles des autres. On a trouvé une salle. Et puis on en a trouvé une deuxième. Désormais c’est le théâtre de la Carreterie, salle 1, salle 2. On a récupéré le théâtre en juillet, à la fin du festival. On a tout changé, on a fait des travaux.
Quelle est la ligne de programmation au festival d’Avignon ?
Le fil rouge, c’est déjà un bon spectacle qu’on ait vu avec mon associé. Et puis d’aider les jeunes compagnies. On a des supers spectacles. Il y a Nelson Monfort qui va venir jouer. Il fait Jean Ferrat. On a une pièce qui s’appelle La petite débrouille avec Mathieu Nina. Et puis on a beaucoup de jeunes compagnies. Une compagnie qui vient d’Hong Kong. C’est de la marionnette, c’est génial. Il y a un beau spectacle de Barbara, c’est une compagnie belge.
Le théâtre est-il actif toute l’année, des projets à venir ?
Nous, c’est un théâtre permanent. Toute l’année. Ça a commencé en octobre. Là, c’est la première saison. Mon rêve, c’est de faire un festival d’humour belge. Et un mini-festival pour enfants.
La programmation du théâtre, c'est ici.