Objectif Gard : Vous soutenez le candidat LR, Laurent Burgoa, aux sénatoriales. Votre brouille lors des départementales 2021 est définitivement ? Pour rappel : Laurent Burgoa avait attribué sa défaite à votre candidature sur le canton de nîmes 3.
Valérie Rouverand : Il y a eu plusieurs étapes politiques. La plus importante a été la campagne des municipales. Dans la dernière semaine, nous nous sommes ralliés à Franck Proust, candidat LR. Laurent Burgoa et Julien Devèze ont mené cette campagne. En une semaine, j’ai vu Laurent Burgoa mettre un coup d’arrêt à la division et œuvrer à l’union. Il fait partie de la droite modérée, souhaitant stopper l’hémorragie de certains LR désireux de s’allier au RN. Cette nouvelle étape est donc la suite logique de notre démarche aux municipales.
C'est donc une reconstruction de l’union de la droite et du centre conduite, en son temps, par le tendem Fournier/Lachaud…
Oui. Cette liste des sénatoriales est aussi portée par le Nouveau Centre, représenté par Julien Devèze, mais aussi l’UDI, le MoDem… Yvan Lachaud, délégué Horizons du département du Gard, le soutient aussi.
Candidature aux départementales : « On verra »
Est-il vrai que Laurent Burgoa vous a proposé une place sur sa liste ?
Non, pas du tout. Le soutien de Renaissance à Laurent Burgoa est également le fruit d’accords nationaux avec le patron des LR, Bruno Retailleau. Dans le Gard, nous n’avons pas de candidat aux sénatoriales. (…) Aller à une élection pour perdre, ça ne servait à rien. Du coup, il fallait trancher : soit aller à gauche, soit aller vers la droite modérée. Cette dernière option correspond davantage à l’histoire de notre famille politique puisque, par le passé, nous avions déjà géré ensemble la Ville de Nîmes.
En quoi votre soutien est-il un plus pour Laurent Burgoa ?
Nous avons des élus dans le département ! Cela permet de créer une dynamique autour de sa candidature. Aujourd’hui, Laurent Burgoa incarne cette volonté de rassembler la droite et le centre et, de travailler ensemble pour les prochaines élections.
Serez-vous candidate aux élections législatives ou départementales avec le soutien des LR ?
Aujourd’hui, la prochaine échéance, qui est très importante, ce sont les présidentielles. J’espère que nous aurons la victoire d’un bloc central modéré.
Revenons peut-être sur ce fameux canton de Nîmes 3 où vous avez été candidate contre lui en 2021… Pourriez-vous, cette fois, être candidate avec son sutien ? D’ailleurs, l'élu sortant, devenu maire de Nîmes, Vincent Bouget, ne devrait pas se représenter.
On verra. Après réflexion, je prendrai des décisions. Bien sûr, je suis cheffe d’un parti, avec une force militante assez puissante.
Sur la liste de Laurent Burgoa, où est le centre ? Sur les cinq candidats, quatre sont LR…
Le maire de Collias a été encarté au centre, je crois… Cette liste est portée par nos familles politiques. C’est le retour de l’union entre la droite et le centre. Si nous nous accordons tous, nous aurons plus de chances d’avoir des élus.
Présidentielle : Gabriel Attal et Édouard Philippe départagés « à l’automne »
À la présidentielle, chacun rentrera dans son écurie. Vous soutenez Gabriel Attal. Pourquoi ?
C’est le chef de mon parti, le secrétaire général de Renaissance. Je fais partie du bureau exécutif. Nous sommes proches. Il compte sur moi pour mener campagne. Il incarne nos valeurs, nous allons défendre et porter sa candidature. On sait très bien qu’à la fin, il n’y aura qu’un seul candidat du bloc central. Un comité interpolitique se réunit une fois par mois avec les représentants de l’UDI, d’Horizons et de Renaissance.
L’ancien Premier ministre Édouard Philippe semble avoir une longueur d’avance sur Gabriel Attal. La division, comme vous l’avez connue en mars à Nîmes, ne sera-t-elle pas mortifère pour votre famille politique ?
La campagne va vraiment démarrer à l’automne. Les sondages détermineront quel sera le meilleur candidat pour gagner. Il faut une troisième voie entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Gabriel Attal est énormément sur le terrain. Ce que j’aime surtout chez Gabriel Attal, c’est sa modernité, sa proximité avec les Français, son écoute et sa réactivité. D’ailleurs, nous avons déjà commencé à tracter. Nous avons une équipe formidable qui se mobilise. Nous monterons en puissance à l’automne.
Vincent Bouget et le RN : « Un dialogue de sourds »
Un mot sur le conseil municipal de Nîmes où vous êtes élus d'opposition. Quel regard portez-vous sur les premiers pas de Vincent Bouget ?
D’un point de vue institutionnel, la passation s’est assez bien faite. C’est assez positif pour Nîmes. Vincent Bouget a une méthode différente, basée sur le dialogue et l’écoute, ce qui nous change d’une méthode clivante et autoritaire. Mais, pour l’heure, ce n’est que de la méthode. Le nouveau mandat vient de démarrer. Nous attendons les réponses de l’ensemble des élus de la majorité sur la végétalisation de la ville, les halles, le développement économique, le logement… L’idéologie, quand on est dans l’opposition, c’est facile. Une fois aux affaires, vous devez faire avec la réalité.
Le débat au conseil municipal est polarisé entre la majorité de gauche et l’extrême droite. Comment votre groupe peut-il exister ?
Je regrette cette situation. C’est un dialogue de sourds qui ne permet pas le débat démocratique. Sur chaque délibération, l’extrême droite prend la parole, pas tant sur le fond que sur la forme, dans la caricature. D’ailleurs, il y a trop d’explications données de la part de la majorité. À leur place, je respecterais le règlement intérieur, je laisserais moins la parole et je n’aurais pas besoin de me justifier.
Comment faire entendre votre voix ?
Avec Julien Plantier et Sophie Roulle, nous constituons un groupe qui nous ressemble. Nous prenons la parole dans l’intérêt des Nîmois. Nous ne le ferons pas sur chaque délibération, sinon le conseil municipal durerait une journée ! Il y a une troisième voie possible entre des gens qui s’opposent idéologiquement. Être opposant, c’est aussi donner un avis très objectif quand les choses vont dans le bon sens. On ne va pas s’opposer pour s’opposer…
Vous siégez au conseil d’administration de la SPL (Société publique locale) Agate. C’est la première fois que l’opposition y siège.
Oui. Il y a des dossiers importants pour l’avenir de notre territoire, comme la rénovation urbaine. Avec Julien Plantier et Sophie Roulle, nous nous sommes réparti le travail : Julien siège à la SAT (Société d'aménagement du territoire) et Sophie Roulle à la SPL Éclat, chargée de gérer le musée de la romanité et palais des congrès.
Enfin, vous l’avez cité à quelques reprises… Quand est-ce que Julien Devèze fera son entrée au conseil municipal ?
Elle sourit. Je n’ai pas de réponse à donner... Je l’espère. (Il faut pour cela qu’un des membres de la liste de la droite et du centre, comprenant aussi Franck Proust, Valentine Wolber et Thierry Procida, démissionne, NDLR.) Nous continuons à travailler. Et quand je dis « nous », c’est toute l’équipe qui travaille.