Quelques jours après la publication de sa tribune dans les colonnes d'Objectif Gard, l'eurodéputée Chloé Ridel annonce avoir déposé plainte après avoir reçu de nombreuses menaces de mort.
Dans une série de publications diffusées ce dimanche sur Instagram, l'élue rappelle l'origine de cette polémique : « Il y a quelques jours, j'ai publié une tribune dans la presse gardoise, aux côtés de deux associations locales, pour demander qu'un circuit automobile situé en plein cœur du massif forestier classé à Lédenon ne soit plus autorisé à ouvrir lorsque le risque incendie est "élevé". »
Cette tribune, publiée sur Objectif Gard et co-signée avec Henri Simonet et François Bouveret, demandait que le circuit de Lédenon soit soumis aux mêmes règles de prévention que les autres activités lors des journées présentant un risque incendie important.
Quelques jours plus tard, toujours dans les colonnes d'Objectif Gard, la directrice du circuit de Lédenon, Florence Danguy, avait répondu à cette prise de position. Elle défendait les dispositifs de sécurité mis en place sur le site et contestait les arguments avancés par l'eurodéputée, ouvrant ainsi un débat contradictoire sur ce dossier.
Le sujet a ensuite dépassé le cadre local. Reprise par plusieurs médias nationaux, notamment Auto Moto, la polémique a pris une ampleur considérable sur les réseaux sociaux.
« J'ai reçu de nombreuses menaces »
Chloé Ridel affirme que cette médiatisation s'est accompagnée d'une vague de messages haineux. « Pour avoir simplement demandé que les règles de prévention soient les mêmes pour tous et que le circuit prenne sa part, j'ai reçu de nombreuses menaces, sur les réseaux sociaux comme par message privé. » L'eurodéputée publie plusieurs captures d'écran de commentaires particulièrement violents. Certains appellent à la « mettre dans un viseur, comme en Corse », d'autres évoquent le fait de la « traîner derrière une voiture » ou encore de « faire exploser le domicile de [ses] parents ».
Face à ces menaces, l'élue annonce avoir saisi la justice. « J'ai porté plainte et je ne me laisserai pas intimider par ces menaces. » Elle rappelle également le contexte de sa prise de position, marqué par les nombreux incendies qui touchent actuellement le pays : « En ce moment même, 30 incendies ravagent la France. Depuis le début de l'année 2026, 50 000 hectares ont brûlé : un record. Des familles ont tout perdu. Des forêts ont été ravagées, des animaux sont morts par milliers. Les pompiers sont épuisés. Trois d'entre eux sont morts ces deux dernières semaines en affrontant les incendies. »
Vincent Bouget dénonce une atteinte à la démocratie
Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, est rapidement monté au créneau pour soutenir la députée européenne, également conseillère municipale de la majorité nîmoise.
« Chloé Ridel a été victime de menaces de mort à la suite de sa prise de position concernant le circuit automobile de Lédenon. Députée européenne et conseillère municipale de la majorité nîmoise, elle est aujourd'hui la cible de menaces et de propos d'une extrême gravité visant à intimider une élue de la République parce qu'elle a exercé sa liberté de parole et pris position dans le débat public. »
Le maire poursuit : « Dans une démocratie, le désaccord est légitime. Les menaces, les injures et les intimidations ne le sont jamais. Elles constituent une attaque contre les personnes, mais aussi contre notre vie démocratique et le droit de chaque élu à exercer librement son mandat. »
Avant de conclure : « Avec l'ensemble de l'équipe municipale, je tiens à lui apporter mon soutien plein et entier. Face à ces tentatives d'intimidation, nous devons rester unis et ne rien céder. Nous condamnons fermement l'ensemble des menaces et des propos injurieux proférés à son encontre. »