Objectif Gard : Absent au match aller, vous retrouvez Nîmes ce samedi. Que ressentez-vous ?
Oussama Abdeldjelil : C'est forcément un match spécial. J'ai vécu une saison compliquée à Nîmes collectivement. Malgré cela, je retiens le respect, l'estime et l'amour que j'ai reçus de la part de certains bénévoles, des dirigeants et des supporters que je croisais énormément. Pour la petite anecdote, ma fille est née à Nîmes, donc forcément le club et la ville représentent un passage marquant de ma vie. À mon échelle, j'ai essayé d'aider au maximum l'équipe comme je le pouvais pour rendre cet amour que les supporters me donnaient au quotidien. Même si la situation était difficile au club, je recevais beaucoup de messages de soutien. Les supporters étaient reconnaissants de me voir mouiller le maillot, une valeur importante au Nîmes Olympique. Encore aujourd'hui, certaines personnes m'envoient des messages pour me remercier de la saison que j'ai réalisée là-bas.
Finir dernier de National avec le deuxième meilleur du championnat, comment expliquer ce mystère ?
Honnêtement, beaucoup de personnes ne comprennent toujours pas. Je sais même pas y répondre. C'est totalement le brouillard. Comme pour tout, c'est le cerveau qui guide le reste. Et quand la tête est perturbée par des éléments extérieurs, au bout d'un moment, des joueurs ne sont plus libérés, d'autres en perdent leur football. Au niveau mental, il y avait une certaine fragilité. Donc après tu arrives à certaines désillusions et beaucoup de regrets.
"J'aurais pris le temps de réfléchir"
Auriez-vous pu rester au NO avec l'arrivée des nouveaux dirigeants ?
J'ai eu pas mal de sollicitations en National. J'ai choisi Fréjus car j'y étais passé au début de ma carrière (2012/2013). Ce club m'a permis d'apprendre mon métier. Et puis, j'ai senti un réel intérêt des dirigeants avec un véritable projet, c'était un peu comme une évidence. Concernant Nîmes, la situation ne s'est pas présentée. Mais s'il y avait eu un contact, oui j'aurais pris le temps de réfléchir. Après, personne ne m'a contacté ou montré d'intérêt de vouloir poursuivre l'aventure avec moi, donc j'ai avancé de mon côté.
Connaissez-vous des membres du staff et des joueurs actuels ?
J'ai joué avec Ismaël Dramé. Avant d'être un coéquipier, ça a été un peu comme un petit frère, on était assez proches à Cholet et on est toujours restés en contact. À Cholet, j'ai côtoyé Moussa Diallo, on avait évolué ensemble en jeunes, Vincent Pirès aussi à Sedan. Après Benhamza, Orinel, Doucouré, Salamone, ce sont des personnes que j'ai souvent rencontrées, notamment en National. Il y a un respect mutuel. Ce sont des personnes que j'apprécie et c'est toujours un plaisir de jouer contre eux. Je connais bien aussi le directeur sportif Anthony Dupré.
"Si je marque, je ne compte pas célébrer"
Fréjus n'est que 11ᵉ du classement, reste sur une seule victoire en neuf journées et vient de changer de coach. Comment vivez-vous cette période ?
C'est sûr que l'on préfère entendre le vestiaire crier à la fin des matchs. J'ai connu Michel Estevan en tant qu'entraîneur lors de mon premier passage ici. On a cette chance d'avoir un groupe de qualité et hyper sain. Parfois, comme dans tous les clubs, il y a des moments un peu difficiles mais je reste persuadé que ça ne va pas durer.
Avez-vous déjà imaginé le moment si vous marquez demain ?
Je suis compétiteur donc évidemment je vais tout donner pour défendre les couleurs de l'Étoile. Mais si je marque, je ne compte pas célébrer mon but par respect pour les supporters et pour toutes les personnes qui m'apprécient à Nîmes.