Publié il y a 52 min - Mise à jour le 03.08.2026 - CC - 4 min  - vu 523 fois

NÎMES OLYMPIQUE Location du stade des Antonins : pourquoi ça bloque ?

Nîmes Olympique Limonest

La buvette extérieure des Antonins est au coeur du problème

- Sacha Virga

Nîmes Olympique a refusé de signer la convention de location du stade des Antonins et de la Bastide. Le président Thierry Cenatiempo donne ses arguments. L'adjoint aux Sports Bruno Ferrier explique de son côté la position de la municipalité. 

Depuis début juin, que la nouvelle municipalité a officiellement hérité de la propriété du stade des Antonins, de nombreuses réunions se sont déroulées avec la SAS Nîmes Olympique Ensemble pour se mettre d'accord sur le montant de la location du stade des Antonins et du centre d'entraînement de la Bastide afin d'arriver à la signature un bail. "Tout était calé pour la convention début juillet. On a plus eu de nouvelles pendant un mois et vendredi dernier, on a reçu une réponse négative", regrette, surpris, Bruno Ferrier, adjoint aux Sports à la ville de Nîmes. 

La municipalité a fixé le montant de location des Antonins à 150 000 euros en se basant sur le loyer fixé par les Domaines en ajoutant une baisse, possible, de 30%. L'année dernière, Rani Assaf avait loué le stade pour 200 000 euros. La Ville estime que cette enceinte lui coûte 500 000 euros par an dont 280 000 euros pour entretenir la pelouse hybride. "On s'est mis d'accord sur beaucoup de choses notamment que le stade n'était pas à l'usage exclusif de Nîmes Olympique et de payer 10 000 euros TTC par match. Ce qui est déjà énorme. C'est ça aussi qui est compliqué dans la discussion c'est qu'il y a deux visions. Celle de la Ville, proriétaire, qui dit : l'entretien du stade coûte très cher, le coût du stade est très élevé, je le comprends très bien. Et celle du club, moi je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi qui a acheté les Antonins. Sachant qu'il va y avoir d'autres utilisateurs qui ne vont payer pas 10 000 euros le match. Je veux juste que mes recettes puissent payer les dépenses et rétribuer la Ville à hauteur de mes moyens financiers", précise Thierry Cenatiempo. 

Et sur ce point-là qu'un élément est venu changer la donne pour le président nîmois car ce montant des 10 000 euros était calculé proportionnellement aux recettes attendues, sur les bases de la saison dernière. "On a eu une information par la mairie d'une décision préfectorale qui remet complètement en cause une bonne partie de nos recettes. Ce qui pose problème, c'est la vente de bières en dehors de l'enceinte. Du coup on ne maintiendrait pas ces buvettes et je le regrette. Comme tout locataire, avant d'être certain de m'engager à payer un loyer, je veux être certain de pouvoir l'honorer. Les recettes ne sont pas les mêmes donc il faut que l'on rediscute du prix", explique Thierry Cenatiempo. 

"La buvette à l'extérieur était illégale"

Sur ce sujet, la Ville se dit prête à aider le club à trouver une solution pérenne. "La buvette à l'extérieur était illégale, on a fait la demande et la préfecture a dit non. On ne va pas se mettre en danger. Cela est basé sur le fait qu'il y a peut-être des personnes qui ne vont pas au match et qui pourraient profiter d'un débit de boisson pour semer le trouble. On peut créer une fan zone isolée où tu autorises seulement les gens munis d'un billet. C'est possible, cela fait partie de manière évidente des choses que l'on va proposer car on est dans l'accompagnement depuis le début", propose l'élu aux Sports qui veut conserver un dialogue constructif avec le président des Crocos. 

cenatiempo bouget
Les discussions entre le club et la Ville vont reprendre dans les prochains jours • Photo Corentin Corger

Pour ce dernier, même si la convention ne concerne que les 15 matchs officiels, le fait de ne pas avoir signé d'accord d'occupation pose problème pour l'organisation des matchs amicaux. "Dans l'absolu, ils ont joué le match contre Istres en étant contrevenant, il faut trouver une solution d'ici samedi", assure Bruno Ferrier. Samedi, Nîmes doit recevoir Fréjus-Saint-Raphaël en amical aux Antonins et Beaucaire le 15 août. Pour Thierry Cenatiempo, l'essentiel est surtout de trouver un terrain d'entente d'ici le 29 août et le premier match à domicile. Pour lui, le cas de Nîmes Olympique serait particulier : "dans notre poule, il y a quatre autres équipes qui ont des installations comparabales et qui permettent d'accueillir jusqu'à 10 000 spectateurs. Ces clubs ne payent rien. Nîmes est le seul club prêt à payer quelque chose et en quatrième division qui paye aussi cher." 

"La Ville va donner encore un million d'euros pour Nîmes Olympique"

La SAS refuse aussi, pour le moment, de signer le contrat de location de la Bastide dont le montant est fixé à 70 000 euros. "On a jamais discuté, je n'ai pas d'explications quant à ce montant que je trouve disproportionné. On utilise un terrain 15 heures par semaine et le bâtiment vestiaire, cela me paraît vraiment excessif. Ce qui se fait dans tous les clubs, pour les installations d'entraînement, c'est que la Ville met à disposition à l'association qui autorise l'équipe première à utiliser l'équipement de manière gracieuse", confie Thierry Cenatiempo alors que le club doit connaître cet été une augmentation du capital proche d'un million d'euros. Pour le moment, l'arrivée officielle de Kévin Denkey comme nouvel actionnaire avec un apport de 700 000 euros n'a pas été officiellement actée. 

"On a fait en sorte qu'à la Bastide, une partie du staff puisse dormir là-bas et c'est plus qu'un cadeau. Il n'y avait pas d'extincteurs. Le problème c'est que s'il arrive quelque chose, c'est la Ville qui va en porter la responsabilité. Dans l'urgence, on a demandé à ce que la commission de sécurité passe", tient à souligner l'adjoint aux Sports. "Je suis ouvert que la Bastide soit utilisé par d'autres clubs car il y a une pénurie de terrains. Je veux bien participer mais il faut que ce soit juste, je ne suis pas responsable du coût des infrastructures. Il faut que ce soit proportionné à nos moyens. La saison dernière c'était 20 000 euros le coût de location pour l'ensemble de la Bastide et c'est l'association qui payait", répond Thierry Cenatiempo. 

En tout cas, les deux partis sont prêts à de discuter encore une fois. "On va essayer d'expliquer et d'être pédagogue. On n'est pas des ennemis, on travaille ensemble. On va se voir demain ou après-demain", annonce Bruno Ferrier qui espère que cet énième réunion sera la bonne. Avant de conclure : "tout ça c'est de l'argent public, je veux bien que l'on dise et l'USAM et le RCN, là aussi s'est calculé par rapport à la valeur vénale de l'occupation. La Ville va donner encore un million d'euros pour Nîmes Olympique au total en comptant l'entretien des Antonins, de la Bastide et les subventions." 

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Corentin Corger

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