Publié il y a 14 h - Mise à jour le 10.01.2026 - Thierry Allard - 3 min  - vu 112 fois

TRICASTIN Des vœux et des perspectives pour EDF et Orano

Le directeur de la centrale EDF du Tricastin Cédrick Hausseguy et celui du site Orano Tricastin Pascal Turbiault, ce vendredi à Pierrelatte

- Thierry Allard

La cérémonie des vœux du site nucléaire du Tricastin (Drôme/Vaucluse) s’est tenue ce vendredi à Pierrelatte (Drôme). L’occasion pour les directeurs de la centrale EDF et du site Orano de tirer le bilan de 2025 et de dresser les perspectives de 2026, qui s’annonce sous de beaux auspices.

Côté EDF, la centrale du Tricastin a connu en 2025 « une programmation industrielle très chargée », pose son directeur Cédrick Hausseguy, l’année ayant notamment vu se tenir la phase finale de la quatrième visite décennale, visant à pousser de quarante à cinquante ans le fonctionnement des quatre réacteurs. Une année bien chargée, mais pas en événements de sécurité, avec « des résultats particulièrement satisfaisants », ce qui n’est pas anodin pour une centrale nucléaire.

En tout, la centrale du Tricastin a produit « plus de 24 tWh injectés dans les réseaux, une contribution active à la souveraineté énergétique de la France, avec une énergie décarbonnée », affirme le directeur. Un directeur qui reprend : « Nous ne sommes pas seulement des producteurs d’électricité, mais un moteur économique pour le territoire avec nos voisins d’Orano », avec « 320 millions d’euros investis chaque année sur la centrale. » La centrale emploie 1 500 salariés et 700 partenaires, et « notre activité génère plus de 4 000 emplois directs et indirects et fait vivre 15 000 personnes », précise le directeur d’une centrale qui a embauché 30 CDI et 58 alternants en 2025. Quant aux achats du site, ils sont « pour plus de 40 % effectués auprès d’entreprises locales et régionales », souligne-t-il.

2026 sera marquée par « quatre arrêts de maintenance », mais aussi et surtout par « la préparation de la suite du programme Grand carénage et de la cinquième visite décennale, avec une vision à moyen terme, au-delà des cinquante ans. » La « VD5 » débutera en 2029, « et une fois de plus, Tricastin sera tête de série, c’est notre marque de fabrique », indique Cédrick Hausseguy. Cette fois, il s’agira d’adapter la centrale au changement climatique, notamment en travaillant sur les effluents.

Reste un sujet, et non des moindres : le programme du nouveau nucléaire, dans le cadre duquel le site attend une bonne nouvelle du gouvernement pour la construction d’une centrale EPR2. « Nous sommes toujours dans l’attente de la feuille de route gouvernementale », pose-t-il, avant de préciser qu’EDF « remettra ses propositions fin 2026 » et que « Tricastin reste toujours un candidat majeur » pour un EPR2. Wait and see…

Chez Orano, un chantier colossal en cours et une bonne nouvelle américaine

Côté Orano, le directeur du site Pascal Turbiault insistera sur le poids de Tricastin dans l’enrichissement de l’uranium, qui permet d’alimenter l’équivalent de « 90 millions de foyers, soit l’équivalent de la population de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. » Bientôt, ce sera 30 millions de plus, avec le projet d’extension de l’usine d’enrichissement Georges-Besse 2, actuellement en cours.

Un projet à 1,7 milliard d’euros, excusez du peu, « une réponse concrète aux enjeux majeurs auxquels nous devons tous collectivement répondre : celui de la souveraineté énergétique européenne et occidentale dans un contexte géopolitique particulièrement dégradé, avance Pascal Turbiault. Ensuite, celui de la transition énergétique et de la décarbonation de nos économies. » L’idée étant, pour les clients européens et américains d’Orano, de « réduire rapidement leur dépendance envers la Russie », précise-t-il.

Le chantier avance bon train : « 70 % du béton a été coulé sur les 30 000 mètres cubes, et 50 % des charpentes ont été montées sur les 1 400 tonnes prévues », précise-t-il. L’extension doit être mise en service en 2028, et arriver à pleine capacité en 2030. D’autres investissements se font sur le site, avec la mise en service « dans les prochaines semaines » de l’atelier de maintenance des emballages, un investissement de 40 millions d’euros, et le projet de développement de l’usine de défluorisation pour 130 millions d’euros. En tout, « nous avons programmé 3 milliards d’euros d’investissements et d’achats pour les dix prochaines années », rajoute le directeur du site.

Et Orano va s’exporter aux États-Unis, puisque le géant français du nucléaire « a été sélectionné il y a quelques jours par le Département de l’énergie américain pour bénéficier d’un financement de 900 millions de dollars afin d’implanter une usine d’enrichissement dans le Tennessee, une marque de confiance dans le savoir-faire de nos équipes », se félicite Pascal Turbiault. Le projet, prévu pour la décennie 2030, s’inscrit dans les mêmes objectifs que l’extension de Georges-Besse 2 à Tricastin, sachant que la demande en électricité explose aux États-Unis, notamment pour alimenter les data-centers.

Avec de telles perspectives, les recrutements se multiplient, avec « près de 1 000 personnes dans le Sud-Est en 2025, dont plus d’une centaine pour nos activités chimie-enrichissement, précise-t-il. Et nous visons près de 1 000 recrutements en 2026 dans le Sud-Est. »

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