C’est un rendez-vous auquel le directeur du Mas Careiron tient, et qu'il a remis au goût du jour depuis deux ans et son arrivée à la tête de l'établissement psychiatrique d’Uzès. La cérémonie de voeux, l'occasion de tirer le bilan de l'année écoulée et d’évoquer les projets à venir, et c’est peu dire qu’il y en a.
À l’heure où l’hôpital public ne se porte pas toujours comme un charme, le Mas Careiron va bien : des finances excédentaires et des médecins en nombre suffisant, « nous sommes un des rares établissements à ne pas avoir de postes vacants, souligne le directeur. Sur toute la partie psychiatrie et pédopsychiatrie nous sommes bien armés par rapport aux autres. »
En 2025, l’établissement a accueilli la journée nationale des USIP, les Unités de soins intensifs psychiatriques, a célébré son soixantième anniversaire, a passé haut la main l’examen de conformité de sa pharmacie et de l’unité de pédopsychiatrie, a poursuivi les travaux de son UTAd, son Unité de traitement des addictions, « un dossier important dont la livraison se profile avant l’été », précise Christian Cataldo. Idem pour l’hôpital de jour pour adultes Tony-Lainé, dont les travaux « se terminent bientôt, avec une réception pour le mois de mars. »
En 2025, l’hôpital a aussi aménagé dix salles d’apaisement dans ses unités, « un grand pas dans l’amélioration de la prise en charge des patients », commente le directeur. L’année s’est achevée par le déclenchement du plan blanc juste avant Noël lorsque le site de Saint-Hippolyte-du-Fort a été inondé suite aux intempéries, ce qui a conduit au rapatriement en urgence des patients à Uzès. L’épisode a démontré « la capacité de l’hôpital à se mobiliser dans les crises », souligne Christian Cataldo.
« Travailler sur la baisse de la précarité »
Pour 2026, suite à cette inondation il va falloir « remettre en état le local technique de Saint-Hippolyte-du-Fort », avance le directeur. L’année qui s’ouvre verra aussi la réintégration des équipes de l’hôpital de jouer Tony-Lainé dans les nouveaux locaux, l’ouverture de l’UTAd cet été, ou encore la signature du Contrat local de santé avec l’Agence régionale de la santé et la Communauté de communes du Pays d’Uzès (CCPU). « Nous continuerons à travailler sur la baisse de la précarité, nous sommes un des établissements de France avec le moins de précarité, 7 % quand certains établissements sont à 20 ou à 25 % », annonce le directeur, qui veut aussi poursuivre les actions sur le développement durable, « avec un audit sur le recyclage, un travail sur le gaspillage alimentaire, une étude pour la géothermie et le solaire. »
Le directeur souhaite toujours « associer au mieux » les partenaires sociaux aux décisions, avant de railler un tract récemment diffusé par un syndicat évoquant une prime de 100 000 euros versée au directeur : « Je les remercie pour cette prime qu’ils m’ont accordée, s’ils ont le texte, je suis preneur. À titre d’information, je n’ai pas de prime. »
En décembre dernier, un nouveau président de la Commission médicale d’établissement a été élu, en la personne du Dr Farid Kardache. Président qui suivra, en 2026, « un projet autour des infirmiers en pratique avancée », et mènera, entre autres, « un travail sur la détection des psychoses émergeantes chez les jeunes, pour un meilleur pronostic et éviter certains passages à l’acte, comme des suicides. »
Vers une cuisine commune aux deux hôpitaux d’Uzès
Cette cérémonie a été l’occasion pour Christian Cataldo de dévoiler un gros projet : celui du montage en cours d’un GIP, un groupement d’intérêt public, avec l’hôpital local d’Uzès pour le blanchissage et la cuisine. Il s’agit, pour la partie blanchisserie, « de pérenniser une quinzaine d’emplois », précise le directeur, les deux hôpitaux travaillant déjà ensemble sur ce point. Sur la partie cuisine, les deux établissements ont un problème commun : des équipements vieillissants. Le plancher de celle du Mas Careiron menace depuis des années, et va faire l’objet de travaux de consolidation cette année avant l’été.
Mais le gros du projet concerne « la construction d'une cuisine commune aux deux établissements », avance le directeur. Cuisine qui serait bâtie dans l’enceinte du Mas Careiron, où il reste du foncier disponible. À cette cuisine, « la CCPU est associée pour réaliser une légumerie, pour faire du circuit-court, développe-t-il. Le but à terme est de pouvoir fournir si besoin les repas aux écoles. » Un projet « qui va bénéficier à l'ensemble du territoire, et qui permettra aussi de penser à l'alimentation de demain sur le territoire », estime pour sa part la présidente du conseil de surveillance de l'hôpital Bérengère Noguier.
À terme, ce nouvel équipement pourrait produire « 4 500 à 5 000 repas par jour », précise le directeur, qui espère aboutir à la signature du GIP « rapidement. »