Dire non ne signifie pas toujours renoncer. La période électorale est dense. Les messages ont encore le temps de passer et c’est sans doute pour cette raison qu’une manif' était organisée par la Marche des solidarités. Une partie du cortège est partie à la pêche aux réponses…
Pour devenir Français, aujourd’hui, un étranger doit passer et payer pour passer un test. L’idée des manifestants était simple : si vous êtes dans le cas d’un étranger, à combien de questions pouvez-vous répondre ? Tout cela simplement pour discuter, pour relancer des valeurs et un idéal. L'égalité des droits et la solidarité étaient des notions centrales de ce mouvement humain.
« D'où que l'on vienne, nous vivons, travaillons et étudions ici. Face au racisme, aux violences policières et aux politiques d'État qui précarisent et excluent, nous choisissons l'unité, la résistance et la solidarité. Nous refusons la misère, la division et la montée fasciste. Alors que les discours racistes se banalisent dans le débat public et dans certains médias, et que les actes racistes augmentent, il est urgent de se mobiliser », expliquent les premiers signataires, Confédération paysanne Gard, CNT30, APTI, RESF 30, Planning familial 30, Indignons-Nous Nîmes, Association France Palestine Solidarité (AFPS Nîmes).
En mémoire d'Aboubacar Cissé, Mourad Belmokhtar, Djamel Bendjaballah, El Hacen Diarra, Mamadou Garanké Diallo et de toutes les victimes du racisme, de l'extrême droite, des violences policières et des politiques migratoires meurtrières, les manifestants de la Marche des solidarités exigent vérité et justice.
Partout, les manifestants veulent se rassembler et faire obstacle aux rafles, aux contrôles au faciès et aux pratiques policières violentes, et mettre fin à la présomption de légitime défense pour la police. Le collectif désire combattre l'islamophobie, la négrophobie, l'antisémitisme et toutes les formes de racisme et de xénophobie, et affirmer la solidarité internationale avec les peuples qui résistent au racisme, au colonialisme et à l'impérialisme.
D’autres points sont dans le viseur de ces manifestants. Barrer la route à la montée de l'extrême droite et de tous les groupes fascistes, ou encore obtenir la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, l'ouverture des guichets en préfecture, le renouvellement automatique des titres et la carte de séjour de dix ans comme titre de référence.
Les manifestants veulent abroger "les lois racistes et islamophobes" et fermer les Centres de rétention administrative (CRA), et le cortège demande la garantie du respect du droit d'asile et des conditions d'accueil dignes pour les demandeurs d'asile.
Enfin, lutter contre les discriminations racistes et imposer l'égalité des droits dans l'accès à l'emploi, au logement, à la santé, à l'école, au travail et à la retraite, ainsi que dans les rapports avec les institutions et la justice fait partie des enjeux forts, tout comme le fait d’abolir le décret « Bienvenue en France », réduire les frais d'inscription universitaire et rétablir les APL pour les étudiants étrangers et lutter contre la militarisation de la société et la marche vers la guerre.